J’ai écrit un article intitulé « Pourquoi je n’achèterai pas le Leica Q3 Monochrom même s’il est génial ».
Cela ne m’empêche pas d’être titillé par cette technologie, mais dépenser plus de 7’000 francs pour voir quelle était la réalité sur le terrain de ces capteurs qui ne proposent que du noir et blanc, c’était hors de question pour moi.
Petit coup de gueule au passage
Il faut préciser que, contrairement à tous les youtubeurs, je ne reçois aucun matériel gratuitement, que ce soit en prêt ou en cadeau définitif.
Et c’est tant mieux, d’ailleurs, parce que comment être totalement objectif quand on reçoit en cadeau, pour ne prendre que cet exemple, un Hasseblad X2D II, avec l’objectif de son choix, un cadeau qui représente gentiment 12’000 francs suisses?
Et pourtant, tous les tests de cet Hasselblad que vous pouvez consulter sur YouTube et qui disent à quel point cet appareil est extraordinaire (ce dont je ne doute pas, cela étant), sont biaisés par le fait que leurs auteurs peuvent garder gratuitement l’ensemble boîtier-objectif après l’avoir testé.
Certes, ces testeurs sont désormais obligés d’indiquer dans leur test ce cadeau, certes, ils vous promettent qu’ils peuvent tout dire, même du mal de l’appareil, le doute subsiste sur leur objectivité, en tout cas pour moi.
Ils sont forts, en tout cas, chez Hasselblad qui appartient désormais à DJI, parce que le message de l’excellence de leur nouveau boîtier me semble être bien passé chez les photographes.
Donc, et je reviens à mes moutons, réaliser un test d’un appareil monochrome et payer 7’000 francs pour le faire, c’était très très largement au-dessus de mes moyens.
Et puis le Ricoh GR IV Monochrome est arrivé
Avant toute chose, on parle de Leica Q3 Monochrom, et je GR IV Monochrome, avec un « e », ce n’est pas moi, pour une fois, qui me trompe en tapant mon texte.

Le 17 février 2026, le Ricoh GR IV Monochrome est sorti en Suisse au prix d’environ 1’800 francs.
Il avait été teasé allègrement un mois auparavant par des testeurs, les mêmes que ceux que j’ai évoqués un peu plus hauts, triés sur le volet qui en disaient le plus grand bien, vantant toutes ses qualités un mois auparavant, peut-être l’avaient-ils eux aussi reçu en cadeau, allez savoir.
Le février, donc, jour de sa sortie, j’ai fait l’acquisition de ce minuscule appareil, en me disant que je le revendrai après le test, le cas échéant.
Le but était de voir si je me trompais lorsque j’écrivais que les capteurs monochromes, avec toutes leurs qualités, ne valaient pas le sacrifice de ne pas pouvoir photographier en noir et blanc.
Alors, soyons clairs: je me rends bien compte que je réalise mon test avec un appareil quatre fois moins cher que le Leica, avec un capteur APSC de 24 MP alors que les Leica Q, et le Monochrom ne font pas exception, ont des capteurs de 60 MP plein format.
Je me rends bien compte que ce qui fait aussi la force des Leica Q, ce sont leurs objectifs exceptionnels, alors que celui du GR IV Monochrome n’est que bon.
Mais tout de même, je voulais voir comment je réagissais en étant forcé de prendre des photos en noir et blanc dans mes sorties.
Les capteurs monochromes, rappel rapidos du connu
Petit rappel nécessaire à propos des capteurs monochromes, mais pour tout savoir, relisez l’article dont j’ai parlé en en-tête.
La matrice de Bayer est un filtre coloré disposé en mosaïque sur les photosites d’un capteur numérique.
Chaque photosite ne capte qu’une seule couleur — rouge, vert ou bleu — selon sa position dans la grille. La disposition retenue comporte deux photosites verts, un rouge et un bleu, car l’œil humain est bien plus sensible aux variations de luminance dans le vert.

Chaque photosite d’un capteur couleur produit, donc, une valeur partielle, et non une couleur complète.
Pour reconstituer une image en couleurs, un algorithme de dématriçage interpole les valeurs manquantes à partir des photosites voisins.
