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Les vraies fausses bonnes raisons (ou pas) d’acheter du Leica (ou pas)

2026 08 19 13 58 20

Cet article, j’ai mis deux ou trois semaines pour le publier, parce que je voulais être bien sûr de tout ce que j’écrivais.

Je suis dans le monde Leica depuis à peu près un an.

J’ai tâté plusieurs mois d’une bonne partie de la gamme, à savoir M EV1, Leica Q3, Leica Q3 43, testés ici, et SL3, je peux désormais en parler en toute connaissance de cause.

J’ai toujours mon Leica Q3 et mon Leica Q3 43, j’adore ces appareils, c’est un bonheur de photographier au quotidien avec eux.

J’adore la philosophie Leica de simplicité des menus et des boutons.

J’adore tenir ces appareils dans mes mains.

Je suis inscrit sur tous les sites Leica imaginables, je suis abonné à la revue LFI (magnifique école de photographie par l’exemple, je vous la recommande!), bref, j’apprécie cette marque.

Cela étant, ce n’est pas parce que j’aime bien Leica que je ne peux pas me poser quelques questions à son sujet.

Alors voilà, j’y vais, je me lance.

Quels sont les arguments que l’on entend partout, ces idées reçues, qui font que l’on est tenté par le monde Leica, si l’on n’y est pas déjà?

Ces arguments tiennent-ils la route?

Je vous propose de me suivre dans mes réflexions, suite à mon immersion depuis un an dans le petit monde de Leica.

Vous remarquerez que tous les arguments en titre sont suivis d’un point d’interrogation.

Cela signifie que la question est à chaque fois posée, que ce n’est pas une affirmation que je veux défendre.

Et commençons par le premier type d’arguments que l’on entend en tout premier, souvent, quand on parle de Leica: la qualité des images.

La qualité des photos prises avec un Leica est incomparable avec celle des autres marques?

Le rendu d’un Leica est exceptionnel?

Oui, le croustillant et l’effet 3D de beaucoup d’images prises avec un Leica, ce n’est pas une vue de l’esprit, j’ai pu m’en rendre compte jour après jour avec mes deux Q3, et aussi avec un Leica SL3 que j’ai utilisé pendant six mois.

Pas de souci avec ça.

Les photos que j’ai prises lors d’un festival régional montrent cette croustillance, que j’adore.

Même à hauts ISOs (6’400, voire plus), je n’ai pas eu besoin d’utiliser les débruitages IA de Lightroom ou de passer par PureRaw: les images étaient belles telles quelles.

Le SL3 était parfait, en la matière.

Dommage que son autofocus m’ait fait perdre 20 % des photos que j’ai prises avec lui, les autres étaient techniquement parfaites.

La colorimétrie Leica est à nulle autre pareille?

La colorimétrie des Leica serait absolument parfaite (on dit tout pareil sur les réseaux à propos des Hasselblad)?

Eh bien voyez-vous, je n’en suis pas certain, mais ce n’est pas tout à fait la faute de Leica.

En JPEG, je ne dis pas, c’est très bon.

Mais voyez-vous, je ne photographie pas en JPEG.

Et en RAW alors?

Eh bien, c’est là qu’interviennent les logiciels, et un rendu colorimétrique Lightroom n’est pas le même que celui de Capture One ou DxO Photolab.

Alors ça veut dire quoi, la colorimétrie Leica?

Celle qui sort telle quelle sur Lightroom, je trouve qu’elle n’est pas à tomber par terre, par rapport aux autres.

Sur DxO Photolab non plus, d’ailleurs.

Alors, ma question à deux balles: pourquoi Leica ne se donne-t-il pas la peine de créer des profils qui correspondent à ses rendus JPEG pour les éditeurs de photo?

Je ne dis pas que les autres le font, mais bon, Leica, avec cette réputation de colorimétrie parfaite, pourquoi ne le propose-t-elle pas pour Ligthroom, par exemple?

