5 films à l’affiche

Dimanche, vu qu’il ne faisait pas tellement beau, après une petite course à pied sur la place d’armes de Bière et une bonne douche bouillante pour arriver vaguement à me réchauffer (faudra penser à ressortir les vêtements longs et les couches inférieures d’ici peu, brrr et zut), nous sommes allés, avec Madame K, au cinéma à 11 h 20, et en sommes ressortis à 22 h 30.

Je précise que nous avons l’abonnement Pathé, ce qui nous permet, pour 40 francs par mois, d’aller au cinéma en illimité.

Quant on sait que dans ces cinémas, en Suisse, les places sont vendues 19.50 francs suisses dans ces cinémas, on voit que l’abonnement est très vite rentabilisé.

Je reviendrai là-dessus un de ces jours, d’ailleurs.

5 films de suite, c’est sympa, même si les yeux piquent un peu sur le dernier.

Et voyez-vous, en 10 heures de cinéma (nous avons tout enchaîné, sauf entre le 2e et le 3e où nous avons eu une heure de pause et avant le dernier où nous avons dû changer de cinéma), je n’ai pas dormi du tout, ce qui est pour moi le signe fort que nous avons vu du bon cinéma, certes, très différent, mais du bon, oui, voire du très bon cinéma.

Premier film du matin: Le petit paysan.

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Date de sortie 30 août 2017 (1 h 30 min)
Genre Drame
Nationalité Français

Dans la campagne profonde française, Pierre, incarné par Swann Arlaud, tout à fait crédible dans le rôle d’un jeune paysan qui adore ses vaches laitières, est confronté à la maladie de l’une d’elles, touchée par une épidémie (la FHD, fièvre hémorragique dorsale, imaginée pour l’histoire) qui imposerait légalement l’abattage de l’entier de son troupeau.

Le paysan va tout faire pour ne pas avoir à le faire, s’ensuit une terrible fuite en avant, où le sol semble se dérober chaque minute un peu plus sous ses pieds.

Au début, ce film part presque dans le style du documentaire.

Il faut dire que le réalisateur, Hubert Charuel, est lui-même fils de paysan et qu’il a tourné son film en grande partie dans la ferme de ses parents.

Les images sont fortes, belles, et le film sonne vrai.

Mais plus on avance, plus on est tendu, comme dans un thriller.

On aimerait qu’il s’en sorte, et nous devenons nous-mêmes partagés entre le fait que Pierre met en danger toute sa région, les troupeaux de ses amis, et la question que nous nous posons: comment aurait-on réagi dans une telle situation, à sa place?

On voit des témoignages d’autres paysans que Pierre visionne sur YouTube: ceux qui ont annoncé la maladie ont tout perdu, ils devraient toucher des compensations, mais l’argent ne vient jamais.

Et surtout, pour Pierre, les vaches, ses vaches, c’est toute sa vie!

Un très bon film, magnifiquement accueilli d’ailleurs par la critique, que je ne peux que vous conseiller.

Le deuxième film que nous avons vu est très différent, il s’agit de Party.

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Date de sortie 13 septembre 2017 (1 h 8 min)
Genres Drame, Comédie
Nationalité Britannique

Lorsque vous allez sur allocine et que vous lisez les critiques de la presse, certains ont adoré, d’autre détesté.

Nous faisons partie des premiers.

J’adore les films anglais, et celui-ci a plusieurs particularités: il est en noir et blanc, court, tendu, mais représentatif du cinéma britannique: les dialogues sont terribles, le cynisme et l’hypocrisie présents à chaque instant.

Janet Kristin Scott Thomas, qui s’est battue toute sa vie dans l’opposition et pour le féminisme est tout juste élue ministre de la Santé et réunit quelques-uns de ses amis proches. Les personnages réunis en huis clos sont certes des amis, mais à la fois jaloux les uns des autres et, par la force de la vie, beaucoup plus liés qu’ils ne le croient.

