ForScore: le must pour la lecture des partitions sur iPad

Attention: article ayant remporté haut la main le label Too Much Bô!

Je vous avais bien dit que mon introduction sur le violon de l’autre jour déboucherait tôt ou tard sur un article touchant l’informatique!

Chose promise, chose due.

Voici une prise en mains de l’un des logiciels qui m’a le plus épaté ces dernières années, et une fois de plus, c’est sur l’iPad que cela se passe.

Oui, ils deviennent rares, les logiciels sur Mac, à pouvoir nous surprendre. Sur l’iPad par contre… Je ne rappellerai que l’article que j’avais écrit sur Nebo ici, ce génialissime «preneur de notes» sur iPad, qui reconnaît merveilleusement en temps réel votre écriture manuscrite.

Là, il s’agit de tout autre chose.

Depuis que j’ai recommencé le violon, un petit problème technique se pose à moi: les partitions.

J’ai un violon au bureau (le violon dont je vous ai parlé l’autre jour, mon vrai violon) pour quand il n’y a personne à déranger, mon violon Yamaha pour quand je dois faire le moins de bruit possible (mais avec bien moins de plaisir pour moi), et une petite merveille de violon sur lequel je reviendrai prochainement peut-être à la maison.

Je précise que mes violons au bureau sont là pour remplir ma pause de midi, par pour jouer pendant le travail…

J’ai donc tout à double, lutrin, colophane, diapason, métronome, mais une chose n’est pas «doublage»: les partitions.

Oh, bien sûr, il me serait tout à fait possible de photocopier mes cahiers (je ne vais tout de même pas les acheter deux fois ou bien?) pour éviter de les transporter.

Sauf que les partitions sont annotées chez ma prof, et que ces annotations sont importantes. Cela devient difficile à gérer au niveau des photocopies, puisqu’il faudrait chaque fois, après mes leçons, copier toutes les pages annotées.

Pendant quelques mois, je me suis dit que j’allais faire en sorte de ne pas oublier ces fichues partitions, qui prennent tout de même bien de la place, ni à l’école, ni à la maison.

Et puis, j’ai commencé à m’intéresser à ce qui se passait sur iPad.

Eh bien, je n’ai pas été déçu.

Je suis allé sur un blog tout exprès fait pour les partitions numériques tout à fait passionnant, soit dit en passant.

Sur les conseils de son auteur, j’ai testé un programme pas mal fichu du tout: iCScores (pour iClassicalScores). Il était déjà tout à fait étonnant pour moi, et j’ai voulu lui adjoindre une pédale pour tourner les pages d’un simple appui sur cette dernière.

Là, le vendeur m’a dit qu’il en avait deux modèles (je vais les tester bientôt sur LBDC), et qu’elles fonctionnaient toutes deux sur le must en la matière, à savoir ForScore.

Vous me connaissez, moi, on me parle de «must en la matière», ce n’est pas parce que j’ai dépensé 6 francs pour le premier programme que je ne vais pas tester le deuxième, même s’il coûte dix francs.

Eh bien, je n’ai pas été déçu.

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Confort de lecture

Là, je dois dire que c’est le bonheur intégral.

La lecture de partition sur un iPad Pro est meilleure que sur du papier, tout simplement.

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Je m’explique: sur les versions papier, j’ai toujours de la peine à lire les dièses et les bécarres. J’ai bien d’autres problèmes, mais celui-là est bien particulier, et pourtant j’ai des lunettes toutes récentes et au top niveau corrections. Cela vient de la luminosité qui n’est jamais bonne pour moi, soit trop puissante et ça brille un peu, soit trop faible et je ne vois rien. OK, avec une bonne lampe prévue pour ça, fixée sur le lutrin, c’est mieux.

Avec l’iPad, c’est juste parfait. Je n’ai pratiquement plus de problème de vue. La luminosité est toujours bonne. On peut même jouer dans le noir, ça m’est arrivé souvent à la maison, oubliant au fil du temps d’allumer la lumière.

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Même dans la pénombre, c’est bonnard!

Vous me direz: et la taille?

Ah ah! OK, avec un iPad normal, ça serait, j’imagine, plus compliqué, mais avec un iPad Pro, c’est juste parfait.

Enfin, presque, mais pour que ça le soit vraiment vraiment, il y a une petite chose à faire, immensément facilitée par ForScore, voir ce qui suit.

