Acheter local, vraiment? Bio, évidemment, mais sinon…

Bien évidemment, je privilégie le local depuis des années et des années, comme beaucoup j’imagine, parce que, même s’ils sont un peu plus chers, les produits régionaux évitent des transports inutiles, rétribuent plus ou moins correctement les agriculteurs, en tout cas bien mieux que les ouvriers marocains le sont en Espagne, pour ne prendre que cet exemple et pour ne pas parler des ouvriers africains exploités et à la limite de l’esclavage en Italie.

L’autre raison qui me faisait préférer le local, c’est que j’avais une certaine confiance dans l’agriculture suisse en ce qui concerne les produits utilisés, qu’ils soient phytosanitaires ou organiques.

Cela dit, cela fait de nombreuses années que Madame K ne jure que par le bio, mais nous ne nous y sommes mis, pour la très grande majorité des produits que nous consommons, que depuis 3 ans.

Depuis cette époque pour ne prendre que cet exemple, et sauf lorsque nous sommes en visites ou qu’on nous offre une bouteille, nous n’achetons plus qu’exclusivement du vin biologique.

À l’école, nous avions une action « Pomme à la récréation » qui proposait à nos enfants une pomme chaque jour pendant trois semaines pour un prix dérisoire.

Jusqu’au jour où nous sommes tombés sur une série d’émissions montrant que les pommes étaient traitées jusqu’à 15 fois avant leur récolte et que l’on retrouvait la trace de ces produits même si on lavait la pomme (mais de ça, on s’en doutait un peu), et même si on la pelait, les produits entrant jusque dans la chair.

Comment? J’organisais une distribution de pommes en pensant faire du bien aux élèves de notre école alors que, quelque part, je leur enfilais des produits dangereux (mais non voyons, c’est toujours dans des proportions qui ne péjorent pas la santé qu’ils disent…)?

Qu’avons-nous fait alors?

Après avoir demandé aux producteurs qui sont partie prenante de cette action s’ils pouvaient nous fournir des produits bios et qu’ils nous ont répondu par la négative, j’ai pris contact avec un fournisseur de la région, bio, qui nous fournit des pommes de qualité depuis trois ans.

Bien sûr, tout cela a un prix: au lieu de trois, notre action ne dure plus que deux semaines, pour la même somme. Nous avons expliqué la chose aux parents qui ont joué le jeu en nous remerciant pour notre nouvelle démarche.

Les pommes ont un succès fou, il est vrai qu’elles sont merveilleusement juteuses, et savoureuses, tout en étant magnifiques.

Qu’ils sont loin les clichés sur le bio qui ne proposerait que des légumes moches et abîmés!

Mais nom d’une pipe, ça n’a pas été simple de trouver un producteur de la région, un producteur vaudois.

Ils n’ont pas vu les mêmes émissions de télévision que nous? Ils n’ont pas lu les mêmes articles de presse?

Cela fait bien quelques mois que je me dis que je vais écrire ici mon ras-le-bol de ce que nous vivons ici, mais je ne voulais pas brusquer les choses.

Pas plus tard que vendredi, j’ai discuté avec deux amis paysans concernés par la chose, qui se posent beaucoup de questions et qui viendront sûrement tôt ou tard au bio.

Je sais bien que passer au bio fait peur, que c’est une réelle révolution pour l’agriculture, que les écoles d’agriculture, et c’est tellement lamentable, ne l’enseignent que très peu.

Mais enfin, dans le village d’à côté de celui où je vis, il y a un paysan qui fait du bio depuis trente ans et qui a été la risée de tous ses collègues. Même actuellement, de nos jours, il est tenu à l’écart des autres.

Depuis trente ans, il produit du bio et le vend dans des marchés, ou directement à la ferme.

Alors pourquoi lui ça marche, depuis trente ans, et que cela ne fonctionnerait pas chez les autres?