Cette interpolation implique une approximation, source de légers artefacts comme le moiré ou les franges colorées.
En pratique, un capteur Bayer de 60 Mpx ne capture pas 60 Mpx de vraie information couleur: la résolution effective en chrominance est nettement inférieure.
C’est précisément ce compromis qui justifie l’intérêt des capteurs monochromes, qui, eux assignent chaque photosite à la capture de luminance pure — sans interpolation, sans perte — et livrent ainsi une résolution et une sensibilité intrinsèquement supérieures.
En pratique, on considère qu’un capteur Bayer de 60 Mpx équivaut, en résolution réelle utilisable, à un capteur monochrome d’environ 30 Mpx.
Ce qui explique pourquoi le GR IV Monochrome ou un Leica Q3 Monochrom à 60 Mpx produisent des fichiers d’une finesse structurellement inaccessible à un capteur couleur de même définition nominale.
Voilà pour ce qu’il fallait savoir.
Rebondissons sur cette explication en matière de définition avec le GR IV Monochrome
Ce qui est vraiment étonnant, lorsqu’on regarde une photo du GR IV Monochome, dans Lightroom, c’est à quel point un agrandissement à 100 % implique un zoom presque équivalent à celui qu’on aurait fait avec un capteur couleur à 60 millions de pixels.
Et, ce qui est génial, c’est que la taille du fichier reste celle d’un capteur 24 MP, prenant bien moins de place sur le disque.
Alors oui, c’est assez impressionnant, recadrer serré avec les images de cet appareil est tout à fait imaginable,
Premier bon point pour le GR IV Monochrome.
Puisque l’on parle spécificités, passons-les rapidement en revue
Voici les spécificités techniques du Ricoh GR IV Monochrome. Scrollez un bon coup si ça ne vous intéresse pas.
Capteur
- Capteur CMOS APS-C dédié monochrome, sans filtre anti-aliasing, 25.74 Mpx effectifs
- Gain d’environ 2/3 de diaph en sensibilité de base par rapport à un capteur couleur équivalent
- Design BSI (rétro-éclairé) pour réduire le bruit
Optique
- Objectif GR 18.3 mm f/2.8 (équivalent 28 mm), construction 5 groupes/7 éléments avec un verre asphérique moulé haute précision en dernier élément
Plage ISO
- ISO 160 à 409’600
Filtre rouge intégré
- Un filtre rouge activable/désactivable en un geste est intégré dans le bloc optique, permettant d’assombrir les ciels bleus et de faire ressortir les nuages blancs
Obturateur
- Obturateur mécanique limité à 1/2500 s à f/2.8, complété par un obturateur électronique montant jusqu’à 1/16 000 s
Stabilisation
- Stabilisation 5 axes
Mémoire interne
- 53 Go de mémoire interne, soit environ 937 fichiers RAW Ricoh, plus slot microSD
L’ergonomie du Ricoh GR IV Monochrome
Le Ricoh GR IV Monochrome est vraiment minuscule et ne pèse que 260 grammes, batterie et carte micro-SD incluses.

Vous me direz qu’une carte Micro-SD, c’est la galère à mettre dans un lecteur, avec son adaptateur, mais je ne la sors jamais, reliant l’appareil à mon ordinateur via l’USBC.
Vous avez peut-être lu plus haut que le Ricoh GR IV Monochrome et doté d’un petit disque dur très pratique de 53 Go, ce qui fait que vous pouvez même vous passer de ladite carte micro-SD.
On parle souvent d’appareils qui tiennent dans une poche alors qu’en fait, personne ne penserait une seconde à l’y glisser vu leur, taille malgré tout bien trop grande.
Eh bien le Ricoh GR IV Monochrome tient cette promesse: vous pouvez le glisser dans une poche de veste, mais aussi de pantalon, voire de chemise.
Il s’allume et est prêt à prendre la photo en moins d’une seconde, c’est impressionnant.
Précisons que l’appareil n’a pas de viseur (ce qui est normalement totalement rédhibitoire pour moi), et que son écran est très petit.
Ben oui, difficile d’avoir un grand écran sur un si petit appareil.