Comment importer et exporter des partitions sur ForScore

En plus de la possibilité de photographier directement vos partitions à partir du programme, différentes possibilités sont offertes par le programme.

Vous pouvez importer vos partitions PDF depuis des plateformes comme Dropbox par exemple. Si vous passez par ce moyen, vous devrez être bien évidemment en possession des fichiers. En ce qui me concerne, j’ai passé un peu de temps à photocopier certaines de mes partitions. Il faut souvent jouer avec une petite réduction lors de la photocopie pour passer du format de la partition sur du A4, mais vous verrez que ça ne pose pas de problème.

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L’import de partitions par DropBox

Autre solution: passer par un site comme IMSLP.org, ce site incroyable qui nous permet de disposer de milliers de partitions libres de droits gratuitement. Bon, j’ai payé ma participation optionnelle d’une vingtaine de francs tout de même, faut pas pousser, leur travail mérite salaire.

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Vous pouvez également envoyer à ForScore des partitions par mail ou passer par iTunes, tout est possible.

De même, l’export est tout à fait possible, et même plutôt trois fois qu’une, avec ou sans annotations, voyez plutôt.

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D’autres options d’export sont possibles, mais je ne les ai pas testées. Elles passent par la notion de groupe, qui, si j’ai bien compris, permet à un responsable de chœur par exemple d’annoter des partitions qui seront automatiquement mises à jour entre membres du groupe.

Non, mais vous vous rendez compte de la puissance de la chose?

Une fois importées, que faire avec vos partitions?

Si ce n’est pas déjà fait dans le fichier, vous allez ajouter des métadonnées à vos partitions, ce qui permettra à ForScore de les classer de différentes manières.

Cliquez sur les images pour voir en grand

Et c’est parti.

Mais comme je l’ai écrit plus haut, vous pouvez aussi passer quelques secondes à améliorer l’affichage.

En effet, les partitions sont souvent livrées avec de belles marges qui n’ont pas trop de sens sur iPad.

Certes, vous pouvez zoomer à la volée, mais ForScore propose bien mieux: une découpe des marges quasiment automatique.

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Flèche bleue, vous redressez la page, flèche verte, vous validez le rognage et quittez, flèche bleue, vous validez et passez directement à la page suivante. C’est fort pratique.

Et si votre partition est un peu penchée, pas de problème, vous la redressez au passage, page par page.

Encore une fois, cela va très très vite.

Et vive la vie, on peut jouer!

Ce qui a de super avec ForScore, ce sont les onglets.

Vous ouvrez autant d’onglets que vous jouez actuellement de partitions.

Moi, je travaille dans 6 cahiers différents. Je passe de l’un à l’autre d’un simple tapotement sur les onglets, et je me retrouve immédiatement à la page que je travaille pendant la semaine.

En matière de navigation, il est possible de passer d’une page à l’autre en effleurant ou tapotant la partie gauche ou droite de l’écran, ou de taper au centre et de se déplacer à l’aide du curseur en bas de la page.

Mieux, même, il est possible de mettre des signets et des liens entre les pages.

Notez qu’il est également possible, en tout cas sur l’iPad Pro 12 pouces, de mettre la tablette en mode paysage, et là, vous avez deux pages qui peuvent se côtoyer.

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Tout pour annoter ses partitions

Si vous avez un Apple Pencil, alors là, c’est le bonheur.

ForScore dispose de tous les outils pour annoter ses partitions confortablement.

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Typiquement, rien de plus simple que dessiner de nouvelles liaisons pour l’archet

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L’écriture n’est pas belle, ce n’est pas dû à l’iPad, mais au fait que la partition est sur le lutrin, verticalement, ça aurait été tout pareil sur un papier.
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Les couleurs sont disponibles pour tous les objets.
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Il est possible également d’entrer des textes à l’aide du clavier

Quelques outils bien pensés pour répéter

Je vous parlais plus haut de l’obligation que j’avais d’avoir un diapason et un métronome à double à l’école et à la maison…

Eh bien avec ForScore, c’est terminé, puisque trois outils sont directement fournis avec le programme:

  • un métronome

En ce qui concerne le métronome, ce qui est tout à fait bien pensé et même exceptionnel, c’est que le programme se souvient que dans l’onglet 1, vous êtes au 120 de tempo, dans l’onglet 2 à 64, et dans le troisième à 87.

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  • un accordeur

Je préfère utiliser le diapason intégré à l’accordeur. En effet, comme tous les accordeurs sur le marché de l’iPad, ce dernier est difficile à utiliser avec un violon, l’aiguille n’étant pas assez stable.