Je me pose la question depuis plusieurs mois de savoir pourquoi nos laiteries vaudoises ne vendent, pour la plupart, aucun fromage bio, ni de leur production, ni en provenance d’autres cantons ou d’autres pays puisque des fromages suisses et français y sont proposés.

Tout cela alors que des fromages bios suisses ou français peuvent être achetés à la Coop ou à La Migros sans problème.

Certes, ces deux grandes surfaces (et plusieurs autres, comme Aldi) vendent le bio en augmentant encore leurs marges, comme cela a été prouvé dans plusieurs enquêtes, mais au moins, au moins, elles font d’énormes efforts pour le promouvoir, et il se trouve que cela fonctionne plutôt bien, les Suisses en demandant toujours plus.

Alors pourquoi certaines petites épiceries de campagne, alors que ce serait pour elles un créneau, une sorte de niche, continuent-elles à acheter leurs légumes à l’étranger ou en local, mais issus de l’agriculture traditionnelle?

Pourquoi nos laiteries sont-elles comme allergiques au bio?

Je voulais faire un article en donnant la parole aux uns et aux autres, mais ce dimanche, ça a été la goutte d’eau (polluée?) qui a fait déborder le vase et qui me fait réagir bien plus vite que prévu.

Cette goutte, c’est donc cet article du Matin Dimanche qui nous explique que la Suisse va mettre deux ans pour supprimer 13 produits phytosanitaires que Bruxelles interdit désormais.

Lisez plutôt…

 

IMG_0071.jpeg
Le Matin Dimanche du 16 juin 2019

On trouve toutes les raisons de jouer la montre, comme on peut le lire plus haut, les services se renvoyant la balle.

Deux ans de perdus, en admettant que ces produits soient interdits un jour, ce qui n’est même pas sûr.

Le lobby paysan dans nos instances dirigeantes est encore tellement fort, qu’il faudra du temps pour que les choses bougent.

Et ce qu’il y a d’étrange, c’est que c’est une bataille perdue…

25 % du vignoble neuchâtelois est bio, et le pourcentage augmente régulièrement, il n’y a pas d’alternatives, tant pour notre santé que celle de nos terres et pour la biodiversité.

Lorsque je regarde les informations françaises, je me dis que le bio fait un sacré bout de chemin dans ce pays, qu’il n’y a pas un jour où on n’en parle pas sur une chaîne.

Et nous alors, on fait quoi? Je constate qu’autour de moi, on traite toujours.

En ce qui concerne mes achats, de mon côté, c’est clair, si dans un magasin j’ai le choix entre:

  • du bio local et bio étranger, j’achète le bio local;
  • du bio étranger et du traditionnel local, j’achète le bio étranger, malgré l’impact CO2 négatif, et même si ce n’est pas tout simple, qu’il y a des arguments pour et des arguments contres et que je n’ai malheureusement pas le temps de développer ici, on verra si on le fait en commentaires;

Sur ce dernier point, j’hésitais un peu jusqu’à il y a peu, mais j’avais finalement déjà choisi mon camp.

Ce qui est tout nouveau pour moi, et suite à cet article, c’est que je suis en train de me rendre compte que lorsque je n’aurai le choix qu’entre le traditionnel suisse et le traditionnel étranger, en tout cas pendant deux ans et parce que pendant ce laps de temps, je me sens mieux protégé par l’Europe que par la Suisse, je vais acheter des légumes et des fromages européens, et sachez que ça me fait mal, parce que j’aimerais plus que tout soutenir notre agriculture.

Qu’elle fasse le nécessaire et j’y reviendrai.

Qu’elle le fasse vite.

Maintenant.