Quitte à le faire payer, allez, on n’est pas à ça près, vous me direz.

Ne me sentant pas assez pointu pour faire mes propres recettes, ou mes propres presets, si vous préférez (je doute toujours de moi dans ce domaine), je fais confiance aux profils de Jean-François Vibert qui, quelle que soit la marque que j’utilise, me permettent d’unifier mon rendu colorimétrique.

À noter que, pour aller dans le sens de la qualité colorimétrique Leica, j’ai discuté justement avec Jean-François Vibert qui me dit que j’ai raison dans mon argumentation sur le sujet, mais qu’il lui semble que créer des profils de bonne qualité est un poil plus simple à partir des RAWs Leica qu’à partir de ceux de certaines autres marques.

Mais, encore une fois, j’aimerais que Leica nous permette d’arriver à son propre rendu sur Lightroom. Parce que, sinon, il faut bien le dire, cette histoire de colorimétrie géniale, c’est un peu un grand argument mis en avant par les puristes qui ne me semble pas tenir la route.

Le matériel Leica est cher, mais très au-dessus de la moyenne?

Passons maintenant en revue ce que les aficionados de la marque disent du matériel Leica pour justifier le prix stratosphérique de leur matériel.

La qualité des objectifs Leica est exceptionnelle?

Alors oui, il y a une magie Leica, un effet de 3D, une séparation des plans absolument exceptionnelle, je confirme tout ça.

Par contre, j’ai photographié avec un Leica M EV1 pendant quelques mois, doté notamment de cet objectif:

Vous voulez le prix de cet objectif?

6’100 francs suisses (6’500 €, et là, je compte la TVA à 8 %).

Un chouette objectif, cela dit (c’est bien la moindre des choses), mais quel n’a pas été mon étonnement lorsque j’ai pris des photos de nuit et que j’ai été surpris de constater plus d’aberrations chromatiques sur les lumières artificielles que je n’en avais jamais vu ailleurs!

f4, 1/45, 1’600 ISO, ni l’objectif ni le capteur ne sont stabilisés. Notez que les franges violettes sont les mêmes à droite de la barre de comparaison qu’à gauche.

À noter que ni DxO Photolab 9 ni PureRaw 6 n’arrivent à corriger, en août 2026, ces franges violettes.

Extrait à 100%

Lorsque j’ai développé ces photos avec Lightroom à la toute fin 2025, je les voyais également, mais j’y suis retourné hier, et, alors que je n’avais rien changé aux réglages, elles avaient disparu, le logiciel les traitant parfaitement, contrairement aux deux produits DxO cités précédemment.

Sans doute une nouvelle gestion du capteur de l’EV-1 qui était sorti quelques semaines avant, fin décembre 2025.

Extrait à 100% corrigé par Lightroom

Autre chose, un peu dans le même style: l’objectif apochromatique du Q3 43 est une merveille, mais, je ne sais plus comment, lors d’une importation dans DXO, j’ai été frappé par la vue de quelques photos qui n’avaient pas été corrigées par le boîtier (visiblement, DXO me montrait l’image brute): incroyable effet de barillet, je n’en revenais pas pour une optique de 43 mm!

Pour un appareil de ce prix, j’imaginais que cette petite merveille pouvait se passer d’une telle correction logicielle.

Mais bon, oui, de manière générale, au final la qualité du rendu des objectifs Leica, quelle que soit la méthode pour l’obtenir, est vraiment excellente, sur toute la gamme.

Les objectifs SL sont très bons également, mais certains sont pénalisés par leur autofocus, merci de lire un peu plus bas ce qui n’est pas vraiment à leur honneur.

Je regrette l’absence sur ces objectifs SL de la bague de diaphragme et de l’échelle profondeur de champ gravée sur l’objectif, toutes deux tellement agréables avec les Q et les M, et dont on dispose sur… les objectifs Sony GM, la plupart du temps.

Le 90 mm f2 APO de Leica (image site Leica)

Le monde à l’envers, je ne comprends pas ce qu’a voulu faire Leica.