Cela étant, même en plein jour, en réglant la luminosité de l’appareil sur +2, la lecture reste bonne, et il est tout à fait possible de viser en cadrant son sujet, même en tenant l’appareil au niveau de la poitrine.
Par contre, il est impossible de savoir où la mise au point se fait, à moins d’avoir l’ércan en face des yeux. À hauteur la poitrine (lorsque l’on cherche à être discret), au soleil, ce n’est pas possible.
Pour le reste, deux molettes, l’une (l’arrière) cliquable, l’autre à l’avant, qui vous permettent notamment de régler l’ouverture et la vitesse en mode M, TV ou A, une troisième sécurisée sur le dessus qui vous permet de choisir le mode M, Sn (pour Snapmode, dont je parlerai plus bas, TV (priorité à la vitesse), Av (priorité à l’ouverture), P (programme tout auto) et trois modes personnalisés (U1, U2 et U3).
La sécurisation de cette molette passe par un bouton sur lequel appuyer pour que la molette puisse tourner.
Jusque-là, très bien, mais ce n’est qu’en regardant une master class gratuite en anglais que j’ai appris que ce bouton servait aussi à remettre à zéro le décalage programme que vous auriez déclenché éventuellement en mode P.
Rien ne pourrait laisser supposer cette fonction.
Et c’est parti pour complications de réglages de l’appareil.
Cela se poursuit avec ce qui est pour moi une aberration complète: l’interrupteur à bascule vertical +/— qui permet de corriger l’exposition: purée, en mode portrait, il est presque impossible de ne pas appuyer dessus!

Je suis persuadé que l’ingénieur qui a mis cette fonction dans un tel interrupteur n’a jamais pris de photo à la volée, ce n’est pas possible autrement.
Les boutons en trèfle à l’arrière sont plus standard, avec les fonctions retardateur, ISOs, Mode Macro, et Scènes.
Ces quatre boutons permettent de promener le point autofocus dans l’écran, le bouton OK au centre validant certaines fonctions. Un appui long sur le bouton OK permet de passer dans cette fonction de navigation, et un second court remet le curseur au centre.
Sauf que le bouton mode Macro doit être enfoncé en même temps que l’on bouge la molette avant pour régler la distance du Snapfocus, ce qui est très difficile à réaliser et est pour le moins contre-intuitif.
Les boutons Play, Affichage (Disp), et Menu sont eux plus simples à appréhender, ce qui n’est pas le cas de l’appui de la molette « Adj », qui donne accès au menu des fonctions principales de l’appareil de photo.
Purée, il faut voir ce menu!
Mais qui a eu l’idée de faire les icônes aussi minuscules?
Oui, l’écran est petit, mais au moins profitons de sa surface!
Franchement, quand on voit ce que d’autres peuvent faire, c’est à ne rien y comprendre!
Je n’aimais déjà pas l’interface des menus Fuji, mais alors le menu des fonctions principales du Ricoh est encore pire.
Pour les menus en général, on n’est pas trop mal, ils sont classés dans un ordre assez logique.
Ah, il y a encore un bouton qui active un filtre physique rouge, pour accentuer notamment l’aspect dramatique des nuages et qui se trouve être plutôt assez efficace (et sur lequel on appuie un peu trop facilement).

Sa présence n’est pas anecdotique parce que vous ne pourrez pas jouer avec les filtres colorés électroniques de votre logiciel d’édition après coup.
Ce filtre rouge fait perdre 2 IL, mais rien de grave, vu qu’on l’utilise pour des photos de paysage.

Ce filtre rouge est à utiliser à l’extérieur sans hésitation, parce que la dynamique du GR IV Monochrome est en-dessous de ce que j’attendais d’un capteur monochrome.
Le plaisir de photographier et le Snapfocus
Avertissement: le passage des photos dans WordPress les rend plus dense et un peu plus contrastées qu’elles le sont réellement.
Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir, et encore une fois pour le faire plus encore. Vous pourrez ainsi observer le piqué de l’appareil, bien meilleur que dans la vignette dans le texte.
Les photos ici présentes sont limitées à 2’500 pixels en largeur.