Et tout explose en 1 heure et 8 minutes à peine, et c’est tout simplement jubilatoire à contempler.

Un film drôle, intelligent, avec une chute à tomber à la renverse.

Le troisième film du jour: le Redoutable

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Date de sortie 13 septembre 2017 (1 h 47 min)
Nationalité Français

 

Oh, je sais, c’est mal, mais je n’aime pas Godard.

Il faut dire que je ne connais que le Godard des années 70-80, et les rares films que j’ai vus de lui m’ennuient profondément.

J’ai pourtant écouté avec intérêt, dans une émission sur La Première, le réalisateur du film (Michel Hazanvicius) présenter son film qui raconte, selon le témoignage de la femme de Godard, Anne Wiazemsky, le tournant de la vie de ce réalisateur. Il nous disait à quel point Godard était un être totalement différent, drôle et à l’écoute avant ledit tournant.

Tournant qui a eu lieu juste après son mariage avec Anne et qui n’a rien à voir avec elle.

C’est plutôt mai 68 et ses idées maoïstes qui remettent profondément en question Jean-Luc Godard.

Un mai 68 reconstitué avec un certain talent par le réalisateur du film

Par idéal, par conviction politique, il ne supporte plus ce qu’il était, le fait que les films qu’il a faits avant cette révolution plaisent au public. Pour lui, les films d’avant, comme À bout de souffle, c’est de la merde.

Ce changement est insidieux et transforme Godard qui entre dans un cycle d’autodestruction dans lequel l’homme drôle qu’il était devient hautain, désagréable, buté et se fait détester par ses amis de toujours, qui ont tout fait pourtant pour l’aider et le comprendre, et même à se faire quitter par sa femme, alors qu’il était tout pour elle, et elle tout pour lui.

Godard a voulu tout casser, par conviction, et l’on touche presque par moment à une sorte de folie d’autodestruction que j’évoquais ci-dessus, au point qu’on en est vraiment mal à l’aise pour lui.

Ou comment les convictions peuvent parfois détruire un homme, même si Godard continue à ravir certains cinéphiles très intellectuels.

Un film assez drôle dans sa présentation, puisque son auteur pratique souvent la mise en abîme, avec moult clins d’œil à la désinvolture de Godard. On ne sait parfois plus si l’on est dans un film qui raconte sa vie ou si c’est Godard qui tourne.

La scène sur les acteurs nus est à ce propos assez hilarante…

Mais un film dur, au final, dans lequel on est mal à l’aise pour Godard, à force de le voir tomber toujours plus bas dans ses relations avec l’autre.

Quelques mots sur Louis Garrel, qui, après avoir campé Yves Saint-Laurent, incarne, dans ce film, Godard.

Il l’incarne, oui, il est vraiment Godard, dans la voix, dans la stature.

Alors en fait-il trop?

Fallait-il aller jusqu’à reprendre ce cheveu sur la langue, cette coupe de cheveux incroyable (alors que Garrel allait se marier juste derrière…)?

Pas sûr, mais cette option tient la route.

Stacy Martin, quant à elle, qui tient le rôle d’Anne Wiazemsky, est terne et montrée, à de rares exceptions près, comme un être soumis, incroyablement peu expressive, n’étant là que pour le bonheur Godard, allant parfois jusqu’à parler un peu comme un robot, sur un ton monocorde.

Autant Garrel en fait beaucoup, autant Martin en fait peu, c’est peut-être voulu.

Un film intéressant, donc, même si Godard vous horripile.

Et si vous voulez savoir le pourquoi du titre du film, qui n’a rien à voir avec Godard lui-même, il vous faudra aller le visionner.

Le quatrième film est un bonheur: le sens de la fête

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Date de sortie 4 octobre 2017 (1 h 57 min)
Genre Comédie
Nationalité Français

Attention, ne cherchez pas tout de suite, nous l’avons en avant-première hier soir. Comme vous pouvez le voir, il sort le 4 octobre.