Les boîtiers sont à la fois des bijoux d’horlogerie et incroyablement solides?

Il faut voir les 170 pièces qui forment un télémètre Leica pour comprendre à quel point cette gamme d’appareils relève d’un travail qui touche le domaine de l’horlogerie.

Les deux images précédentes sont tirées d’un épisode de Yann Mathias, sur Youtube, dédié aux Leica M.

Et regarder aussi une coupe d’un objectif M de Leica nous permet de comprendre à quel point leur construction est complexe.

Faire passer les objectifs fixes des deux Leica Q en mode macro, puis revenir en mode standard est un enchantement, c’est tellement beau qu’on en pleurerait presque.

En matière de solidité, c’est clair que prendre en main un Leica SL3, c’est quelque chose, au point que, prendre un Sony A7R VI droit derrière, nous le fait prendre pour un jouet.

Cela a été mon sentiment quand j’ai pris cet appareil dans les mains pour un test dans un magasin.

Pourtant, je suis presque sûr qu’un Sony est aussi solide qu’un Leica, sur la durée.

Par contre, j’ai été incroyablement déçu de la qualité de la peinture de mes deux Q.

Ce n’est pas compliqué: vous sortez votre Leica Q du carton, vous le posez sur une table délicatement deux ou trois fois, et bam, les bordures du dessous perdent leur beau noir.

Je n’ai jamais vu ça sur mes autres appareils d’autres marques, c’est assez incompréhensible.

J’écrivais dans mon test sur ces Q3 et Q3 43:

Rien de grave, certains évoqueront de la légendaire « patine » des Leica, mais cette dernière a bon dos lorsqu’on achète un appareil à plus de 6’000 francs et que ce phénomène se produit (sur mes deux appareils) dès le(s) premier(s) jour(s).

La simplicité des boîtiers Leica facilite la vie du photographe?

Lorsqu’on vient de Sony, Nikon, Canon ou Fuji, la simplicité d’un Leica est juste un bonheur.

Et quand on vient d’un Fuji X100 VI, c’est juste le jour et la nuit, comme je l’ai écrit ici.

Par exemple, attribuer une fonction à une des rares touches disponibles par un appui long est un jeu d’enfant, je ne comprendrai jamais pourquoi les autres fabricants ne font pas pareil.

Les menus sont incroyablement simples (même si parfois dans un ordre un peu déroutant), parce que Leica va à l’essentiel.

Attention, ceux qui veulent personnaliser leur boîtier jusqu’au bout des ongles seront un peu frustrés, c’est le revers de la médaille.

Cela étant, avec l’arrivée de la version 4 des firmwares pour les Leica Q et les Leica SL, les choses se sont compliquées au niveau de l’autofocus.

Ce qui me semblait hyper simple en version 3 ne l’est plus en version 4.

Et puis, j’adore sur mes Leica Q, la bague de diaphragme avec son échelle de profondeur de champ, qui me semblait être l’une des marques de fabrique des objectifs Leica.

Quelle déception, comme je l’ai dit plus haut, de ne pas la retrouver sur les zooms des appareils de la gamme SL (les hybrides à objectifs interchangeables).

Enfin, en parlant de simplicité, et là, c’est bien plus ennuyeux, la gamme SL3 m’a toujours posé un problème basique: pourquoi, mais pourquoi bon sang, avoir renoncé au bouton standard d’allumage et d’extinction de l’appareil photo que l’on voit partout, à savoir un bouton que l’on tourne dans un sens ou dans l’autre, selon ce que l’on veut faire?

À la place, les SL3 utilisent un bouton que l’on active du pouce: résultat, on ne sait jamais si l’appareil est allumé, en veille ou éteint, c’est à se tirer des balles tellement c’est peu intuitif, je crois que de tous les appareils que j’ai utilisés dans ma vie, et Dieu sait si j’en ai utilisé beaucoup, ce système est le plus mauvais que j’aie rencontré.

