DevonThink Pro 4, l’IA qui change tout

Vous avez peur de l’intelligence artificielle?

Mois aussi, mais dans tout ce qui touche au domaine génératif, quand elle est tueuse de créativité, d’emplois, et dévoreuse d’énergie.

Par contre, j’aime l’IA quand elle me permet de trouver des renseignements rapidement.

Et quand elle peut le faire dans mes dossiers, dans mes fichiers, dans mes courriels, je la trouve très utile.

Voilà pour la première introduction de cet article.

Voici la deuxième.

J’ai testé DevonThink, il y a trèèèès trèèèès longtemps de cela, dans un premier article, en… 2003, et dans un second, à propos de la version Pro, en 2007.

Voui voui, ça ne nous rajeunit pas tellement, ça.

C’est marrant, en relisant les deux articles qui résument toujours bien ce que sait faire DevonThink, je me rends compte que j’utilisais, à l’époque, DevonThink comme bloc-notes, un peu comme je l’ai fait par la suite avec Evernote, puis avec Notes, qui me plaît vraiment, au point que je n’aurais même plus l’idée d’utiliser DevonThink pour ce genre de tâches.

Au point que j’ai délaissé ce programme pendant des années, tout en le mettant à jour tout de même, au cas où.

Lorsqu’en juin 2025, DevonThink est sorti en version 4, je me suis penché sur ses nouvelles fonctionnalités et là, j’ai vu que j’allais utiliser ce programme de manière beaucoup plus poussée que ce que je faisais à l’époque.

Parce que DevonThink, c’est un gestionnaire de documents, de mails, d’images, au point que beaucoup l’utilisent à la place du Finder, dans leurs recherches sur leurs fichiers.

Il faut dire que la recherche de DevonThink, jusqu’à la version 3, était vraiment puissante, mais je ne l’ai jamais vraiment tout à fait comprise.

DevonThink 4 change tout, parce qu’il intègre l’IA, à travers votre LLM préféré.

Permettez-moi juste une petite digression, pour remettre les choses dans leur contexte.

Perplexity propose des espaces avec vos documents, mais…

Un truc que je trouve génial avec Perplexity, ce sont les espaces que l’on peut créer sur son compte, j’en ai parlé ici.

Typiquement, j’en ai un dans lequel j’ai entré mon site web Cuk.ch « d’avant », et le site que vous lisez maintenant.

Lorsque je suis dans cet espace, je peux poser des questions, je l’ai fait, par exemple, pour le début de l’article, du type « Dis-moi quand j’ai écrit un article sur DevonThink ».

Perplexity va chercher dans les deux sites, me les retrouve et me les résume au passage.

Jusque-là, c’est très bien.

Deuxième espace, celui que j’ai créé pour toute la littérature de notre Association pour la Sauvegarde des Bois de Ballens et Environs.

Là, je télécharge une bonne fois pour toutes sur les serveurs de Perplexity les fichiers d’un dossier sur mon disque dur et je lui donne accès au site web de l’association.

Toutes les réponses devront être trouvées dans ces deux sources.

Perplexity est excellent dans ce domaine, mais ne permet pas, même en payant un supplément, de dépasser 50 fichiers, ce qui est largement insuffisant, vous en conviendrez.

De plus, ces fichiers, comme je l’ai dit, doivent être téléchargés sur le site de Perplexity, ce qui peut poser des problèmes.

J’ai cherché des alternatives aux espaces de Perplexity, mais rien n’arrivait à sa hauteur, jusqu’à ce que je tombe sur la mise à jour de DevonThink Pro 4.

DevonThink Pro 4: trouvez toutes les réponses à vos questions en cherchant uniquement là où vous le désirez

DevonThink Pro 4 n’a pas vraiment changé, depuis les versions précédentes, se contentant de s’améliorer à chaque nouvelle itération, de manière un petit peu trop gentillette, peut-être.

Le principe est le même, rassembler ou créer dans des bases de données des documents, des notes, des images et les retrouver avec les fonctions avancées de recherche offertes par le logiciel, bien plus puissantes que celles du Finder.

À ce propos, certains utilisent même DevonThink comme Finder, et ne sortent pratiquement pas du logiciel dans leur travail, puisqu’il permet d’éditer toutes sortes de documents.

Alors voilà, la version 4 allait-elle valoir la chandelle pour me pousser, une fois de plus, à faire la mise à jour?

La réponse est OUI, je vais, vous l’avez deviné, vous expliquer pourquoi.

La grosse nouveauté, c’est l’intégration d’une zone de discussion de type Chatbot intégré à la base.

Vous pouvez l’interpeller de deux manières:

  • en cliquant sur l’icône « conversation IA » dans la barre d’outils de DevonThink, ce qui ouvre une fenêtre de discussion (Chatbot) dans laquelle vous pouvez poser des questions sur le document en cours:
  • dans la barre latérale de droite, en cliquant sur une icône ressemblante à la première:

Comme vous pouvez le lire dans l’avant-dernière figure (je lui avais posé la question), la différence entre les deux fenêtres est la suivante: la première répond en rapport avec le document sélectionné dans le panneau de gauche, alors que la seconde (celle intégrée au panneau de droite), peut rechercher à travers toute une base de données.