Je vous donne le synopsis d’AlloCine, parce que je ne saurais faire mieux:

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17e siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné: il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune: Le sens de la fête.

Voilà un film comme je les adore.

Déjà, il y a Jean-Pierre Bacri, et voyez-vous, s’il y a un acteur sur lequel je sais que je peux compter pour me faire rire ou sourire, c’est lui.

Et là, il est très bon.

À la fois bourru, mais tellement humain.

Les dialogues sont excellents, la mise en scène parfaite, assurée par les auteurs, excusez-du peu, d’Intouchables, les Jours Heureux, et Samba.

Il y a tellement de comédies françaises qui sont au-dessous de la ceinture, que ça fait un sacré bien de tomber de temps en temps sur une pépite, et ce film en est une.

Les réactions de la salle étaient le reflet de cette réussite, les rires fusaient de partout.

Assurément, un film qui devrait faire date et qui pourrait faire référence, un jour.

Tous les acteurs sont justes, il n’y a rien de trop.

OK, ce n’est pas un cinéma politique, d’accord, mais quel bon moment on passe à le regarder.

Dès qu’il sort, j’y retourne avec les enfants.

En sortie, donc, le 4 octobre, réservez vos places!

Le cinquième film, Atomic Blonde

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Date de sortie16 août 2017 (1 h 55 min)
NationalitéAméricain

 

Bon.

Moi, les films d’espionnage, dès que ça passe en agent double, j’ai de la peine à suivre.

Mais si en plus, il y a des agents triples, je ne sais plus qui est qui, et je suis carrément perdu.

Et après 8 heures de séance, c’était un peu trop.

Ceci dit, je me suis laissé prendre dans cette histoire ne serait-ce que parce qu’elle se passe en 1989, autour du 9 novembre, au moment de la chute du mur, à Berlin, ville dont j’ai parlé ici il y a peu et qui m’est chère.

L’ambiance est superbement reconstituée, la tension est palpable.

Ce n’est pas mon cinéma préféré, loin de là, mais c’est bien réalisé.

Certaines cascades sont assez époustouflantes, et l’histoire, même si je m’y perds (mais c’est moi, ça, ce n’est pas le film) tient la route et retombe sur ses pattes à la toute fin.

Et comme à chaque fois que je vois un de ces films d’espionnage, je me dis que je suis bien content de ne pas en avoir été un dans ma vie…

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

C’est déjà pas mal, non?

 

 

 

 

17 Comments

  1. Un ch’tite correction: Garrel n’a pas incarné YSL, Uliel ou Niney oui.

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  2. Faute de ma part : Ulliel

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  3. Erreur de ma part en effet, il a joué son amant.
    Wp: » Jacques de Bascher, l’amant de Karl Lagerfeld et d’Yves Saint Laurent dans le film de Bonello, Saint Laurent »

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  4. Tu es bien le dernier que j’aurais vu voir Atomic Blonde (ah Charliiiiiize ❤️).
    J’ai aussi entendu la présentation de Redoutable de Hazanvicius, même que j’aime pas Godard, ça m’a donné envie, donc j’irais voir
    et, puisque tu vente aussi bien « le sens de la fête » je le rajoute sur ma liste (même que je n’ai jamais été fan de Bacri)

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  5. 5 films/jours, belle soupe d’images.

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  6. J’avais aussi l’abonnement Pathé mais j’ai arrêté. Pour des raisons pratiques j’allais dans les salles de Balexert mais ils ne diffusent là-bas que les films à très gros budget qui sont de plus en plus souvent de gros navets. Je regardais avec envie les films diffusés à Lausanne…à lire cet article, ne plus aller au cinéma me manque.