Image Leica

Sans compter que le mode veille décharge les batteries plutôt rapidement.

Impardonnable, pour moi, et l’une des raisons pour lesquelles j’ai revendu mon SL3 au bout de six mois.

Des viseurs électroniques incroyables?

J’écrivais dans mon article sur les Q3 que le viseur était bon, mais un peu moins que sur le Nikon Z8 et celui du Z9 qui étaient mes références, jusqu’à la sortie du Sony A7R VI dont je vous parlerai bientôt, viseur du A7R VI qui enfonce toute la concurrence à un point tel qu’il va bien falloir qu’elle réagisse.

À la longue, je me rends compte qu’avec ces viseurs des Q3 et du SL3, même avec la dioptrie bien évidemment hyper bien réglée, je ne suis jamais tout à fait sûr de la parfaite netteté, malgré leur définition de 5.76 MP.

Je n’ai jamais eu ce sentiment avec d’autres appareils.

Pourtant, tous les blogueurs s’extasient sur ce viseur, allez comprendre…

Un autofocus enfin à la hauteur des autres marques?

Juste avant de parler d’autofocus, quelques mots sur ce qui fait la particularité de tous les modèles M qui en sont dépourvus, mais qui sont dotés (à part le M EV1) d’un télémètre, dont j’ai parlé plus haut.

Certains ne jurent que par lui.

J’ai pratiqué quelques heures, et je sais que ce n’est pas pour moi, je le trouve tellement difficile à mettre en œuvre, sur des motifs répétitifs notamment.

Je préfère quant à moi le bon vieux stigmomètre, bien plus parlant, sur mes premiers appareils reflex.

Je ne juge pas, je comprends qu’on adore le télémètre, mais je ne vais pas pouvoir aller plus loin dans ce domaine, préférant me concentrer sur les différents autofocus de la marque.

L’autofocus des modèles Q est bon, sans plus, il fonctionne plutôt bien au vu des focales des appareils (28 mm pour le Q, 43 mm pour le Q43).

Mais là aussi, avec le firmware 4, il devient plus compliqué à gérer, vraiment, et c’est quelqu’un qui quittait Nikon, qui n’est pas connu pour sa simplicité dans le domaine qui vous parle.

Dans cet article sur ledit firmware 4, j’écrivais que ce dernier avait simplifié les menus et la gestion de l’autofocus, mais qu’il fallait s’en assurer sur la durée.

J’aurais dû attendre ladite durée (mais pourquoi faut-il toujours que nous collions à l’actualité, bon sang), avant de m’exprimer!

Je peux l’écrire après quelques mois, je m’y retrouvais mieux avec le firmware 3, pourtant moins performant. Il y a quelque chose de pas logique dans cette utilisation de la nouvelle version, mais, malheureusement, je n’arrive toujours pas à dire ce qui me gêne.

Cela dit, en matière de suivi et de reconnaissance de sujet, comme je l’ai dit, il fonctionne plutôt bien avec ces focales de 28 et 43 mm dont j’ai parlé juste plus haut.

Mais pour les SL3, c’est tout autre chose.

Ah la la…

Qu’est-ce que je n’ai pas vu sur les réseaux sociaux sur les vidéos youtubeurs des remarques du type:

Eh puis tiens, avec l’arrivée cet été 2026 du SL3 P qui apporte un nouveau système autofocus, ces mêmes titraient: « ENFIN!!! Un autofocus à la pointe et au niveau des autres marques »!

Ben tiens…

Il ne l’était pas avant? Il me semblait que c’était ce qu’ils disaient, pourtant!

Alors on te montre des photos de boxe où la mise au point est excellente, c’est vrai, et c’est du réel.

Sauf que le même photographe (que j’adore au demeurant) a photographié bien avant, la sortie du SL3 P, d’autres combats de boxe, avec du matériel SL, et que les photos sont elles aussi parfaitement nettes aussi.

