Pourquoi je n’achèterai pas le Leica Q3 Monochrom même s’il est génial

Cette semaine, Leica vient de sortir son Leica Q3 Monochrom, l’équivalent du Leica Q3 « normal », 28 mm et testé ici, mais qui ne photographie qu’en noir et blanc.

Il a tout pour me plaire, ce magnifique boîtier.

Appareil photo noir sur table beige.
Image site Leica

Cela dit, un appareil qui ne photographie qu’en noir et blanc? Et plus cher encore (mais oui c’est possible!) que le Leica Q3 qui, lui, photographie en couleur, mais aussi en noir et blanc?

Non, mais ça ne va pas la tête?

C’est ce que je me disais jusqu’à il y a peu de temps, avant de découvrir les photos sorties de boîtiers comme le Leica M11 Monochrom ou Q2 Monochrom.

Bouquet de fleurs en noir et blanc.
Image site Leica (ben oui, qu’est-ce que vous croyez, je ne peux pas tout me payer non plus, et je n’ai pas la chance qu’on m’en prête un).

Les avantages d’un capteur monochrome

Oui, les photos en noir et blanc capturées par le capteur monochrome de 60 MP sont tout bonnement exceptionnelles.

Pourquoi donc?

Parce qu’un capteur monochrome ne possède pas de matrice de Bayer, contrairement à la majorité des appareils numériques.

Seuls les Fuji (avec matrice X-Trans similaire) et certains Sigma (capteur Foveon) en sont dépourvus, mais ces derniers ne sont pas parfaits, souffrant notamment de bruit à hauts ISOs.

Voici un graphique permettant de visualiser le principe fondamental de la matrice de Bayer?:

Matrice de Bayer 8x8 en motif RGGB.

Chaque pixel du capteur est muni d’un filtre de couleur (rouge, vert ou bleu). Ce filtre:

  • bloque les autres couleurs (le vert et le bleu sont arrêtés pour le pixel rouge).

Ce schéma ci-dessous montre comment la matrice de Bayer fait « accepter » sa couleur et « refuser » les autres pour chaque pixel:

Schéma des filtres RVB du capteur.

Chaque filtre couleur de la matrice de Bayer laisse passer uniquement sa couleur

C’est ce principe qui permet de capturer l’information colorée sur tout le capteur, chaque pixel ne « voit » qu’une seule couleur à la fois la couleur finale de l’image sera calculée numériquement grâce à l’interpolation des pixels voisins.

Un capteur monochrome est totalement dépourvu de matrice de Bayer

Pour aller un tout petit peu plus loin, avec l’aide de Perplexity, voici les avantages de supprimer la matrice de Bayer sur un capteur monochrome, ainsi que les impacts de cette suppression sur la définition et le bruit numérique:

1. Définition accrue

  • Chaque pixel du capteur monochrome capte toute la lumière (pas de filtre coloré), donc chaque photosite restitue une vraie information de luminance.
  • Sur un capteur couleur, la matrice de Bayer oblige à « inventer » les couleurs manquantes par calcul, ce qui réduit la netteté et la résolution réelle.
  • Le gain peut être d’un facteur x3 par rapport à la résolution « utile » d’un capteur couleur classique.

2. Bruit numérique plus faible

  • Pas de bruit chromatique: le bruit lié à l’interpolation des couleurs disparaît, car chaque pixel lit la luminance réelle sans traitement.
  • Meilleure montée en ISO: la sensibilité est plus élevée (~2 stops supérieurs), car il n’y a pas de perte de lumière dans les filtres de la matrice de Bayer.
  • La qualité d’image reste meilleure à très haute sensibilité (ISO): sur capteur couleur, la montée en ISO accentue le bruit, car l’interpolation de la couleur amplifie aussi le bruit des couleurs.

3. Plus de détails, meilleure dynamique

  • Un capteur monochrome restitue toute la dynamique et les subtilités de luminance, avec des dégradés plus riches.
  • Il n’y a pas de perte d’information ni d’artefact de couleur.

