Et avec le recul, il est bien, ce MacBook Pro 16 pouces?

Je vous l’avais dit en tout début d’année, je suis passé de mon MacBook pro 15 pouces Touch Bar 2016 au MacBook pro 16 pouces 2019 le 28 décembre de cette année.

J’ai choisi le modèle suivant:

  • 16 pouces
  • 2.3 Ghz
  • Radeon Pro 5500M avec 8 Gb de RAM
  • 64 Gb de RAM
  • SSD de 2 Tb

La facture est évidemment salée, et heureusement, je suis tombé en cette fin d’année sur une action importante sur ce modèle unique à la FNAC de Lausanne, mais bon, il s’agit tout de même de mon outil de travail, c’est mon compagnon plusieurs heures par jour, 7 jours sur 7, je n’en ai point d’autre.

Pour vous dire franchement, je m’attendais à un saut important d’une machine à l’autre.

Alors, plus grand, plus lourd, mais supportable?

Déjà, les dimensions entre le 15 pouces et le 16 pouces sont minimes.

Pour le 15 pouces

  • Hauteur: 1.55 cm
  • Largeur: 34.93 cm
  • Profondeur: 24.07 cm
  • Poids: 1.806 kg

Le 16 pouces quant à lui:

  • Hauteur: 1.62 cm
  • Largeur: 35.79 cm
  • Profondeur: 24.59 cm
  • Poids: 2 kg

 

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Étonnamment, le mien pèse quelques grammes de moins, à savoir 1.968 kg.

160 grammes de moins, ce qui peut paraître peu, mais se sent quand on le transporte à nu. Il semble plus… massif et rigide. Mais rien de grave, il entrera sans problème dans un sac prévu pour un 15 pouces, à moins que vous n’ayez choisi un étui souple et « slim » pour ce dernier. Dans ce cas, il faudra peut-être racheter quelque chose.

Un écran de 16 pouces (ben oui… vu son nom)

L’écran, puisque c’est tout de même lui qui pourrait vous faire craquer pour cette nouvelle machine est excellent, mais celui du 15 pouces l’était déjà.

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De plus, la différence entre les deux machines ne saute pas aux yeux, puisque le 15 pouces était en fait un 15.4 pouces.

Cela dit, sa résolution est tout à fait agréable. Le 15 pouces nous donne 2880 x 1’800 pixels  à 220 pixels par pouce, alors que le nouveau venu affiche 3072 x 1’920 pixels à 226 pixels par pouce.

La précision est de la partie, c’est clair, et tout reste parfaitement lisible à l’écran, même pour les porteurs de lunettes.

Gamme de couleurs P3, luminance de 500 nits, cet écran a tout pour lui.

Il est doté de la technologie bien connue chez Apple True Tone qui adapte la colorimétrie de l’écran en tenant compte des conditions d’éclairage.

Plusieurs réglages sont prévus, mais il arrive trop souvent qu’en fin de journée, l’écran hésite entre les couleurs normales et les couleurs adoucies, ce qui est vraiment agaçant, et ceci en particulier avec un deuxième écran. C’est comme si le capteur du portable était troublé par la luminosité de l’écran secondaire…

Ah, et puisqu’on parle d’écran secondaire, j’utilise à mon bureau l’écran LG 5K qui fait bien son travail, surtout depuis l’arrivée de la version 10.15.4 du système qui a corrigé un énorme problème de sortie de veille. Je dois dire que pendant 3 mois, j’avais un peu la rage de devoir redémarrer mon ordinateur pour reprendre la main, le système étant alors complètement perdu. Quel temps il a fallu à Apple pour corriger ce problème avec cet écran qui pourtant est vendu dans les Apple Store.

Le clavier

Adieu le clavier papillon des 15 pouces.

Il a fallu s’habituer au retour des claviers « d’avant », à savoir à technologie dite « ciseaux » qui a fait ses preuves en matière de fiabilité.

La frappe est plus profonde, un peu plus molle. J’aimais bien la sécheresse des claviers « papillons », mais s’il m’a fallu deux ou trois jours pour voir revenir l’efficacité de ma frappe, je dois dire que j’apprécie que ce clavier soit plus silencieux que le précédent.