Pour moi, le plaisir de photographier est important, raison pour laquelle j’utilise des boîtiers Leica depuis quelque temps.
Que penser du Ricoh GR IV Monochrome en matière de plaisir à la prise de vue.
Eh bien, comment dire… ce n’est plus pour moi de la vraie photo, mais ça reste intéressant, voire passionnant.
J’utilise cet appareil pour faire de la photo de rue.
Il ne me viendrait pas à l’idée de faire des portraits ou de la photo très posée avec cet appareil, pour ce faire, je préfère vraiment un appareil doté d’un viseur, ne serait-ce que cela.
Ce qui est assez dingue avec cet appareil, c’est que vous disposez de deux modes dont le nom semble le même: le Snapfocus, que l’on règle avec la roue supérieure, et avec lequel on donne deux ordres à l’appareil:
- distance de mise au point (par exemple 3 mètres)
- profondeur de champ désirée (DOF1 pour une faible profondeur de champ DOF2, DOF3 pour une plus grande profondeur de champ). L’appareil se charge de régler la vitesse et l’ouverture, ainsi que les ISOs.
Ce mode est assez génial qui se rapproche du bien connu zone focusing que l’on utilise beaucoup avec un Leica M, par exemple, mais qui ne nous permet pas vraiment de choisir l’ouverture et la vitesse d’obturation.
C’est pourquoi je n’utilise jamais le mode Snapfocus préférant largement le mode M associé à l’autofocus Snapfocus.
C’est un peu dingue, hein, cette phrase!
Mais c’est simplement parce que l’appareil est doté également d’un mode autofocus Snapfocus, qui lui ne sert qu’à fixer la distance sur laquelle vous voulez que le point se fasse (comme le mode précédent), mais en laissant le choix de choisir la vitesse et l’ouverture en mode M, l’appareil compensant l’exposition avec les ISOs, ou la vitesse (l’appareil s’occupe de régler l’ouverture et les ISOs) ou encore l’ouverture (l’appareil s’occupe de régler la vitesse et les ISOs).
C’est dans ce mode que régler la distance de mise au point se fait par appui sur le bouton « Macro » conjointement avec la molette avant, tellement peu pratique et dont j’ai parlé plus haut.
Cela dit, ce mode est génial, non pas parce qu’il est révolutionnaire (n’importe quel appareil permet de régler une distance de mise au point sans autofocus et régler la profondeur de champ avec le diaphragme et la vitesse d’obturation en mode M), mais parce qu’associé à un capteur APSC qui assure pratiquement si l’on règle la mise au point sur 2.5 mètres une netteté de 1 mètre à l’infini et la petitesse de l’appareil, vous pouvez véritablement vous approcher très près des gens pour prendre une photo techniquement réussie, sans que ces derniers ne remarquent votre présence.
Mes réglages en photo de rue avec cet appareil sont les suivants:
- f9
- vitesse 1/400e
- mise au point à 2.5 mètres
Ainsi, je me promène, je marche, je m’approche des gens, je déclenche à la volée sans m’arrêter.
L’excellent stabilisateur assure des photos bien nettes.
Ce qui est génial, c’est que les personnes photographiées soit ne vous remarquent pas, soit vous regardent un poil intriguées l’espace d’une seconde (c’est chouette sur la photo), mais ne sont aucunement effrayées par cet appareil qui n’est ni un téléphone, ni un appareil professionnel, donc sans risque pour eux.
J’ai pris quelques centaines de photos avec le Ricoh GR IV Monochrome, et jamais personne ne m’a fait de remarques, alors que c’est souvent le cas avec mes boîtiers Leica Q, pourtant tout petits.
Pour ça, vraiment, le Ricoh GR IV Monochrome est une petite merveille.
Jamais je ne me suis autant approché de mes sujets sans ressentir la moindre gêne.
Alors, bien sûr, cette manière de photographier a deux limites:
- dans des conditions de lumière un peu mauvaises, les ISOs montent, et le bruit apparaît, mais avec cet appareil, il est vraiment peu gênant, comme nous allons le voir.
Et puis, la composition n’est parfois pas très élaborée, mais c’est un peu le lot de la photo de rue « volée ».