Je ne dis pas qu’il est impossible de prendre des photos nettes avec un SL3 (tout court), bien sûr que non, mais comme je l’ai dit plus haut, avec cet appareil, lors du festival que j’ai suivi ce mois de juin (comme je le fais chaque année avec d’autres matériels, sur d’autres festivals aussi, la photo de scène, je connais un peu, à force), je n’ai jamais eu autant de photos floues.

Il faut dire que, contrairement à d’autres marques, c’est difficile de savoir exactement ce que l’on fait en matière d’autofocus, les choix ne sont pas clairs, quelque chose que je n’ai toujours pas saisi me perturbe, comme je l’ai dit. Mais enfin, tout de même, je ne découvrais pas l’appareil, cela faisait quelques mois que je jouais avec.

Alors certes, je l’ai dit, les 80 % de photos nettes étaient croustillantes, avec ce petit effet 3D que je suis pratiquement sûr de reconnaître sans savoir quel appareil a pris les photos, mais ceci n’excuse pas cela…

Le coup du choix de l’œil toujours juste de l’autofocus du SL3?

Peut-être lorsqu’on prend en photo des modèles, mais dans la vraie vie, quand vous photographiez des enfants qui jouent, encore faut-il qu’il mette au point… sur la bonne personne, donc le bon œil, vous voyez ce que je veux dire…

Et puis, j’ai discuté avec une personne dont je tairai le nom qui vend des Leica en Suisse romande, qui me disait que même avec le tout nouveau SL3 P pourtant donné comme une révolution par certains, l’autofocus n’est pas à la hauteur d’un autofocus Sony ou Canon, voire Nikon (autofocus qui commence à dater un peu sur les Z8 et Z9, mais qui reste très bon).

Il me disait aussi « oui, le SL3 P progresse énormément par rapport au SL3, mais, notamment au vu des objectifs Leica qui sont bien plus difficiles à gérer, vous n’obtiendrez jamais la réactivité d’un Sony récent ».

D’ailleurs, PhotoTrend le confirme dans son test du SL3 P, les objectifs montés sont importants pour obtenir une bonne qualité d’autofocus:

Toutefois, la réactivité de l’AF dépend beaucoup des optiques utilisées. Cela peut sembler logique, mais avec des objectifs un peu vieillissants, comme le Leica APO-Summicron-SL 90 mm f/2 ASPH (2018) ou le Leica APO-Vario-Elmarit-SL 90-280 mm f/2,8-4 (2016), l’autofocus s’est montré bien plus imprécis.

En changeant pour un Leica Vario-Elmarit SL 70-200 mm f/2.8 ASPH, même accompagné parfois d’un téléconvertisseur 1,4x, les résultats ont été bien meilleurs.

PhotoTrend.

Ah ben tiens, j’avais justement cet objectif 90 mm f2 ASPH tout hésitant, moi!

Je précise que je l’avais acheté en janvier, pour la modique somme de 5’750 francs!

Phototrend parle d’un objectif vieillissant qui est hésitant avec le SL3 P: je trouve ça tout de même un peu fort de tabac pour une entreprise que tout le monde décrit comme le meilleur opticien du monde et qui vend des objectifs à ce prix!

Acheter un Leica, c’est pour la vie, on pourra le réparer dans cinquante ans

La légende veut que l’on puisse réparer un Leica encore 50 ans après son achat, voire bien plus encore.

Alors là, vous oubliez.

Certes, les appareils mécaniques seront certainement réparables longtemps, des modèles très anciens le sont d’ailleurs toujours.

Depuis l’avènement du numérique, c’est terminé!

Les premiers Leica Q commencent à poser problème sur certaines réparations, et certains M numériques ne peuvent pas toujours être réparés non plus, selon la panne.

En matière d’appareils numériques donc, Leica ne fait pas mieux que les autres, visiblement.

La claque!

Un service après-vente à la hauteur?