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  • un diapason

Et merci de noter que vous pouvez très bien demander au diapason de jouer vos 4 cordes, si vous n’arrivez pas à vous contenter du la (que vous pouvez fixer au nombre de Hz que vous voulez, pour vous mettre en symbiose avec ce que décide votre chef.

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  • Un enregistreur
    Rien de plus facile que d’enregistrer un accompagnement, puis de jouer par dessus. Je vais d’ailleurs proposer à ma prof d’enregistrer quelques parties pendant les leçons. C’est tellement bien de jouer à deux!

 

 

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Un tout-en-un comme ça, ça vous change la vie!

Des outils pour tout, une richesse incroyable

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En vrac,  en voici quelques-uns.

Il est possible de lier des pages entre elles.

Et c’est tellement bien fait en plus!

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Lorsque vous tapez sur l’outil lien, vous voyez deux pages, la page de départ à gauche, la page d’arrivée à droite. Ici, la page de gauche montre la fin de la suite 1, la page de droite le début de la suite 1. Le bouton bleu marque le point sur lequel vous allez taper pour reprendre là où se trouve le bouton orange. Notez, et c’est là que l’on voit le souci du détail du développeur, que le bouton orange n’apparaît pas au début de la partition, vous ne le verrez clignoter qu’au moment où aurez tapé sur le bouton bleu, pour bien attirer votre attention sur l’endroit où vous devez recommencer à jouer.

Vous pouvez également créer des boutons. Par exemple, dans la figure suivante, j’ai créé un bouton rouge qui me permettra d’enclencher le métronome ou de le stopper, sans passer par la fenêtre dédiée avec réglage de la vitesse.

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Des réglages pour personnaliser jusque dans les détails

Notez un réglage important: ne pas mettre l’iPad en veille lorsque l’on travaille avec ForScore en premier plan (désactiver le déverrouillage automatique).

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Et pour tourner les pages en jouant?

Vous pouvez bien évidemment taper du doigt la droite de la partition pour tourner la page. Mais cela peut poser des problèmes, notamment lorsqu’on joue du violon avec un archet.

Des systèmes à pédale peu onéreux existent, reliés par Bluetooth. ForScore est compatible avec eux.

Et selon votre choix, ce sera divin.

Je ferai très bientôt un test séparé sur les deux appareils que j’ai testés sur ce blog.

Mais je pousserai le bouchon un peu plus loin… Il est même possible d’utiliser deux iPad pour avoir vraiment deux pages complètes en vue confortable, mais pour ceci, il faut acheter une petite extension, Cue, qui peut d’ailleurs jouer également le rôle de télécommande sur l’iPhone. Je précise que je n’ai pas testé la chose.

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Le magasin de partitions intégré

ForScore propose un magasin de partitions intégré. Cela dit, il est très pauvre pour certains instruments comme le violon (en fait, il n’y a rien pour cet instrument). Et pauvre tout simplement pour tout le reste. Il s’agit d’une ébauche, il faudra prévoir d’importer vos partitions d’ailleurs (voir les méthodes en début d’article).

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Avant de conclure

Comme je l’ai évoqué plus haut, il est possible de travailler en groupes.

Le responsable d’un groupe pourra sans problème, semble-t-il, passer annoter ses partitions et proposer bien d’autres choses à ses membres, mais je n’ai pas pu tester la chose, jouant seul, comme un damné.

Pour le reste, faire la liste de toutes les fonctions du programme est quasiment impossible, tellement les fonctions sont nombreuses.

Je crois cependant vous avoir montré le principal.

Et si vous jouez d’un instrument, j’espère vous avoir fait envie.

En conclusion

Fantastique programme que ce ForScore.

Son développeur a pensé à tout, j’ai rarement vu une application aussi aboutie, quelle que soit sa plateforme.

Il s’agit d’un vrai outil de travail pour les musiciens, qui n’est pas là comme simple substitut à des partitions papier.

Le programme en offre plus, à tous points de vue, le premier étant bêtement pratique.

Tous les autres outils sont importants également pour le confort de celui qui travaille la musique, pour le plaisir ou professionnellement.

En ce qui me concerne, je me vois vraiment mal revenir en arrière, en revenir au bête papier qui, sur ce coup-ci en tous les cas, a pris un très méchant coup de vieux.

Et un label Too Much Bô, un!

Tampon définitif TooMuchBô Rond rouge