Pourquoi?

  • La matrice de Bayer filtre la lumière: chaque pixel n’utilise qu’un tiers à la moitié de la lumière reçue (le reste est bloqué par le filtre).
  • Sans la matrice, 100 % des photons atteignent chaque pixel, donc le capteur est plus efficace, plus défini et moins bruité.

En résumé:

  • Oui, la définition augmente, car chaque pixel du capteur monochrome sert à construire l’image finale, sans interpolation.

Voilà, j’arrête ma collaboration avec l’IA pour vous expliquer le pourquoi du comment des avantages de travailler sans matrice de Bayer, je reprends tout seul.

Au vu de ce qui précède, vous comprendrez qu’un capteur monochrome donnera des images absolument impeccables, même en très basses lumières.

De plus, il nous offrira plus de nuances de gris que si nous avions pris notre image avec un capteur couleur.

Donc, en admettant que j’aie les sous pour me payer ce Q3 Monochrom, qu’est-ce qui me fait écrire cet article au titre qui pourrait sembler un tantinet péremptoire?

De la photo noir et blanc uniquement

Ça peut paraître bête, hein, mais est-ce que je suis vraiment prêt à rater une scène qui tient la route justement par ses couleurs, alors que je suis avec un capteur qui ne prend que des photos en noir et blanc?

Vous me direz qu’en argentique, on enfile une pellicule noir et blanc, et c’est tout pareil, on ne peut pas prendre une photo couleur.

On me dit dans mon oreillette que, dans ce cas, je n’ai qu’à dégainer mon iPhone préféré et que le problème est réglé.

Bon… d’accord, vous marquez un point (et vous remarquerez qu’en fait, j’ai tendu les deux joues pour le recevoir en pleine poire).

Vous admettrez que, même si l’on cadre en noir et blanc avec notre téléphone intelligent, ça peut être utile de revenir à la couleur en repartant du RAW.

Mais bon, d’accord, reprocher à un capteur noir et blanc de ne pouvoir que faire des photos en noir et blanc, c’est un peu fort de tabac.

Cela étant, il vaut la peine de se poser la question avant l’achat d’un appareil de ce type: suis-je prêt à ne photographier en noir et blanc et me priver de la couleur?

Moi, ce n’est pas le cas.

Cela dit, ce n’est pas le principal argument qui fait que je n’achèterai pas de Q3 Monochrom.

Le rendu argentique, on en parle quand?

Oui, le Q3 Monochrom va vous faire des images génialement définies, avec une précision qu’un capteur couleur ne pourra pas vous redonner.

Oui, vous gagnez deux, voire trois steps: une image à 50’000 ISOs avec le Q3 Monochrom sera équivalente à une image de 6’400 ISOs d’un capteur couleur, et même, elle sera encore meilleure, à ce que j’ai pu voir.

Bon.

Mais allez, soyons clairs: beaucoup reprochent au numérique de donner des images trop pointues, trop propres, sans âme par rapport à l’argentique.

Et parmi ce « beaucoup », beaucoup beaucoup sont des photographes qui adorent le noir et blanc.

Pourtant, avec ces appareils dotés d’un capteur monochrome, soudainement, la propreté de l’image est mise en avant, souvent parmi ces mêmes personnes.

Vous voyez où je veux en venir?

Lorsqu’on développe une photo couleur un peu bruitée en noir et blanc, ledit bruit se transforme en grain, certes, pas aussi joli que le grain d’une pellicule noir et blanc que l’on aime tant, mais qui apporte ce côté argentique que l’on recherche tant.

Et quand l’image sortie d’un capteur couleur est bien propre, une fois transformée en noir et blanc, beaucoup de passionnés ou de professionnels les donnent à manger à un logiciel comme FilmPack ou SilverEffex qui vient simuler le grain argentique.

Et là, à moins de partir d’une image à plus de 12’000 ISOs, le fait de convertir une image couleur en image noir et blanc ou de partir d’une image prise par un capteur monochrome ne change pas grand-chose.