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AntSto
AntSto
il y a 5 années

Bonjour François,Je me permets de donner 2-3 précisions, comme c’est en marge de mon domaine de compétence (ingénieur en environnement).Tout d’abord en Suisse, contrairement à certains pays européens, il est impossible de faire passer une seule culture en “bio”. L’agriculteur doit mettre toute son exploitation en “bio”. Ce point est non négligeable, notamment du point de vue financier, que je développe plus bas.Attention avec les labels “bio” étrangers. La plupart d’entre eux, notamment les français (ce n’est aucunement une attaque, mais un fait) correspondent en grande partie à ce que nous appelons en Suisse l’agriculture “IP-Suisse” (la petite coccinelle), qui pour faire simple et le minimum pour obtenir les subventions agricoles (prestations de services).Pour finir, lors de la conversion en “bio”, l’agriculteur doit du jour au lendemain convertir toute son exploitation. Cependant, avant d’obtenir le label “bio”, et donc les rémunérations correspondantes, il doit attendre 2 ans. Donc durant cette période, il a les rendements du “bio”, mais on lui achète ses produits en “non bio”. Cette conséquence nécessite donc que l’agriculteur possèdent une bonne assise financière pour “supporter” ces 2 ans.[EDIT]: juste une précision concernant la problématique des fromages bio. Ici c’est la filière du lait qui pose problème… il y a 3 protagonistes à part égale qui fixe les prix/objectifs: les distributeurs, les transformateurs et les producteurs. Or les distributeurs et les transformateurs sont les mêmes, ce qui déséquilibre le débat. De plus, sauf erreur, un producteur ne peut pas vendre une partie seulement de son lait à la coopérative, mais tout ou rien. Donc l’agriculteur se retrouve avec le dilemme de soit tout vendre soit faire « beaucoup » de fromage avec le risque de ne pas tout écouler!

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

Bonjour AntSto,Merci pour ces renseignements.IP Suisse m’a été expliqué à l’époque: cela n’empêche pas les traitements ou les engrais chimiques, le glyphosate est autorisé par exemple.Lisez cet article s’il vous plaît.Avec entre autres cet extrait:<br />L’agriculture conventionnelle tue la vie<br />«Notre agriculture conventionnelle de proximité est devenue avec les années très gourmande en engrais et pesticides de synthèse», rappelle Lucien Willemin, ancien promoteur immobilier devenu ambassadeur de la culture bio. Dans son ouvrage Tu parles Charles! Manger local, c’est loin d’être idéal, il explique que «plus de 2100 tonnes de pesticides classés en quelque 350 substances actives autorisées sont répandues chaque année en Suisse. Entre?2000 et?2014, les ventes de pesticides en Suisse ont grimpé de 35% (selon les chiffres de l’Office fédéral de l’agriculture, ndlr). Ces produits se retrouvent dans l’air que nous respirons, dans les cours d’eau, les sols et dans notre alimentation au quotidien.»  <br />Ou encore, et plus particulièrement pour ce qui nous intéresse dans votre commentaire:<br />L’agriculture conventionnelle participerait, selon l’auteur, à la perte d’insectes, de fleurs, d’oiseaux, mais aussi à l’empoisonnement de la faune et de la flore aquatiques. «Le public doit savoir que le label IP-Suisse utilise aussi des pesticides de synthèse comme le glyphosate.» Il recommande ainsi de consommer du bio étranger plutôt que des produits locaux non bio qui «participent à l’empoisonnement du vivant».<br />Il m’étonnerait que le bio français (donc le bio européen) permette tout cela d’après ce que j’ai lu ces derniers temps.

AntSto
AntSto
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Le bio français a tellement d’exception pour utiliser des produits phytosanitaires que oui… il utilise énormément de pesticides et d’herbicides!Donc les labels bio français ne peuvent en aucun cas être comparés au bio suisse.Selon l’institut technique de l’agriculture biologique, un pesticide sur 5 est homologué pour une utilisation « bio » en France, donc sans restriction!!! Rien à voir avec le bio suisse qui interdit tout intrant de synthèse (sauf cas particuliers)!https://www.europe1.fr/emissions/Le-vrai-faux-de-l-info2/il-

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

OK. Nous, on essaie toujours de prendre le bourgeon.Cela dit, ça n’enlève rien à la problématique du jour, à savoir que l’Europe interdit 13 produits que la Suisse va commencer à regarder pour voir s’ils ne seraient pas éventuellement un tout petit peu dangereux pour la santé.