Donc, ne matière de plaisir dans l’acte photographique, je dirais que j’y trouve mon compte, mais pas du tout de la manière qu’avec mes autres boîtiers.

L’autofocus est du genre moyen
Je ne me sers pas de l’autofocus du Ricoh GR IV Monochrome, préférant le mode Snapfocus, comme expliqué plus haut.
Cela dit, je l’ai essayé, et il est difficile de bien faire le point, vu que l’écran est petit.
L’autofocus multizone peine à trouver le bon sujet, il faut rester en mode sélectif ou précis, ou tenter le mode « Suivi » qui fonctionne assez bien: vous visez un sujet sur une zone, et une fois accroché, il suit les mouvements de ce dernier.
Cela ne fonctionne pas trop mal, mais l’efficacité est loin des hybrides des autres marques.
Encore une fois, cet appareil est génial pour prendre des photos SANS autofocus, avec, cela devient plus compliqué, à moins d’avoir le temps de cadrer.
La qualité des images
Comme je vous l’ai dit, j’ai acheté, le Ricoh GR IV Monochrome le jour de sa sortie.
J’ai pris mes premières photos dans ma maison et j’ai été hyper déçu: en hautes sensibilités, les noirs étaient parsemés de dizaines de pixels blancs.
Ben zut alors! C’est ça la qualité des capteurs monochromes qu’on me vantait tant et dont les youtubeurs se gargarisaient?
Heureusement non!
Je suis allé sur le site de Ricoh qui proposait une mise à jour du firmware, datée du 18 février (soit 9 jours avant la sortie de l’appareil, normal qu’elle n’y soit pas installée par défaut) qui devait faire passer ce dernier en version 1.11. Cela étant, même une fois la mise à jour installée et validée par l’appareil, l’information dans les menus annonce toujours une version 1.00, ce qui ne facilite pas vraiment la bonne compréhension de ce que l’on vient de faire.
Peu importe, et même si aucune amélioration de la gestion du bruit n’est annoncée dans la description de cette version 1.11, les nouvelles photos n’ont plus jamais présenté de point blancs.
Alors, qu’en est-il de la qualité des images?
Comme je l’ai expliqué plus haut, je suis déjà étonné par la bonne définition des 24 MP, pas bien loin de celle d’un capteur couleur de 60 MP.
Vraiment étonnant.
Ensuite, et je précise que je photographie toujours en RAW, même si les JPEG proposent quelques rendus intéressants, les images sont très douces, beaucoup trop pour moi la plupart du temps.
Rien de grave, il faut les améliorer dans Lightroom, par exemple avec des Presets dédiés au noir et blanc de chez RNI, ou dans FilmPack de Dxo, ou encore dans Silver Effex, toujours de DxO.
Notez au passage que DxO PureRaw ou DxO Photolab ne sont pas compatibles avec les RAW capteurs monochromes de Leica et avec ceux issus du Ricoh GR IV Monochrome.
Vous pouvez bien évidemment apporter vos propres recettes dans votre logiciel d’édition à vos noirs et blancs issus de l’appareil.
En matière de bruit, oui, le Ricoh GR IV Monochrome fait un très bon travail, jusque très haut dans les hauts ISOs, et dès que l’on monte encore plus haut, dès 12’600 ISOs, le bruit apparaît, mais n’est pas gênant, s’associant au bruit argentique que l’on aurait avec un film rapide.
Franchement, super travail.
Je reviens sur la dynamique dont j’ai parlé plus haut: les ciels sont vite brûlés et irrécupérables. Je suis assez déçu dans ce domaine, et je le répète, il ne faut pas hésiter en extérieur à utiliser le filtre rouge.
Une autonomie trop faible
Le Ricoh GR IV Monochrome est tout petit, donc il a une minuscule batterie.
Cette dernière vous permet de tenir deux heures de prise de vues sans utilisation de l’autofocus, et encore…
Donc, une deuxième batterie (45 francs) est obligatoire, une troisième l’est pratiquement aussi.
En conséquence, vous devrez acheter un double-chargeur Ricoh (55 francs).
Certes, ces batteries sont très légères et toutes petites, mais gérer la charge de 3 batteries reste compliqué au final.