Sur ce point, que du bon, sans oublier que Touch ID (qui permet de déverrouiller son Mac avec l’emprunte d’un doigt) tout comme la touche ESC sont maintenant physiques, et plus intégrés comme avant sur la Touch Bar, et que les 4 touches fléchées forment à nouveau un T inversé.

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Je sais que ces détails comptent pour beaucoup, je m’étais très bien fait à la disposition du 15 pouces.

L’autonomie

J’en viens immédiatement à l’autonomie de la machine puisque je viens de parle de son écran, vous allez comprendre pourquoi.

Il faut savoir que le MacBook Pro 16 pouces est livré avec un chargeur de 96W.

J’avais 6 chargeurs à différents endroits pour mon 15 pouces, sortant 87W, je craignais, au vu de leur prix, de devoir les changer, ayant peur que ces derniers n’arrivent pas à charger la machine pendant mon travail.

Pire, mon écran LG qui donne la même puissance et recharge normalement l’ordinateur avec son câble qui le relie au 16 pouces par la connexion Thunderbolt 3 au format USBC (il y a quatre ports, tout comme dans le 15 pouces) n’allait peut-être pas suffire?

Il n’en est rien: tous ces chargeurs fonctionnent parfaitement avec le 16 pouces.

Certes, je n’ai jamais utilisé FinalCut Pro pendant des heures, mais avec des logiciels qui demandent de la puissance (Camtasia, Lightroom, DXO), l’ordinateur se recharge bel et bien avec ces anciens chargeurs, un poil plus lentement certes, mais vous n’aurez pas tout à remplacer.

L’autonomie du MacBook Pro en configuration de travail bureautique est très bonne.

Vous tiendrez, avec Word, sans trop de problèmes une journée de travail.

Bien évidemment, comme toujours, dès qu’il s’agit de travailler avec la carte graphique, et des logiciels gourmands, les performances fondent, mais dans ce cas, il est rare de ne pas être connecté au secteur.

Les performances? À la hauteur, mais…

Bien sûr, le MacBook Pro 16 est rapide.

Plus rapide que le 15 pouces.

Je n’ai pas de chiffres, désolé, mais un ressenti de 4 mois avec ce 16 pouces, que je peux tout de même comparer aux trois ans passés avec le 15 pouces.

Eh bien au quotidien, dans un travail de bureautique franchement, je ne vois pas énormément de différences.

Je n’ai pas ressenti tout de suite un effet Waow.

Par contre, si je travaille avec des logiciels comme DxO où là, je constate un peu émerveillé que la machine est tellement puissante que l’on peut, par exemple, utiliser la navigation dans l’image à 100 % de manière totalement instantanée.

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Travailler à 100 % et se déplacer sans attendre dans l’image en mode Prime, impensable il y a peu et pourtant, là, c’est possible.

Le processeur (pratiquement le même que celui du tout dernier 15 pouces sorti en 2019) associé à la RAM généreuse et la superbe carte graphique AMD Radeon Pro 5500M avec 8 Go de mémoire GDDR6 fait ici de vraies merveilles et je dois dire que le résultat est assez impressionnant.

Le travail dans Lightroom est aussi particulièrement fluide, notamment dans la navigation dans une bibliothèque de plusieurs milliers d’images.

Lorsque je travaille avec Camtasia, le logiciel dont j’ai parlé ici qui permet de faire des tutoriels, tout va très vite et l’on sent la puissance de la machine lorsqu’il s’agit d’encoder les films.

Donc oui, la carte graphique apporte une puissance incroyable à cette machine.

Mais, parce qu’il y a un mais…

Plus souvent qu’à son tour, le 16 pouces, dans sa configuration de haut niveau et que l’on pourrait croire à l’aise, se met à faire tourner ses ventilateurs et il se trouve qu’ils sont assez gênants.

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C’est certainement vrai, mais ça fait du bruit!

Dans Camtasia, cela peut devenir même pénible, au point que non seulement, il est pratiquement impossible d’enregistrer sa voix off avec le micro interne du Mac, mais on entend en arrière-fond le bruit des ventilateurs même si l’on utilise le micro d’un casque qui en est équipé.

Apple dit avoir amélioré le refroidissement de son portable, c’est peut-être le cas puisqu’il ne devient jamais très chaud, les capteurs me le prouvent via iStat Menus, mais le nouveau flux d’air est bruyant, et ce même parfois dans des situations où l’on travaille sur Word, et que l’on streame simplement de la musique, que ce soit via Audirvana ou Roon.