Les filtres? Oui, mais un à la fois, et à la prise de vue

Autre désavantage des capteurs monochrome: plus possible de travailler en postproduction avec les courbes RVB en noir et blanc, comme autant de filtres disponibles.

Appareil photo, filtres, livre ouvert avec photo.
Image site Leica

Certes, vous pourrez visser un filtre sur l’objectif du Q3 Monochrom, mais vous devrez choisir lequel.

Sachant que visser un filtre sur ces belles optiques reste quelque chose de compliqué, j’en ai mis un neutre sur mon Leica Q3 et mon Q3 43, j’en sais quelque chose, je ferai tout pour ne pas avoir à refaire cette opération, encore moins dans l’action.

En conclusion

Si vous pensez en noir et blanc et que ce type de photographie vous correspond pleinement, si vous détestez la couleur, alors oui, bien évidemment, le Leica Q3 Monochrom (ou équivalent chez Leica, M11 Monochrom ou Q2 Monochrom) est tout simplement exceptionnel, vous devez, si vous pouvez vous le permettre, faire l’acquisition d’un tel boîtier.

En ce qui me concerne, je ne suis pas encore prêt à faire le pas.

J’ai besoin souvent de la couleur, je me dis qu’une conversion en noir et blanc, avec des logiciels spécialisés, des images issues des Leica Q3, Q3 43 (testés ici) ou M EV-1 (pris en mains ici) et même celles que j’ai faites avec mes autres boîtiers depuis quelques années, cette conversion donc a toujours été largement suffisante jusqu’à ce jour et qu’elle le restera à l’avenir.

Que, de toute manière, je vais rajouter du grain à mes images pour leur donner de la vie lorsque je les passe en noir et blanc, et que je vais travailler mes images avec les filtres proposés par ces logiciels, ce qui serait impossible avec un capteur noir et blanc.

DPReview propose une galerie de photos prises avec le Leica Q3 Monochrom. Pas mal!

Alors oui, le Leica Q3 Monochrom est absolument superbe, propose des rendus splendides, mais je ne l’achèterai pas, je viens de vous expliquer pourquoi.

Parfois, il faut être raisonnable dans la vie.


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25 Commentaires
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ysengrain
ysengrain
il y a 1 mois

Je regarde les images parues dans la presse faites avec ce Leica Q3 Monochrom en me disant que …

certes ça n’est pas de l’argentiquedonc c’est autre choseLeica aurait « inventé » l’esthétique NB en numérique ?En dehors de cet aspect, – j’en ai déjà parlé ici – ma considération de l’indécence du prix de ce bel objet fait que je n’en rêve même pas.
Et puis… DPReview titre « Leica Q3 Monochrom – wilfully obscure or king of niche? » Tout est dit

Dernière modification le il y a 1 mois par ysengrain
Caplan
Caplan
il y a 1 mois

Et pourtant…

Daniel Pesch
Daniel Pesch
En réponse à  François Cuneo
il y a 1 mois

Évidemment, car blanc c’est blanc (depuis Coluche on ce qu’est le blanc…). Mais le gris, hein ! le gris, c’est toutes les nuances qu’il y a entre le blanc et le noir, une infinité.

À partir de 1965, Roman Opalka a entrepris son projet “1965/1–∞”, peignant les nombres en progression, en blanc, alignés sur des toiles au format constant (196 x 135 cm). Il commence sur fond noir, puis éclaircit progressivement le fond jusqu’au gris quasi blanc, poursuivant l’œuvre toute sa vie. Cette démarche, à la fois ascétique et lyrique, mesure le passage du temps chiffre après chiffre. Ce projet compte 233 Détails (noms des tableaux), poursuivis de 1965 jusqu’à sa mort en 2011, s’achevant au nombre 5 607 249.