AntSto
AntSto
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Alors sur ce point, je suis 100% d’accord!Mes postes précédents étaient juste pour mettre le contexte et les difficultés d’une conversion en Suisse! Tout en étant également 100% d’accord que c’est possible… mais pas forcément aussi simple que l’on pense ?

Soheil
Soheil
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Si j’étais doué pour la politique, je lancerais une initiative proposant de prendre la subvention qu’on donne aux producteurs de lait pour la verser aux agriculteurs qui commencent leur transition vers le bio, et le tour serait joué. Mais je ne crois pas que je récolterais assez de signatures.À part ça, un cultivateur me parlait dernièrement de ce qu’il appelait l’agriculture intégrée, un compromis entre le bio et le conventionnel, qui autoriserait quelques interventions chimiques, mais le moins possible, privilégiant les synergies entre les différentes cultures. D’après lui les fruits et légumes qu’il obtiendrait ainsi seraient moins pollués que ceux qui reçoivent le label bio en France. Je ne sais pas trop qu’en penser.

AntSto
AntSto
En réponse à  Soheil
il y a 5 années

C’est juste… comme mentionné plus haut, le bio français a le droit d’utiliser une quantité énorme de produits phytosanitaires sans restrictions!Il faudrait vérifier, mais je pense que les produits de l’agriculture intégrée suisse (IP-Suisse, la petite coccinelle) pourraient presque être labellisés « bio français », selon le cahier des charges! Je crois qu’au niveau des intrants, ce qui nous intéresse ici, on est même meilleur…Après, il est vrai que l’Europe a décidé d’interdire certains produits dangereux et que l’OFAG ni voit pour l’instant aucun problème !?!

Wrontien
Wrontien
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

“`
Donc durant cette période, il a les rendements du “bio”
“`

La question du rendement me semble très importante dans le débat sur le bio. Quelqu’un a-t-il une source avec des chiffres fiables sur les différences typiques de rendement entre une culture bio et une culture non-bio?
Les partisans du bio aimeraient que tout le monde n’achète que bio. Mais s’il faut 20% de surface en plus pour produire la même quantité qu’en non-bio, cela signifie une perte très significative de terre pour la faune et la flore sauvage!
Par ailleurs, j’imagine que les OGM peuvent aussi grandement contribuer à de bons rendements tout en évitant les problèmes liés à des parasites qui peuvent faire des ravages. Se priver de telles innovations technologiques ne me semble pas forcément être la meilleure solution pour la planète dans sa globalité.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Quand on sera tous au bio, on aura peut-être aussi changé de mentalité et on ne jettera plus un pourcentage incroyable de bouffe dans les supermarchés. Ce culte du rendement à tout va nous amène à ce genre de pratique qui n’a pas de sens.

Cela dit, vous dites vous-même que vous n’avez pas les sources pour parler du rendement entre bio et pas bio.

Vous ne pouvez donc pas dire comme ça que le bio exigerait 20% de plus de surface cultivable…

Et même, si tel était le cas, la nature sauvage qui borde les champs, à plusieurs centaines de mètres de profondeur, ne s’en porterait que mieux.

Actuellement, c’est toute la nature, sauvage et cultivée, qui souffre des pesticides.

Wrontien
Wrontien
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Je ne pense pas qu’il y ait de lien entre manger bio et le gaspillage alimentaire. On peut très bien ne pas adhérer au 100% bio et être tout à fait contre le gaspillage alimentaire.

