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Et si nous parlions lecture, en ces temps de vacances?

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Je n’ai pas parlé lecture sur ce site depuis un bien trop long moment.

Ce n’est pas faute de lire, une de mes activités préférées, c’est juste que je ne pensais plus à en discuter ici, alors même qu’il existe une catégorie « les lectures du Cuk« .

Pour la suite de ce qui suit, je vous préviens, pour résumer les livres, je reprends souvent les quatrièmes de couverture des éditeurs.

En effet, il n’y a rien que je déteste plus qu’on me déflore en livre en le racontant, je ne vais pas le faire avec vous.

Par exemple, n’allez surtout pas lire les commentaires des lecteurs d’un livre sur un site comme Babelio avant de l’avoir lu: on dirait que leurs auteurs font tout pour vous gâcher le plaisir en s’imaginant le droit de tout vous raconter.

En reprenant lesdits résumés, je suis sûr de ne pas trop vous dévoiler des livres, c’est mieux comme ça.

Par contre, je vous dis ce que je pense de ces livres, ça, je peux.

Table des matières

Fred Vargas: Une unique lueur

La dernière fois, je crois, que j’ai écrit un article dans ladite catégorie, c’était pour dégommer Fred Vargas dans son dernier roman qu’elle venait de sortir, intitulé « Sur la dalle« .

À la lecture d' »Une unique lueur« , sorti en avril 2026, je retrouve mon équipe d’enquêteurs un peu allumés, dirigés par Jean-Baptiste Adamsberg, cette fois pour mon plus grand bonheur.

L’enquête tient la route, même si, à force de suivre son esprit tortueux, il arrive que, le soir, on s’endorme un tantinet.

Lisez plutôt le quatrième de couverture:

Vous avez regardé les photos, Danglard?

De la scène du crime? demanda Adamsberg.

— Cela va de soi.

— Et donc? Cela vous dit quelque chose? Parce qu’à moi, oui.

— Tiens. Et cela vous raconte quoi?

— Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc?

— Aucune idée.

— Faites un effort, nom d’un chien.

— Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.

— Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.

— Comprendre quoi?

— Mais le quelque chose, commandant. On commence par là.

Quatrième de couverture d’Une unique lueur

Vous voyez le genre?

Ce qui est assez marrant, c’est que j’ai lu, ces derniers mois, la plupart des Franck Thilliez qui mettent en scène Sharko et Lucie Henebelle.

Chez Thilliez, tout est sombre, les flics vivent un enfer, ils sont torturés de l’intérieur, détruits à force de vivre des enquêtes toutes plus noires et épouvantables les unes que les autres.

Alors qu’à quelques centaines de mètres, dans un autre commissariat, l’équipe d’Adamsberg est un peu nonchalante, avec un inspecteur dédié au café pour toute l’équipe, un peu la seule chose, qu’il sache faire en spécialiste qu’il est, une inspectrice n’a qu’une obsession, nourrir son petit monde, un autre est narcoleptique, protégé par ses confrères pour qu’il ne soit pas viré, j’en passe et des meilleur·e·s.

Tout un petit monde très attachant, qu’on est tout triste de quitter une fois l’enquête, bien fichue, je le répète, terminée.

Quittons le roman policier pour en venir à deux livres magistraux que j’ai lu le mois passé, les deux signés Nathacha Appanah.

Nathacha Appanah: la nuit au cœur

Le premier que j’ai lu, c’est son dernier, en fait. Il est intitulé « La nuit au cœur »

« De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du cœur, du corps, de l’esprit.
De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui.
Cette femme, c’est moi. »

La nuit au cœur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l’énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l’amour.

Site Gallimard

Prix:

Femina — 2025

Renaudot – Prix des Lycéens – 2025

Goncourt – Lycéens – 2025

Une écriture qui déchire, implacable, qui montre l’innommable de ces hommes qui se permettent de détruire leur amour, en leur refusant jusqu’au droit d’être, pour finir par l’abomination absolue de les tuer.

Nathacha Appanah construit son récit avec une justesse et un regard implacables.

On en sort pour le moins secoué·e·s, ce d’autant plus que l’auteure est, vous l’avez compris, la seule rescapée de ces trois femmes qui ont eu le malheur de rencontrer ces grands malades.

Nathacha Appanah: tropique de la violence

« De là où je vous parle, ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu’il suffira d’un rien pour qu’il s’embrase. »

Sur l’île française de Mayotte dans l’océan Indien, les enfants errent, sans foi ni loi. Moïse a été recueilli à la naissance par Marie, une infirmière, qui le couve comme un cadeau inespéré. Mais à l’adolescence, le garçon se lie avec Bruce, chef de gang animé par la rage, qui l’embarque dans l’enfer des rues. Dans ce pays magnifique et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et révéler la violence de leur quotidien.

Site Gallimard

Prix:

France Télévisions – Roman – 2017

du roman métis des lecteurs de la ville de Saint-Denis — 2017

Femina des lycéens — 2016

Ou comment la misère amène au paroxysme de la violence.

Ce livre est d’une dureté absolue, au cœur du territoire français de Mayotte.

Là encore, l’auteure joue avec les personnages qui continuent à faire partie du récit et à s’exprimer, une fois morts.

Un livre dur, un livre… implacable.

Cet adjectif que j’ai déjà utilisé pour son roman dont j’ai parlé plus haut me semble parfait pour décrire son écriture.

À voir si ce sera le cas dans ses autres romans, que je vais m’empresser de lire prochainement.

Je poursuis de manière un peu plus légère avec le dernier Doublas Kennedy.