Cisdessous : Opalka 1965/1 à l’infini, détail 3307544-3324387

2025-11-24_Opalka
ZITOO
ZITOO
il y a 1 mois

Je comprends, j’ai un Leica M240-MP qui fait du mauvais N&B.
Par contre, j’ai aussi un Fuji XT5 qui fait un excellent N&B avec l’affichage direct de « la pellicule Aircros ». Pas de pb en ISO élevé, du grain N&B, donc du grain, comme avant. Et tout cela en JPEG !
Et je peux même shooter en couleur avec ce boîtier. Etonnant, non !!!

ZITOO
ZITOO
En réponse à  François Cuneo
il y a 1 mois

Oui, des fichiers « grisouilles » sans trop de contraste, y compris avec le filtre intégré. Bref, j’ai tout essayé et en reste à la couleur maxi 1600 ISO.
Auparavant, existait le M9 (full frame) dont le capteur est devenu pourri au bout d’un an ! Leica Deutschland a lancé une campagne mondiale de reprise. J’ai échangé mon M9 contre le M240, moyennant une soulte difficilement acceptable.
La qualité Leica, je peux en parler longuement, déjà avec mon premier M6 titane, et pas que… La peinture du pressoir film écaillée au bout de 6 mois. Reprise au SAV à l’époque à Courbevoie.
J’ai jamais rencontré ce genre de déboires avec Canon, Nikon ou Fuji. A croire que le travail artisanal justifie le tarif, mais plus la qualité.

ZITOO
ZITOO
En réponse à  François Cuneo
il y a 1 mois

Évidemment un fichier Raw est fade et plat avant développement. Le DNG aussi bien sûr. Je confirme et prétend sortir des A2 contrastés, facilement depuis mes R6II ou XT5, après qq. réglages appropriés au N&B.
Les TIFF issus des DNG après traitement restent médiocres, voire moyens, malgré le soin apporté avec CR ou DXO, etc. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Leica s’évertue à produire des boîtiers monochromes.
Faut arrêter de penser aujourd’hui que Leica, c’est le graal. Jusqu’en 1970, certainement en Europe, ensuite les allemands furent dépassés par les productions japonaises, aujourd’hui itou. Quelques niches sont encore occupées par les teutons, à quel prix la pastille rouge. J’en suis personnellement à mon troisième boîtier Leica et plus le temps passe, plus je mesure l’écart et le retard de performances…
Quand je pense que le Q3 Mono a perdu un mode de mise au point par rapport au Q3 qui dispose des détections de phases et contrastes…Tout est dit. Suppression du filtre, mise au point amoindrie mais tarif en hausse !

ZITOO
ZITOO
En réponse à  François Cuneo
il y a 1 mois

Tout à fait d’accord, les modèles Q sont, comme les M, pourvus de bague de MAP avec les diaph. en regard permettant un travail en hyperfocal.
Je shoote comme cela à f:8 au 35mm, mais faut pas chercher la précision avec un 90mm, surtout si le sujet est mobile.
Utiliser un Leica c’est un Art de Vivre…Résultats souvent gratifiants et parfois déconcertants. C’est un outil d’un autre temps modernisé chèrement.

Renaud LAFFONT
Renaud LAFFONT
En réponse à  François Cuneo
il y a 1 mois

Parce que la détection de phase se faisait grâce à la couleur je crois

Renaud LAFFONT
Renaud LAFFONT
il y a 1 mois

Alors vois tu je suis d’accord avec tout ce que tu as dit. Mais j’ai quand même un souci avec simuler du N&B en post production. Plus compliqué que de faire du traitement de RAW et de la retouche avec DxO, LightRoom et autres applications du même acabit. Long et complexe, sauf à prendre des pré-réglages, qui ne me donnent pas satisfaction. Je me bats depuis un mois avec Nik Silver Efex pour arriver à trouver un résultat satisfaisant à mes yeux.
J’ai un Fujifilm x100vi (je m’accroche, parce que l’ergonomie, tu as tout bien écrit dans ton article). Et je peux « simuler » du N&B à la prise de vue. Je shoote en RAW+JPEG et souvent je repars du RAW, en grande partie pour avoir le meilleur débruitage possible (DxO PhotoLab 9 fait des merveilles avec les Fuji). Alors la promesse d’un RAW en N&B que je peux développer et retoucher mais sans avoir à me prendre la tête de la conversion, je me dis « pourquoi pas? » . Et que dans ton cas un Q3 43 ‘RVB » et un Q3 28 monochrome ce serait une chouette combinaison