Je sais bien que j’ai quelques utilitaires qui sont logés dans ma barre de menus, mais je peux les observer via iStat Menus et ils ne semblent pas dévoreurs d’énergie.

C’est un peu comme si Apple voulait être sûr que sa machine ne chauffe pas et que, pour ce faire, elle se montre prévoyante et envoie un flux d’air déjà moyen même quand sa machine ne semble pas souffrir.

Bon, c’est mieux que de brider la puissance des processeurs dès que ça chauffe, comme la marque l’a souvent fait dans des temps pas si lointains, mais vraiment, ça peut déranger.

Un exemple pour terminer sur ce sujet?

Je suis en train d’écrire ces lignes, la charge processeur est faible comme le montre l’image ci-dessous, et pourtant, le Mac ventile. Bon, là, ce n’est pas du tout désagréable parce que les ventilateurs, en ce moment, ne tournent pas très vite, mais il ventile.

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Et puis, là, je passe une image de Lightroom vers DxO, et les ventilateurs se mettent à tourner très bruyamment…

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Cela dit, ils sont efficaces, les bougres, puisqu’ils baissent la température des cœurs très rapidement. Quelques secondes après cette capture d’écran, ils étaient tous redescendus à 50-54 % (alors que sur la capture, certains sont à 84°, ce qui prouve que les 2 logiciels utilisent tous les cœurs.

Notez que ce sont les cœurs du processeur qui chauffent, pas tellement la carte graphique.

Un son impressionnant

Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que je suis un peu difficile à propos du son et qu’il ne me viendrait pas à l’idée d’écouter de la musique sortant d’un ordinateur.

Et pourtant…

On lit d’abord ce qu’explique Apple?

2020-04-27_08-02-55.png D’accord, tout cela est bien joli, mais en vrai, ça donne quoi?

Eh bien c’est qu’il est vraiment bon, le bougre!

Sur ce point, cet ordinateur est tout à fait bluffant.

On ressent, à son écoute, comme une impression de profondeur, de puissance et de douceur tout à la fois.

Un truc que je n’ai jamais ressenti avec un ordinateur.

Oh… ce n’est pas de la Hi-Fi n’est-ce pas, mais quel progrès par rapport à tout ce que j’ai pu entendre sur d’autre portables, c’est assez saisissant.

Et une petite mesquinerie au passage, comme d’habitude

Apple a toujours l’habitude de nous faire regretter sur un point l’achat d’une machine, même fort onéreuse.

Là, c’est l’absence du wi-fi 6, alors que le constructeur l’utilise sur ses iPhone.

C’est regrettable.

Pour le reste, 4 ports Thunderbolt 3 sont de la partie, ce qui est une bonne chose dont personne ne se plaindra. C’est fou comme le monde évolue n’est-ce pas?

Rappelez-vous comment j’ai dû expliquer dans les commentaires et les articles sur Cuk.ch à l’époque à quel point le passage au format USB-C n’était pas une catastrophe, et rappelez-vous aussi à quel point les gens réagissaient avec violence sur ce sujet, parfois!

La bronca est passée, l’USB-C est entré dans les mœurs.

En ce qui me concerne, cela me convient parfaitement.

En conclusion

Après 4 mois d’utilisation au quotidien, le MacBook Pro 16 pouces, très bien équipé avec toutes ses options, est bien évidemment une belle machine qui conviendra aux professionnels de l’image et à tous les utilisateurs de logiciels optimisés pour faire tourner tous les cœurs (8) de ce portable d’exception.

Pour celui qui veut un bel écran, mais qui ne fait que de la bureautique et navigue sur le web, une version plus basique devrait largement suffire.

Quant à moi, dans mon travail professionnel, je me demande parfois pourquoi j’ai changé d’ordinateur, parce que le 15 pouces de 2016 m’allait très bien et parce qu’au bureau… je travaille surtout sur l’écran LG 5K, et que, dans ces conditions précises, je ne vois pas beaucoup de différences.

C’est quand je passe sur le traitement de l’image que je me dis que, tout de même, j’ai dans les mains un bien beau Mac, comme toujours hyper bien construit et fini.

Parce que là, dans ces conditions, ce 16 pouces est vraiment impressionnant, en particulier certainement avec sa carte graphique haut de gamme avec 8 Gb de RAM.