C’est l’une des grandes faiblesses de cet appareil.
L’appareil n’est pas étanche
Le Ricoh GR IV Monochrome n’est pas tropicalisé du tout, et c’est bien dommage.
Vous ne verrez donc pas de photos prises sous la pluie avec cet appareil qui coûte tout de même bien trop cher pour qu’on se permette de prendre des risques avec lui.
C’est un vrai problème pour un appareil dédié à la photo de rue.
Une application très chouette pour l’iPhone
On dit souvent que l’application pour iPhone des Leica est exemplaire.
C’est vrai, mais elle pose parfois quelques problèmes.
Celle du Ricoh, GR Mode, est juste parfaite.
Elle vous sert bien évidemment à localiser vos images, mais vous pouvez également régler l’appareil depuis votre iPhone, et télécharger des images en un clin d’œil via le wi-fi du Ricoh GR IV Monochrome.
Vous pouvez également prendre des images depuis l’iPhone en pilotant l’appareil, et consulter vos galeries.
Pour moi, il s’agit tout simplement de l’application la plus simple à mettre en œuvre que j’aie connue.
Il faut juste faire attention à une chose: si vous avez votre appareil au fond d’un sac ou dans votre poche, et que vous lancez l’application GR Mode, cette dernière entre en liaison avec l’appareil et l’allume, ce qui signifie que l’objectif va sortir. Je n’ose pas trop imaginer ce qui pourrait se passer si le boîtier est coincé serré.
En conclusion
Comment conclure mon parcours avec le Ricoh GR IV Monochrome?
C’est encore un peu compliqué, et c’est le Bronx dans ma tête.
En effet, j’aime beaucoup pratiquer la photo de rue avec ce tout petit truc, pour voler des images de qualité, il n’y a rien de plus efficace.
Maintenant, est-ce que j’apprécie le fait que l’appareil soit monochrome?
En fait, dans ma pratique avec lui, je me rends compte que je suis beaucoup dans la rue, et que je n’ai pas tellement besoin d’être excellent dans les hauts ISOs, ce qui est normalement ce qui fait la différence avec un capteur couleur.
Et quand j’ai besoin des hauts ISOs, ce n’est pas avec un 28 mm que j’ai envie de photographier, mais bien plutôt avec des focales plus grandes.
Et puis, souvent, la couleur m’a manqué.
Avec un capteur couleur, je peux faire du beau noir et blanc, avec un capteur noir et blanc, je ne peux pas faire de la couleur.
Alors oui, peut-être que je n’aurais pas pris cette photo avec un capteur couleur, parce que je n’aurais pas eu l’idée de la faire, mais voilà…
Cela dit, quand je vois la définition que permet d’obtenir un capteur monochrome 24 MP, je me dis que celle du Q3 Monochrom, de 43 MP, ça doit être faramineux.
Et puis, j’en reviens à l’acte photographique de la prise de vue: un GR IV n’apportera jamais le même plaisir lors de la prise de vue que celui que l’on ressent avec un Leica, qu’il soit Q, M ou SL, ou avec un Nikon, un Canon, ou un Sony.
Pour moi, le Ricoh GR IV Monochrome reste un jouet, certes hyper efficace, qui peut prendre de belles images, mais un jouet tout de même.
J’apprécie son autofocus Snapfocus, mais je peux le mettre en œuvre trois fois plus facilement avec mes Leica, même s’il est plus difficile avec ces derniers d’obtenir des photos nettes, puisque leur capteur est bien plus grand. Cela étant, leur autofocus est bien plus efficace, et il permet de plus grandes ouvertures et les bookeh qui vont avec.
Il faudra juste que je profite de l’apprentissage que j’ai fait avec ce tout petit appareil de l’approche des gens et que je reproduise ses bienfaits sur les Leica Q. Ce sera plus difficile avec le SL, bien évidemment, mais avec lui, je peux me tenir plus éloigné du sujet.
Enfin, je n’aurais, par exemple, jamais l’idée de partir en vacances avec mon Ricoh GR IV Monochrome, parce qu’en fait, j’ai la plupart du temps besoin de reproduire la couleur dans ce genre de contexte.