ZITOO
ZITOO
En réponse à  François Cuneo
il y a 1 mois

Exact. C’est ça le bon plan.

franciscary
franciscary
il y a 1 mois

Le choix de travailler en BW. ou en couleur est très personnel et je ne rentrerai pas dans ce débat.quoi que, un tirage A2 en BW !!
juste quelques observations, si tu permets, et en toute amitié :

  • le prix : Leica est très cher en effet mais le Q monochrome est au prix du 43
  • tu dis avoir besoin de tes deux boîtiers en spectacle d’accord, mais, tu dis ensuite que si tu as ton monochrome, tu devrais utiliser le smartphone pour une prise en couleur. Je te répondrai que, comme en spectacle tu peux avoir tes deux boîtiers mono et Q 🤪
  • « Je n’ai pas la chance qu’on m’en prête un »

Dans n’importe quel Leica store on te prête -un appareil au minimum pour une journée, voir plus.

Entièrement d’accord sur tout ce que tu dis sur « le gain » en définition entrer un capteur mono et un avec matrice de Bayer. D’ailleurs, tous mes collègues astrophysiciens ne travaillent qu’avec des capteurs monochrome et traitent les images ensuite.
ceci dits, je suis partial car possesseur entre autre d’un M11 mono. Je vais tester ce Q mono car ma vue commence à me poser des problèmes avec le télémètre. Je songe fortement à « revendre pour un bon prix » mon M11 mono à mon fils et m’orienter vers ce Q3.

Daniel Pesch
Daniel Pesch
il y a 1 mois

Bonjour à tous,

Pourtant grand amateur de Noir et Blanc, car je ne produit quasiment que ça, je suis assez d’accord avec ce que dit ysengrain : c’est un objet de grand luxe, un genre de bijou, que je ne peux (ne veux) pas me permettre. Si j’en avais vraiment envie, je pourrais bien me l’offrir en prenant un crédit (48 mois serait probablement possible…). Mais, après, j’aurais la trouille de sortir le précieux objet de son étui de peur de l’abîmer (car, de fait, il semble qu’il s’abime assez rapidement : ils appellent çà la patine). C’est un objet qu’il faut culotter, comme une pipe ou une poêle à frire en acier. Ou de sortir avec, de peur qu’on me le chourre (c’est des choses qui arrivent).
Après, si c’est juste pour le mettre dans une vitrine comme une montre de grand luxe, non merci. Une Patek Philippe World Time réf. 2523J “North America” en or 18 carats et son cadran émaillé représentant la carte de l’Amérique du Nord a été vendue plus de 8 millions de dollars. En plus, il paraît qu’elle donne l’heure exacte* ! Il est rare qu’on porte ce genre de breloque au poignet. Me concernant, il y a très, très longtemps que je n’ai plus de montre.

Il y a quelques temps le 18 août dernier , ici même, j’avais abondé à propos de la sévère critique du Fujifilm X100 VI par le maître des lieux. J’avais même écrit que je le mettais en vente. Finalement, je ne l’ai pas vendu et après quelques semaines pendant lesquels il est resté sur une étagère, j’ai ressorti l’appareil de son étui et ré-envisagé la question. Je l’ai décidément trouvé beau, bien fini, légère en main, et je me suis dit « donnons-nous une seconde chance ». Je me suis offert un bouquin (Guide du Fujifilm X100 VI par Clara Lensfield – un pseudo, je suppose, car Claire Champ-de-lentille, bof…) et je me suis replongé dans les menus de ce Fuji.