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  7. C’est un peu le même problème à Lausanne. Le cinéma qui montre les films plus intimistes est difficile à atteindre en voiture, surtout au niveau des parkings. Donc il faut privilégier le train puisqu’il est proche de la gare.

    chablues: Atomic Blonde porte mal son nom. C’est un bon film d’espionnage, même si j’ai de la peine avec ce style.

    fxc: un peu, mais étonnamment, on a bien tenu et on se souvient bien de tout.

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  8. le cinoche, c’était avant ou après les agapes du jeune fédéral ? et 10 h de ciné sans dormir… chapeau

    François a écrit:

    Ce changement est insidieux et transforme Godard qui entre dans un cycle d’autodestruction dans lequel l’homme drôle qu’il était devient hautain, désagréable, buté et se fait détester par ses amis de toujours, qui ont tout fait pourtant pour l’aider et le comprendre, et même à se faire quitter par sa femme, alors qu’il était tout pour elle, et elle tout pour lui.

    donc un adhérent au maoïsme, non ?

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  9. J’ai vu également « le petit paysan » que j’ai beaucoup aimé, ce qui n’empêche pas de critiquer !
    1) une musique par moment un peu trop « blockbuster » pour mettre en valeur des moments dramatiques
    2) Même scénario dans un film islandais « Le bélier », prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2015.
    Et enfin un problème personnel vis-à-vis d’une actrice : pourquoi diable Sara Giraudeau a-t-elle quitté la DGSE (Le bureau des légendes) pour devenir vétérinaire ? Je plaisante, mais au début du film je n’arrêtai pas de chercher : où ai-je déjà vu cette fille ?

    Les plus récents mots d’exCuk…

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  10. Pour « Le bélier », « hrutar » en islandais :
    Le bélier

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  11. J’ai aussi beaucoup aimé “The Party”, ayant l’impression d’assister à une excellente pièce de théâtre londonienne, mais assis dans un fauteuil lausannois.
    J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première de “Faute d’amour” de Zviaguintsev, en présence du metteur en scène. Film glaçant mais captivant, avec son intrigue qui se refuse à se résoudre, et des comédiens impressionnants.

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  12. visages villages 🙂 mais en principe pas dans les grandes salles

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  13. Antonio (La Marine)

    Bonjour ici La Marine,

    Ouah ! Cinq films ! Sans dormir ! Bravo et merci je vais de ce pas organiser une ou deux séances avec Mme La Marine.

    A+

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  14. ysengrain, il n’y a pas eu d’agapes. Et oui, Godard est devenu maoïste.
    Maoïste un peu… chiant… d’après le film.
    Jean-Claude: ah… je ne connaissais pas le film islandais. En même temps, c’est une problématique qui touche toute la planète, et pas sûr que Charuel ait eu connaissance de ce film.
    Océane: les petits villages ont aussi leurs avantages!
    Antonio, si j’ai peu donner envie à deux personnes d’aller au cinéma, je suis content!
    Franz: oui, cette ambiance est incroyablement anglaise. J’adore ça.

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  15. Marc-F. Somville

    J’ai adoré « Atomic Blonde ». Malheureusement, la violence était un devenue artistique. Très différente de la violence d’un James Bond. La musique et les décors de Berlin sont vraiment un plus dans le film.
    Je n’ai pas vu les autres films. Le prix des places correspond à l’impression que ce beau pays qu’est la Suisse m’a fait. Des prix deux fois trop élevé au minimum.

    Atomic Blonde : 9,5 € au cinescope de Louvain-la-Neuve.

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  16. Fan de Blake Edwards

    J’ai adoré The Party, Peter Sellers est vraiment extraordinaire.

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  17. Pour Marc Somville, mon ciné favori est à Waremme http://www.lesvarietes.be, géré par une bande de potes, prix des places 5€ . Ils ont récemment complètement rénové la salle et les installations: projecteur digital, nouveaux sièges, le cinéma à l’ancienne. Un réel plaisir.

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