Cela m’amène à un point que je n’ai heureusement pas pu tester moi-même: selon des habitués de la marque et quelques revendeurs que je connais, le service après-vente peut être assez pénible, chez Leica.

Certes, Leica Suisse a formé de nouveaux spécialistes, et le service local peut réparer pas mal de pannes en quelques semaines désormais, c’est assez nouveau.

Mais il arrive aussi plus souvent qu’à son tour que des pièces soient manquantes et qu’il faille les commander en Allemagne, voire envoyer l’appareil lui-même dans ce pays, et alors là, les réparations se comptent en mois.

Bien évidemment, et c’est compréhensible, ni les revendeurs ni les Leica Stores n’ont d’appareils à prêter pendant toute la période de réparation: au cas par cas, certains pourront prêter, à bien plaire, un appareil pour un événement exceptionnel se déroulant pendant cette période, mais pas plus.

C’est à la fois décevant, mais inquiétant pour celui qui a besoin de son appareil de photo au quotidien.

Acheter un Leica, c’est un investissement, il se revendra mieux qu’un autre?

Beaucoup prétendent qu’acheter du Leica, c’est la certitude de pouvoir revendre son matériel en perdant beaucoup moins d’argent qu’avec les autres marques, voire de pouvoir gagner de l’argent en le revendant.

Pour avoir revendu un Leica M-EV avec deux objectifs et un Leica SL3 ces derniers temps avec deux zooms, je peux vous assurer qu’il n’en est rien!

On perd tout autant en pourcentage qu’en revendant un appareil d’une autre marque, ce que m’ont d’ailleurs confirmé mes revendeurs préférés.

Cela représente bien évidemment une bien plus grande perte pour le vendeur, vu le prix du matériel au départ.

Donc, cette bonne raison d’acheter du Leica, vous l’oubliez même si certains vieux appareils collectors ont pris de la valeur, c’est vrai.

Acheter un Leica, c’est faire fonctionner l’industrie européenne?

Oui, en gros, Leica fabrique ses appareils en Allemagne, et a une usine au Portugal.

C’est le cas pour la gamme Q et la gamme M.

Cela devrait être aussi le cas de la gamme SL, regardez:

Vous avez lu la première phrase? « Le système Leica SL est développé et fabriqué sur le site de notre siège à Wetzlar… »

Dans Système, on comprend bien sûr les objectifs, cela va de soi.

Alors pourquoi ai-je été déçu de voir que, sur le carton de mon zoom 70-200 f2.8, il était écrit « Made in Japan », l’appareil étant fabriqué par Sigma, dans son usine d’Aizu

La plupart des appareils que j’ai utilisés sont japonais dans ma vie, je sais qu’ils font de merveilleux produits optiques dans ce pays, j’aime beaucoup Sigma, mais enfin, tout de même, dans le cas présent, ce n’est pas ce que j’espérais, vous le comprendrez bien.

La communication de Leica est à tout le moins ambiguë, là, même si les boîtiers sont bien fabriqués, eux, en Allemagne, comme certains objectifs.

Donc, fabrication en Europe, oui, mais pas pour tous les produits.

Et puis, mais la chose n’est pas définitivement réglée, il semblerait que Leica soit sur le point d’être racheté par un fonds d’investissement chinois.

Mais avant d’aller plus loin, un mot de transparence sur ce qui suit en citation: n’étant pas un foudre de guerre dans le domaine économique, j’avais d’abord demandé à Euria de me résumer la situation de ce rachat, et je m’apprêtais à recopier sa réponse dans cet article, en signalant bien sûr que je faisais appel à l’IA, comme je le fais maintenant.

Mal m’en aurait pris: elle attribuait 45 % du capital à la famille Kaufmann et 45 % à Blackstone — soit 90 % d’un total qui devrait en faire 100. La répartition réelle que j’avais lue partout était 55/45.