Douglas Kennedy: l’homme qui n’avait pas assez d’une vie

Vingt-huit ans après la révélation de L’Homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy nous entraîne dans une course-poursuite effrénée à travers les paysages grandioses du Montana, sur les traces d’un homme aux mille visages, insaisissable et désespéré. 

Depuis le décès brutal de son épouse, Andrew Tarbell aimerait se rapprocher de son fils, Jack, avec qui il entretient une relation difficile. Longtemps à la dérive, le jeune homme s’est reconverti en apprenti journaliste dont Andrew suit assidûment les publications.
Or voici que Jack dévoile une enquête sur une affaire de plagiat qui fait les gros titres à Hollywood. Le nom du coupable? Adam Bradford.
Pour Andrew, c’est le choc. Adam est le fils qu’il a abandonné quand il s’appelait encore Ben Bradford et qu’il avait été déclaré mort dans un accident de bateau.

Aujourd’hui, la vérité pourrait bien remonter à la surface, brisant non seulement la vie d’Andrew, mais aussi celle de tous ceux qu’il croyait avoir protégés.

Entrer en plein milieu d’une histoire, je n’aime pas trop, j’ai donc décidé de commencer par son début, en lisant le premier épisode, écrit il y a trente ans.

Douglas Kennedy: l’homme qui voulait vivre sa vie

Un poste important, une vaste maison, une femme élégante, un bébé: pour tout le monde, Ben Bradford a réussi.

Pourtant à ses yeux, rien n’est moins sûr: de son rêve d’enfant – être photographe – il ne reste plus rien. S’il possède les appareils photo les plus perfectionnés, les occasions de s’en servir sont rares. Et le sentiment d’être un imposteur dans sa propre existence est de plus en plus fort…

Alors, que penser de cette dilogie?

L’homme qui voulait vivre sa vie est super bien construit, mais c’est la spécialité de Douglas Kennecy, qui s’en étonnerait?

On est transporté par l’intrigue, les personnages sont tellement intéressants.

Comment les lecteurs d’il y a trente ans ont-ils bien pu patienter jusqu’à l’arrivée du deuxième tome de cette histoire incroyable?

Moi, j’ai la chance d’avoir pu enchaîner.

La chance, ce n’est pas tout à fait le mot à employer, en fait.

Parce que le premier tiers du deuxième livre rappelle tout ce qui s’est passé dans le premier, c’est un peu difficile pour qui vient de le lire.

Par contre, il est presque possible de lire « L’homme qui n’avait pas assez d’une vie » sans lire le premier épisode.

En tous les cas, si vous avez lu L’homme qui voulait vivre sa vie il y a trente ans », pas besoin de relire le premier. Vous reverrez votre première lecture au fil des pages qui rafraîchiront vos souvenirs.

Mais que penser de l’intrigue de ce deuxième tome?

C’est dingue, vraiment, mais peut-être un peu trop tout de même.

Il y a des coïncidences, dans la vie, mais à ce point-là… est-ce vraiment possible?

Cela dit, on se laisse emporter dans cette histoire, tellement elle est bien écrite.

Ah… au fait…

Le protagoniste de ladite histoire est passionné par la photo, il achète tous les appareils possibles pour se rassurer.

Hem… Bon, je continue.

Je trouve dommage qu’on nous parle technique d’appareils de photo, avec des petites erreurs (il s’emmêle dans des dénominations de vitesse de prise de vue par exemple). Est-ce dû à la traduction (fort bien faite au demeurant)?

Si l’on fait abstraction des redondances entre le premier et le deuxième livre, cette histoire est malgré tout passionnante.

Pas étonnant qu’on ait tiré un film du premier livre, et je ne serais pas étonné qu’on en fasse autant pour le second.

Charlotte McConaghy: Les Fantômes de Shearwater

Dominic Salt et ses trois enfants sont les gardiens de Shearwater, une île perdue au milieu de l’océan Austral. Abritant la plus grande banque de graines au monde, le site accueillait jusqu’à il y a peu de nombreux chercheurs que la montée des eaux a contraints à partir.

C’est aux Salt, désormais seuls sous la menace inexorable des éléments, qu’il revient de choisir les semences qui seront sauvées et dont l’avenir de l’humanité pourrait bien dépendre.

Un soir de tempête, une femme s’échoue sur le rivage, miraculeusement en vie. D’où vient-elle? Et que cherche-t-elle?

Bientôt, des secrets enfouis referont surface. Et chacun devra affronter ses fantômes.
Mêlant suspense, réflexion écologique et tragédies familiales, Charlotte McConaghy signe un thriller polyphonique addictif sur la quête de communion et de beauté dans un monde au bord du précipice.

Prix:

Libraires — 2026

Babelio – Littérature Étrangère – 2026

Elle – Grand Prix des lectrices – Roman — 2026

Je viens de terminer Les fantômes de Shearwater.

Ce livre est incroyable.

L’ambiance est fabuleuse.

Le tout est questionnant sur notre monde qui s’autodétruit, le désastre écologique étant au centre de cette magnifique histoire tellement pleine d’humanité.

L’histoire de ces graines qu’on stocke pour les sauver pour l’éternité, sur cette île où tout fout le camp et dont le monde dépend est bouleversante.

L’auteure est titulaire d’un master en écriture de scénario de la Australian Film Television and Radio School, ceci explique certainement pourquoi nos heures de sommeil sont dangereusement attaquées par la lecture de ce livre, dont il est vraiment difficile de décrocher.

Charlotte McConaghy a écrit deux autres livres qui, eux aussi, ont été salués par la critique et ont trouvé leur public.

Je me suis dépêché de les acheter, je vais commencer le premier, Migrations, dans quelques minutes.

Non, en fait…

Tout de suite, je vous laisse donc!

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