Pour finir par conclure que l’on peut dans 98% des cas se passer des menus.
J’ai commencé par « neutraliser » tous les boutons quand c’était possible, supprimé les possibilités tactiles de l’écran de façon à éliminer au maximum les déréglages intempestifs dus à des manipulations non-intentionnelles.
J’ai ensuite mis tous les réglages en mode manuel (ce que j’avais déjà fait avec mon Nikon D850 devenu trop lourd pour le chenu que je suis aujourd’hui.

Pour la mise au point manuelle, j’ai programmé l’assistant de MAP en mode « PIC HTE LUM M. AP RG(HT) ROUGE (HAUT) » (oui, c’est ça le langage des menus Fuji… !). En gros, cela veut dire qu’une frange rouge à haut contraste va indiquer la partie de l’image qui sera nette et la zone de profondeur de champ (on peut choisir bleu et/ou basse lumière ou autres). Fuji n’est, de loin, pas le seul à proposé ce type d’assistance, mais je la trouve particulièrement efficace. D’autant plus que j’ai programmé l’appareil pour qu’il fasse les prises de vue en N&B jpg (avec du contraste et du grain, à mon goût) et donc l’EFV/LCD est en N&B et donc le rouge contraste parfaitement. Ce qui n’empêche pas la prise de vue d’une image identique au format RAW et donc en couleur, mais qu’il faut dématricer ; il m’arrive de temps en temps de l’utiliser (un coucher de soleil est, évidemment, plus spectaculaire en couleur).

Alors, oui, les menus Fuji restent abscons et singulièrement traduits. « CLICH. RETARD. INTERV. » pour programmer un Timelapse, par exemple. Mais quels appareils de cette catégorie offrent la possibilité de programmer un timelapse ?

Bref, je ne vais pas abandonner ce Fuji tout de suite, je vais prolonger notre aventure commune encore quelques temps. J’ai encore pas mal de choses à expérimenter avec lui. Étant donné que j’ai choisi de l’utiliser très principalement dans un N&B altéré par un assez fort contraste et un grain visible, je ne suis pas certain qu’un capteur plein format doté d’un nombre très important de photosites me soient indispensable.

Pour ceux que cela intéressent et qui sont prêts à prendre quelques risques, on peut enlever la matrice de Bayer de certains capteurs. Ce n’est pas nouveau et c’est une opération risqué. On trouve des tutos sur le net. Un spécialiste américain le fait sur commande, mais ça coûte un peu de sous ($1250 plus les frais d’envoi vers la Californie et de retour en Europe pour un Nikon D850). Et c’est irrévocable.

Je me demande d’ailleurs qui fourni des capteurs plein format sans matrice de Bayer à Leica ? Réponse de Perplexitéy : « Chez Leica, les capteurs sans matrice de Bayer des séries Monochrom (M Monochrom, Q2/Q3 Monochrom) proviennent de bases Sony et sont ensuite customisés/qualifiés par Leica pour un usage noir et blanc natif. » Certains parmi vous le savaient sans doute.

* Sachant que, selon Woody Allen (citation contestée, néanmoins juste), une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour)

Dernière modification le il y a 1 mois par Daniel Pesch
ysengrain
ysengrain
En réponse à  Daniel Pesch
il y a 1 mois

« une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour »
Quand c’est une Patek Philippe, elle vend l’heure exacte, deux fois par jour

Renaud LAFFONT
Renaud LAFFONT
En réponse à  Daniel Pesch
il y a 1 mois

C’est bientôt Noel, on peut rêver d’une mise à jour du firmware pour le rendre plus intuitif. J’ai toujours le manuel sur moi, et il faut que je me bricole des fiches pour trouver facilement les raccourcis.

Renaud LAFFONT
Renaud LAFFONT
il y a 1 mois

Bon, alors, entre temps, j’ai suivi un stage photo et j’ai pu tester un Leica monochrome (le Q2). J’ai réussi à trouver un Q2 fabriqué en 2024, mais vendu en Avril 2025, garanti 24 mois, directement chez Leica France, pour 2500 euro de moins que le nouveau Q3. Je le reçois vendredi.

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