J’ai donc repris l’exercice avec Claude en lui demandant cette fois de chercher les sources, que j’ai vérifiées ensuite une à une (sauf Bloomberg, payant). Morale: ces outils sont utiles pour dégrossir, jamais pour publier sans contrôle.

En effet, le 23 janvier 2026, Bloomberg révélait que les propriétaires de Leica Camera AG envisageaient la vente d’une participation de contrôle, valorisant l’entreprise autour d’un milliard d’euros. Le capital est aujourd’hui partagé entre la famille Kaufmann, qui détient environ 55 % via sa holding ACM Projektentwicklung, et le fonds américain Blackstone, entré en 2011 pour quelque 130 millions d’euros et propriétaire des 45 % restants.

Début juin, toujours selon Bloomberg, le fonds chinois HSG — HongShan Capital Group, l’ancienne branche chinoise de Sequoia Capital — est apparu comme le candidat le mieux placé pour reprendre les parts de Blackstone, avec la possibilité de racheter ensuite celles de la famille Kaufmann et donc de prendre le contrôle total de l’entreprise. Une réintroduction en bourse figure parmi les hypothèses évoquées. Un repreneur européen, le suédois Altor Equity Partners, avait également manifesté son intérêt en janvier.

Précisons que rien n’est signé: les discussions se poursuivent, aucun accord n’est garanti, et aucune des parties n’a souhaité commenter. À l’heure où j’écris ces lignes, le site de Leica reste muet sur le sujet. Notons au passage que l’entreprise ne négocie pas en position de faiblesse, bien au contraire: elle sort de quatre exercices records consécutifs, avec un chiffre d’affaires d’environ 596 millions d’euros pour l’année fiscale close en mars 2025.

État des lieux au 18 août 2026. Sources: Bloomberg (accès payant), Leica RumorsNotebookcheck (en français).

Recherche de Claude, le 18 août 2026

Vous me direz, Hasselblad a également été racheté par un fabricant chinois, et ça ne l’a pas empêché de prospérer, avec les fonds avancés par DJI.

Mais enfin tout de même, ça me met un tantinet mal à l’aise, alors que la notion de produit européen est importante pour moi.

Leica, une légende qui fait la photographie?

J’en viens au dernier argument avancé par les amoureux de Leica et qui n’est pas des moindres.

Leica a marqué l’histoire de la photographie.

Oskar Barnack, ingénieur, entré chez Ernst Leitz en 1911, cherchait à alléger des appareils devenus trop lourds pour ses excursions. Son idée: faire défiler horizontalement la pellicule cinéma de 35 mm, ce qui doublait la surface de l’image et donnait naissance au 24×36, ce format que nos capteurs plein format perpétuent cent ans plus tard.

Et ce n’est qu’un exemple, bien des évolutions, dans l’histoire de la photographie, ont été marquées par Leica.

Et puis, les Leica ont été les outils de travail de tellement d’icônes de la photographie, comme Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, son compagnon de fondation de Magnum, Elliott Erwitt et son humour pince-sans-rire, ou, plus près de nous, Alex Webb.

Pour beaucoup dont je suis, avoir un Leica dans les mains, c’est un peu toucher un peu de cette histoire.

En conclusion

Vous l’avez compris, Leica est une histoire de passion, et il suffit d’avoir un Leica dans les mains pour comprendre qu’on puisse y succomber.

Le plaisir photographique, avec ces appareils, est intense.

Nous sommes souvent toutes et tous, dans tous les domaines à vouloir nous convaincre que notre passion est raisonnée, ce qui est un poil contradictoire d’ailleurs, il me semble.

Les arguments que je vous ai donnés que mettent justement en avant les passionnés Leica tiennent plutôt la route, mais il faut au minimum les relativiser.

J’espère modestement, par cet article, vous avoir aidé dans votre choix et vos réflexions, si vous vous intéressez à cette marque légendaire d’appareils de photo, sachant que, quel que soit le produit que vous allez acheter, il va vous délester d’une somme considérable sur votre compte bancaire.

L’image de couverture est tirée du site Leica

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