La dynamique, c’est tout de même quelque chose! Ou bien?

Ce qui fait la grande force d’un bon capteur, c’est bien évidemment sa capacité à bien capturer la lumière, à faire de beaux rendus, en partenariat avec les logiciels et les objectifs montés sur l’appareil.

Plus le capteur est grand, plus son modelé sera agréable, même si, là aussi, on voit que nos téléphones avec leurs capteurs minuscules font des miracles.

C’est à travers et grâce au capteur, toujours associé au traitement logiciel que l’on pourra bénéficier d’une qualité plus ou moins bonne de l’image lorsque les conditions deviennent difficiles.

La plupart des capteurs de reflex font eux aussi des miracles dans des conditions épouvantables, ce qui fait la grande différence avec un smartphone ou un compact.

Les appareils vont chercher la lumière et en trouvent même plus dans certaines conditions que nos yeux peuvent en voir.

Les grandes marques (Canon, Nikon Fuji, Olympus et Sony) ont fait des progrès tout à fait considérables ces dernières années, mais il faut savoir que le bruit est toujours mieux maîtrisé sur les gros capteurs que sur les petits, avec un avantage donc aux capteurs Full Frame par rapport aux APSC (rapport * 1.5 ou * 1.6) ou pire, aux Micro 4:3 (rapport * 2), même si, comme je l’ai dit, ces APSC et ces Micro 4:3 font actuellement de belles choses, sans égaler les pleins formats (24/36).

Mais il y a un nouvel argument depuis quelques années qui est pris en compte, argument soi-disant commercial selon certains, mais qui a, selon moi, toute son importance, c’est la dynamique du capteur.

Par dynamique, qu’entend-on?

Tout d’abord, un bel article à lire pour en savoir plus.

Je vais résumer en quelques lignes:

  • la dynamique du capteur, c’est sa capacité d’encaisser des différences de luminosité plus ou moins importantes
  • on calcule la dynamique généralement en dB ou en EV.
  • notre œil a une dynamique de 24 EV
  • les meilleurs capteurs Full Frame ont une dynamique de 14 EV environ, donc sont bien moins souples que l’œil humain
  • Sony est en avance dans ce domaine, et donc Nikon aussi, puisque ce dernier fabricant est livré en grande partie en capteurs par le premier (même si Sony pense sérieusement à se garder les meilleurs capteurs pour lui)
  • Canon a bien progressé ces derniers temps dans le domaine, mais est encore un peu en retrait.

Certains sites, comme Focus Numérique, dans leur article lié ci-dessus, donnent beaucoup d’importance à la dynamique du capteur.

D’autres rigolent lorsqu’on leur parle de ce sujet, comme Jean-François Vibert, sur son site photoetmac.com, par exemple dans cet article,ou dans celui-ci ou encore dans celui-là.

En gros, pour lui, le manque de dynamique d’un capteur n’est pas un problème, il y en a toujours assez, le but étant de jouer avec les contrastes.

Dieu qu’il le fait bien d’ailleurs, à chaque fois qu’il nous présente des photos, elles sont à tomber par terre tellement elles sont belles.

Pour lui, un ciel cramé n’est pas un problème, il faut du blanc sur une photo, des ombres bouchées non plus, il faut du noir, du mystère dans les ombres.

Il faut admettre que Jean-François, grand adorateur de Canon, prêche un peu pour sa paroisse.

Parce que selon moi, qui peut le plus peut le moins.

Typiquement, comme je l’ai écrit dans l’article d’hier, j’aurais bien voulu bénéficier de la même dynamique de capteur sur les 800 photos de scène que j’ai prises au FestiBoc avec le Canon EOS 5D Mark IV que je l’aurais eue avec le Sony A7 RII.

Simplement parce que j’aurais voulu que l’appareil soit capable de supporter de très fortes lumières sur certains musiciens. D’accord, je l’ai expliqué hier, un projecteur était trop près de certains musiciens, promettant sur eux une lumière LCD froide et violente.

J’ai eu beau corriger de -2 EV, ces pics n’ont pas été supportés facilement par le capteur, il a fallu à chaque fois redescendre le curseur des hautes lumières sur Lightroom, toutes les photos étant des RAW, bien sûr!

Mais le résultat est souvent pénible à gérer.

Or, je constate que ce n’était pas le cas avec le Sony A7R II, qui est plus souple que le Canon et ne souffre que modérément de ce type de problèmes.

Cela dit, lorsque l’on compare les chiffres de DxO, on constate que les deux capteurs ne sont pas si éloignés que cela:

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On remarque aussi que Canon a fait des progrès immenses par rapport au Mark III (tout à droite) et se trouve tout près du A7 RII en matière de dynamique.

Le problème qui doit se poser alors et qui explique la différence de souplesse, c’est que la dynamique est associée à la faculté d’encaisser les hauts ISOs.

Et là aussi, le Sony est supérieur au Canon, qui pourtant est loin d’être mauvais dans le domaine.

Donc peut-être que les deux mis ensemble font une grosse différence. Je l’ai constatée en tout cas, même si j’aurais bien voulu essayer le A7RII dans les mêmes conditions d’éclairage.

Peut-être aurait-il souffert aussi, allez savoir.

Je vous parlais hier du test que je vais faire, cette fois, avec le Rock’n Poche: je verrai bien comment le capteur Canon se comporte dans une situation plus habituelle.

Alors oui, contrairement à ce qu’explique Jean-François, pour moi, la dynamique est importante. Plus est est proche de ce que l’œil voit, meilleur sera le résultat.

Et si le but est de contraster les images, rien de plus facile dans Lightroom, en bouchant les ombres ce qui est bien plus facile à faire que réduire les hautes lumières, ou en poussant ces dernières, pour perdre de la matière.

Là, c’est une option artistique, qui peut se discuter et que j’apprécie sur bon nombre de photos.

Ce n’est pas une limitation technique, que l’on contourne avec plus ou moins de mauvaise foi.

Et si un jour, on arrive sur nos appareils à une dynamique proche de ce que voit l’œil humain (et on y arrivera, j’en suis persuadé), eh bien ce sera parfait.

Enfin, je ne peux que vous conseiller de prendre en tout cas autant en compte ce critère de dynamique du capteur que d’autres, lorsque vous comparez les appareils, en vue d’en acheter un.

Il est en effet tout aussi important que le nombre de pixels ou le comportement en hauts ISOs, qu’on se le dise!