Et c’est là que ça devient génial, comme dans Perplexity, je vous explique.

Dans DevonThink, vous travaillez avec des bases de données, c’est le principe.

J’en ai créé trois:

Menu de navigation de bases de données.

Cela correspond, quelque part, à mes espaces dans Perplexity, sauf que mes fichiers sont stockés en local.

Chacune de mes bases contient:

  • des dossiers qui peuvent être
    • créés directement dans le logiciel;
    • importés et donc copiés physiquement dans DevonThink;
    • simplement indexés et restant bien en place dans le Finder, ce qui prend beaucoup moins de place, et je n’ai pas vraiment vu les désavantages de la chose, si ce n’est que vous devez importer physiquement les fichiers si vous voulez les synchroniser avec l’iPhone, ce que je n’ai pas fait;
  • les comptes courriels liés à la base, par exemple, pour l’ASBBE, tous les courriels que l’association et moi-même avons reçus ou envoyés, courriers qui, eux, doivent être importés (DevonThink peut le faire presque automatiquement avec Mail d’Apple ou Outloook;
  • un ou plusieurs sites web, typiquement, pour l’association, le site de l’ASBBE.

Et c’est là que DevonThink 4 et son tout nouveau Chatbot intégré font toute la différence, puisqu’il me suffit de sélectionner une base dans le panneau latéral de gauche, et de demander des renseignements précis à l’IA qui va ne chercher que dans les documents, les courriels et le site web qui y sont intégrés.

Voici, pour l’exemple, l’extrait d’une discussion lancée avec la base ASBBE sélectionnée en posant la question: quelles ont été les conférences organisées par l’ASBBE depuis sa création?

Tableau des conférences et événements publics par l'ASBBE.

Les résultats du chatbot de DevonThink dépendent grandement du modèle choisi

Lorsque j’ai essayé le chatbot de DevonThink, j’ai été déçu, parce qu’il travaillait avec des modèles locaux qui ne trouvaient que peu de choses dans mes documents.

Si vous voulez des résultats un peu corrects, vous devez choisir entre plusieurs modèles beaucoup plus puissants, pour autant que vous entriez les API qui vont avec.

Menu déroulant de sélection de fournisseur AI réglages.
Notez que Perplexity est présent, mais vous impose de travailler avec des sous-modèles (le principe de Perplexity) de piètre qualité dans DevonThink, les sous-modèles haut de gamme n’apparaissent pas ici.

J’ai testé ensuite avec ChatGPT, dernier modèle en date au moment d’écrire ces lignes (5.2), le résultat est plutôt mauvais également.

Pire encore, Gemini Flash 3 (je n’ai pas d’abonnement pour utiliser la version pro), qui ne trouve pratiquement rien de ce que je lui demande, et quand il le fait, présente la chose de manière pour le moins simpliste.

Je parle par exemple, simplement de trouver la liste des membres du comité de l’ASBBE, ce que toute IA devrait pouvoir faire en parcourant les personnes présentes et absentes dans les PV qui, bien sûr, se trouvent dans la base de données.

Eh bien, aussi bien ChatGPT et Gemini 3 n’en trouvent que quelques-uns.

Et puis soudain, tout change avec l’utilisation de Claude (modèle Sonet 4.6) d’Anthropic, qui n’a plus rien à voir avec ce qui précède.

Déjà, Claude trouve les renseignements, et plutôt bien.

Mais tout change aussi au niveau de la mise en page.

Là où ses concurrents se limitent pratiquement à du texte, Claude fournit des documents avec des tableaux (voir l’avant-dernière figure), des titres, des sous-titres, c’est vraiment le jour et la nuit avec tous les autres.

Il ne faut pas hésiter à lui demander de bien chercher en profondeur et d’utiliser le site Web, il est alors assez exceptionnel.

Par exemple, le Chatbot n’avait pas cherché, dans une de mes discussions, dans le site Web, comme il me semblait devoir le faire.

Je lui ai demandé pourquoi et voici sa réponse:

Comme vous le voyez, il me promet de regarder dans le site web également à l’avenir.

Je vérifie, et c’est bien le cas:

Planning des soirées Infos Villages 2025 de l'ASBBE.

En conclusion

DevonThink Pro 4 devient pour moi pratiquement indispensable, même si Claude propose depuis quelques jours une solution assez époustouflante, à savoir Claude Cowork dans son application de bureau, qui semble pouvoir faire pratiquement la même chose, mais de manière un peu moins fluide, pour l’instant, sans passer par une quelconque autre application.

Avec DevonThink, je peux retrouver pratiquement instantanément des données éparpillées dans différents documents, dans des courriels et sur un site web spécifique, sans être pollué par des données externes.

Vous obtiendrez des réponses, des rapports, ou que sais-je, assez impressionnants, pour autant que vous choisissiez un bon LLM dans les préférences du logiciel.

Pour l’instant, le seul qui me convienne parfaitement est Claude, d’Anthropic, au point que je me suis abonné à son service Pro, et que je me suis désabonné de ChatGPT.