Cet essai, avec cet appareil, a été intéressant, le Ricoh GR IV Monochrome a tout plein de qualités, je ne sais toujours pas si je vais le garder, mais il est certain que je ne ferai pas l’acquisition de son équivalent Leica Q3 Monochrom, même s’il est certainement génial.
J’ai trop besoin de la couleur dans ma vie, ne serait-ce que pour travailler mes noirs et blancs dans les logiciels en jouant sur les filtres de couleur, ce qui est impossible avec les capteurs monochromes, comme je l’ai écrit plus haut.
Cette photo, par exemple, aurait tout gagné à être prise avec un capteur couleur, tellement ces dernières étaient dingues sur cette femme.
Ah, et puis, dernière chose: pendant un mois, je me suis forcé à ne faire que du noir et blanc.
Et puis, hier, je suis retourné à la couleur: le choc!
C’est comme s’il y en avait trop!
Mais allez, on s’y fait vite.
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Merci François pour cet article très intéressant, je ne m’étais jamais penché sur les qualités d’un capteur monochrome.ce petit Ricoh doit effectivement être sympa en photo de rue et en architecture. Mais comme toi la couleur me manquait trop…bonnes photos
François, je suis très étonné du passage sur les youtubeurs dont l’avis serait biaisé par le fait qu’ils reçoivent le matériel en cadeau.
Si je partage le même avis mitigé sur ces gens et ce qu’ils produisent (à l’exception de certains), le matériel ne leur est pas offert, et certainement pas du matériel très coûteux. Il y a du matériel qui circule, mis à disposition, en petite quantité, mais il y a toujours une date de retour… À moins que tu aies des exemples concrets, des sources et des preuves à ce propos.
Quant aux ambassadeurs de certaines marques, c’est différent, mais je pense qu’ils doivent acheter leur propre matériel, peut-être à un tarif spécial, en étant rémunérés sur les ventes, tout en ayant un accès prioritaire pour tester les nouveautés (sans forcément les recevoir en cadeau).
Salut Gilles,
Ben le X2D II dont je parle, par exemple.
J’ai regardé presque tous les tests sur YouTube sur et appareil: TOUS admettent, soit clairement au début, soit à la fin en trois mots, qu’ils ont reçu l’appareil et l’objectif.
D’ailleurs, regarde ce qu’en pense Eric Gibaud, youtubeur bien connu;
Ce que dit Eric Gibault au début de la vidéo, avec le faux coup de fil, est une boutade. Et à la fin de la vidéo, il passe 5 minutes à faire la promo d’une école de photo dont il remercie le sponsoring de sa chaîne. Ça m’étonnerait beaucoup qu’Hasselblad offre des appareils à 12 000 euros aux youtubeurs, rien ne t’interdit de mettre des liens vers ceux qui l’affirment, y compris par mail parce que je ne veux pas dévier le sujet de cet article.
Gilles, je te promets que c’est le cas, tu peux regarder toutes les vidéos sur cet appareil en français, ils l’admettent.
Notamment un type que j’adore, David Ken:
Je t’assure qu’il ne s’agit absolument pas d’une boutade.
Et en ce qui concerne le fait que Gibault est sponsorisé par un cours de photo, c’est sa manière de se faire payer son travail.
Je n’adore pas du tout, mais c’est comme ça, et surtout, ça ne touche aucunement au produit qu’il teste. Il peut rester totalement objectif.
Sauf quand il parle du cours photo, bien sûr.
Je me suis efforcé de suivre cette vidéo (26 minutes c’est long) et, effectivement, il affirme, à la fin, qu’il a pu garder le matériel. OK, très bien, mais ça n’est pas le cas de tous les youtubeurs, il y a peut-être quelques « happy few » sélectionnés pour leur nom, leur prestige, leur professionnalisme, et lui n’est pas le premier venu, loin de là…mais ça n’est pas une généralité, et dans ce cas, il serait intéressant de savoir si ce monsieur est devenu ambassadeur Hasselblad. Quant à Gibault, nulle part il affirme clairement avoir reçu l’appareil en cadeau.
Gilles,
Je t’assure que toutes les vidéos (je sais, je me répète), sans exceptions, sont du même type: Hasselblad a offert le matériel.
