Le MQA serait-il seulement un moyen pour les Majors et pour son inventeur pour faire de l’argent?

Je vous ai parlé de MQA dans mon article à propos d’Audirvana +, qui est compatible avec ce nouveau format de fichiers audio haute définition.

Un de mes lecteurs (c’est rigolo, j’avais tapé par habitude un de nos lecteurs, eh non, c’est bien mes dont il s’agit, ça me fait toujours tout drôle ?), Filou, a glissé en commentaires l’autre jour, à propos de la prise en mains d’Audirvana 3, ce lien, très intéressant, et un peu inquiétant, à propos du format MQA.

Rappelons que Tidal utilise ce format propriétaire, appartenant à sa société conceptrice, Meridian Audio, qui permet, on ne sait visiblement pas trop comment, Meridian tenant à garder jalousement ses secrets, à passer de la (soi-disant) Hi-Res jusqu’à nos petits DAC en n’utilisant que l’équivalent de la bande passante d’un fichier de type FLAC ou ALAC, de qualité CD.

Eh bien, cet article des Numériques est pour le moins inquiétant.

Alors OK, je me rends bien compte que je me réfère à un article qui, lui-même, se réfère à d’autres articles ou études, mais vu que ledit article me semble très sérieux, et complet, j’ai plutôt tendance à lui porter un certain crédit.

La conclusion de l’article n’y va pas avec le dos de la cuillère:

Cet aspect-là du format a soulevé l’indignation de Jim Collinson, responsable marketing pour le constructeur britannique Linn. Dans une tribune publiée le 10 février dernier, il explique ainsi qu’il voit surtout dans le MQA un moyen proposé aux majors du disque de «prendre le contrôle de l’entièreté de la chaîne de distribution», du studio d’enregistrement jusqu’à la livraison au consommateur final. Il est en effet facile de comprendre comment ce mécanisme de certification peut apparaître comme du pain bénit pour des maisons de disque qui, alors que l’accès à la musique n’a jamais été aussi pratique et peu cher pour les consommateurs, cherchent depuis de nombreuses années des moyens de redonner de la valeur marchande à leur catalogue. Ce petit logo qu’ils pourraient appliquer de façon presque autonome à leurs éditions, au seul prix d’une licence acquise auprès de MQA Ltd., deviendrait donc une parfaite excuse pour les mettre en vente à prix d’or, même s’agissant de fonds de tiroirs «remasterisés» de la plus opaque des manières. Pendant ce temps, en arrière-plan de tout ça, la firme MQA Ltd. pourrait alors se reposer sur une authentique rente: sans nécessité ou presque de fournir aucun service complémentaire ni à l’industrie de la musique, ni au consommateur, elle toucherait simplement une redevance à chaque étape de la chaîne (enregistrement et mixage sur un équipement de studio certifié, distribution via un canal certifié, diffusion via un lecteur certifié…).

Ainsi donc, alors même que le MQA prétend proposer une solution pour «transporter» l’auditeur aussi près que possible du studio et du «processus créatif», il semble en vérité faire l’exact inverse: ajouter un intermédiaire brouillant le lien entre l’artiste et le consommateur, tant sur le plan de la communication que celui des finances. En ces temps où la part que touchent les artistes du revenu généré par leur travail est déjà au plus bas, l’argument semble difficile à minimiser. D’où cette question qui, au bout du compte, paraît aujourd’hui plus que jamais sans réponse: «Why MQA?»

Bref, vous comprenez mes doutes, à la lecture de tout cela?

Il règne un peu comme une odeur de soufre autour du MQA, visiblement.

Je vous laisse vous référer à votre tour, si ça vous intéresse, à l’article tout entier, que je trouve passionnant.