Pour cette nouvelle intégration de l’IA de manière intelligente et utile, DevonThink mérite un label Too Much Bô, qu’on se le dise!

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18 Commentaires

Mottaz
Mottaz
il y a 3 mois

Bon, ben on dira qu’il n’y a que les … qui ne changent pas d’avis ! De la part de celui qui a troqué son finder contre DevonThink il y a 22 ans aujourd’hui.

eric
eric
il y a 3 mois

A l’inverse, DT 4 est pour moi une immense déception. Pourtant je l’utilise dans sa version pro depuis une bonne quinzaine d’années. De très gros efforts ont été faits sur l’IA mais sans que l’ensemble avance suffisamment. Par exemple, la saisie et l’édition de Markdown, que j’utilise énormément, est archaïque en 2026. Et je pourrais prendre d’autres exemples. De même DT a changé de modèle économique, il faut désormais payer environ 100 euros par an pour bénéficier d’une mise à jour récurrente des nouveautés. Sauf que les 8 premies mois de basculement vers ce nouveau modèle économique j’ai eu l’impression d’être dans une version beta qui ne justifiait pas vraiment les 100 euros que j’ai déboursé sans trop me poser de questions il y a presque un an. Au final je suis en train de me passer progressivement de DT et d’installer mes fichiers de manière plus traditionnelle.

Filou
Filou
il y a 3 mois

J’utilisais DT au départ pour regrouper tous les documents d’une année d’activité professionnelle. Avec son système de recherche en 2 secondes tout était mis à la place comme désiré. Par contre pour synchroniser sur le tél et la tablette pour l’instant cela fonctionne mais je ne sais pas trop comment. Comme DT 4 passe à l’abonnement je vais passer mon tour. J’utilise le cloud pour synchroniser mes documents. Seul regret je ne peux pas faire de recherche dans les documents. Mais ce n’est pas une nécessité indispensable.

Filou
Filou
En réponse à  François Cuneo
il y a 3 mois

Au départ 2 classeurs fédéraux de données. 1 jour pour mettre toutes les recherches que je voulais. Maintenant j’ai 5Go synchronisés. Je fait le tri une fois par année. Pour la synchroça passe par le cloud. Me demande pas comment, mais ça fonctionne.

ysengrain
ysengrain
il y a 3 mois

J’avais lu les 2 billets de 20023 et 2007, sans avoir été convaincu par DT.
Evernote essayé un temps a été abandonné pour cause d’affichage en caractères cyrilliques quoique j’ai pu essayer avec Apple ou la so called hot line d’Evernote. Je l’avais d’ailleurs rapporté en commentaire sur cuk.ch
Finalement, mon organisation mentale, un peu aidée par un gestionnaire de notes et une configuration arrangée – mentalement – de DayOne me va bien.
DevonThink, pour moi: pas b’zoin
Et puis mes neurones consomment moins d’électricité que l’IA

Dernière modification le il y a 3 mois par ysengrain
Daniel Pesch
Daniel Pesch
En réponse à  ysengrain
il y a 3 mois

Nul besoin de ce genre de machin, non plus. Mais c’est sans doute parce que mon activité informatique de retraité ne le requiert pas. De plus, je suis opposé à l’usage intensif de l’IA qui consomme énormément d’énergie et d’eau. Et entraîne une pénurie telle des composants que nos terminaux vont devenir hors de prix. À qui sera alors réservée cette belle invention ?

Daniel Pesch
Daniel Pesch
En réponse à  François Cuneo
il y a 3 mois

Même en Haut Lieu, l’IA n’est pas recommandée.

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Daniel Pesch
Daniel Pesch
En réponse à  François Cuneo
il y a 3 mois
Daniel Pesch
Daniel Pesch
En réponse à  François Cuneo
il y a 3 mois

Différencier les impacts environnementaux des prompts divers est très difficile. De même, comment différencier ce qui est génératif ou pas ? On parle plutôt ici d’impacts globaux qui comprennent non seulement les prompts, mais aussi les impacts de ce qui est produit avant et après les prompts.

« Publiée le 17 décembre dans la revue Patterns, l’analyse d’Alex de Vries-Gao, chercheur en économie à l’université libre d’Amsterdam se base sur les indicateurs que les entreprises spécialisées sont tenues de fournir dans leurs rapports environnementaux. Elle révèle que les systèmes d’IA pourraient avoir généré une empreinte carbone comprise entre 32,6 et 79,7 millions de tonnes de CO2 en 2025 – soit l’équivalent des émissions de la ville de New York.
Leur empreinte hydrique pourrait, elle, se situer entre 312,5 et 764,6 milliards de litres. Ce qui correspond à la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille, illustre Alex de Vries-Gao. »

Yvanchen
Yvanchen
il y a 3 mois

j’utilise DEVONthink depuis des années également. sauf que mon travail a décidé de virer les Mac pour pc.. 😭😭😭

question concernant Claude. Tu arrives à connecter Claude via API à traces l’abonnement Claude Pro de 20.- / mois? Il faut passer par l API et coûts par usage normalement non?

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