Et j’en ai regardé au moin 6 ou 7.
Et le fait que Ken mette cet « aveu » à la fin, je ne trouve pas ça très correct.
D’autres le disent immédiatement, dès le départ, je préfère.
François, j’ai finalement pu voir quelques vidéos (quelle perte de temps 😂 ) et il semblerait qu’effectivement, Hasselblad s’est montré généreux avec certains.
Ceci étant dit, ce n’est pas la norme, ça reste un acte promotionnel exceptionnel.
Je peux même te dire que les fabricants ne font pas plus cadeau de matos aux éditeurs de logiciels qui doivent profiler appareils et objectifs.
J’ai moi-même reçu récemment deux objectifs à tester pour des raisons techniques et pas pour de la promotion, plutôt grand public, et il a bien fallu que je les renvoie.
Bref, tant mieux pour eux, moi je ne serais pas fâché qu’on m’offre un A7 V ou un A1 II 😉
Superbe article, merci beaucoup!
Enormément de choses ont été dites et je souhaite souligner ce point,
je cite dans le texte:
-« Et puis, j’en reviens à l’acte photographique de la prise de vue: un GR IV n’apportera jamais le même plaisir lors de la prise de vue que celui que l’on ressent avec un Leica, qu’il soit Q, M ou SL, ou avec un Nikon, un Canon, ou un Sony. »
C’est peut-être la question à se poser lorsque l’on veut acquérir un appareil. Je suis passé d’un M au XPRO-2 et de retour très rapide au M pour cette raison.
Le choc du N/B après un mois, je l’ai aussi vécu. Mon cerveau voyait qu’en noir et blanc dans le viseur après 1 an de film en noir et blanc.^^
Alors ça, c’est dingue, voir en noir et blanc dans le viseur d’un M, à force de travailler avec un film N&B!
Génial, et je crois que tous les anciens étaient pareils: ils avaient le cerveau branché sur le noir et blanc malgré la couleur de leur viseur qui, bien sûr, n’étant pas électronique, était incapable de le faire.
Quant au plaisir, il est hyper important, et c’est vrai que l’appareil en est au centre.
Cela dit, en matière d’efficacité, ce GR IV, qu’il soit couleur (j’imagine) ou Monochrome, est redoutable.
Non non et non ! Je ne mettrai pas 1800 € pour acheter un appareil qui n’a pas de viseur, dont l’autonomie est réduite pour faire uniquement du noir et blanc.
Quelles que soient les qualités du capteur, même s’il tient dans la poche, je reste attaché au NB à partir d’un « boîtier normal, avec viseur normal, et autonomie de la batterie décente. »
Et comme je suis convaincu qu’aucun constructeur ne me fera jamais cadeau d’aucun boîtier avec objectif(s)… Concluez par vous-même
Belle conclusion! 😀
J’avais lu avec intérêt l’annonce, mais je suis pas fan de Ricoh (j’ai eu le premier GR). J’aurais aimé un Fujifilm X100vi monochrome. Bon, tant pis, je me console avec mon Q2M (François, il faut que tu l’essaie si c’est pas déja fait).
Alors je ne prendrai pas le Q3 Monochrome.
Peut-être que si le Q3 43 sort en monochrome, peut-être que je demanderai d’essayer, mais pas le 28.
Cela dit, je ne doute pas que le Q2 est excellent.
Faudra que j’essaie le 43. Mais comme on peut recadrer facilement avec autant de pixels je reste convaincu que le 28 est moins limitant. Y a qu’à voir les annonces en occasion. Y a plus de 43 que de 28 en vente
Le 43 est beaucoup mieux sur des portraits rapprochés, moins de déformations (faibles chez Leica de toute façon, certes), que sur le 28.
Hello,
et merci pour le test.
du coup vous utilisez le filtre rouge tout le temps. Car l’insertion d’un filtre rouge mange facile 1il de lumière. Idem pour le filtre jaune bleu ou orange. Cela expliquerait le bruit qui survient rapidement
je trouve par contre que les noir et blanc sont assez beaux… bien qu’ils soient compressé sur votre blog 😉
Salutations.