`Vous ne pouvez donc pas dire comme ça que le bio exigerait 20% de plus de surface cultivable…` 
Je n’ai pas dit qu’il consommait 20% de surface en plus car il y a un “si” dans ma phrase. J’ai écrit 20% dans mon hypothèse car un pourcentage de cet ordre me semble plausible.

Tout ce que je dis est qu’il est important de prendre en compte les rendements du bio par rapport à une culture qui fait un usage raisonné d’engrais et de pesticides, car la surface requise pour nourrir toute la population est une donnée cruciale souvent oubliée. La question est: Est-il réalisable de convertir l’entier de la production agricole mondiale en bio au vu des rendements ?

`si tel était le cas, la nature sauvage qui borde les champs, à plusieurs centaines de mètres de profondeur, ne s’en porterait que mieux`
Et X% de surface naturelle supplémentaire mise en exploitation agricole s’en porte plus mal.

Remarque: Je fais pousser des haricots chaque année dans mon potager et je me refuse à utiliser des granulés anti-limaces pour le bien-être des autres animaux. (Je peux me le permettre car je ne dépend pas de la production de mon potager pour pouvoir me nourrir!) Résultat: je perds typiquement entre 80% et 90% de mes semis car les limaces raffolent des premières feuilles des haricots, ne laissant que la tige. Une protection physique n’y fait rien car les coupables sont minuscules et arrivent par dessous la terre. Mes arbres, que je ne traite pas, sont attaqués par de nombreuses maladies (cloque du pêcher, champignon attaquant les feuilles des poiriers et des abricotiers, etc).  Tout cela contribue à me faire douter des rendements.

AntSto
AntSto
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Plusieurs remarques…

Concernant vos haricots, il vous suffit de mettre en place des habitats annexes pour les hérissons et vous n’aurez plus de problème avec les limaces. Si vous êtes en ville, voilà le problème… on a plus de hérissons qui régulent les populations de limaces!

Concernant le rendement du bio, alors là c’est compliqué!!! Certains agriculteurs arrivent sans problème à avoir des rendements équivalents, avec l’expérience et de la volonté. Le problème, et c’est le cas de mon voisin, il a basculé en “bio” sans conviction, pour suivre le marché. Donc il travaille ses sols et ses cultures de manières sub-optimales (pas l’expérience et pas l’envie de faire plus)… donc oui, il a de moins bon rendement! Le “bio” c’est du boulot!!!

Oui il y a un lien entre manger bio et le gaspillage alimentaire, car le consommateur, et donc le distributeur (je ne trouve plus l’étude, désolé), acceptent plus de défaut sur les fruits et légumes. Ces derniers sont moins calibrés, et donc moins de gaspillage.

Concernant les OGM, sujet polémique… aucune étude indépendante n’a réussi à démontrer une augmentation de rendement à LONG TERME. Si vous prenez le cas du riz OGM massivement utilisé en Inde, toutes les cultures voient leur rendement s’écrouler après quelques années. Le problème maintenant et que les variétés de riz traditionnel n’existent plus et les agriculteurs sont coincés… Et je ne parle pas de l’aspect éthique de ces semences, qui s’apparente à une privatisation du vivant et une manière de maintenir captif les agriculteurs (obligation de racheter des semences chaque année).

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

Merci pour ces réponses.

Justement, dans le film « Demain » et dans pas mal de reportages que j’ai vus, le bio n’est pas du tout moins productif que le conventionnel. Il demande plus de travail, certes, mais cela semble bien fonctionner.
Et l’exemple des hérissons qui bouffent les limaces est excellent.
Dans demain toujours, plusieurs agriculteurs expliquent comment ils travaillent pour protéger des plantes par d’autres plantes par exemple aussi.

Wrontien
Wrontien
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

“`
Ces derniers sont moins calibrés, et donc moins de gaspillage.

“`

Je suis bien d’accord que c’est là un aspect collatéral positif du bio et c’est super. Le problème du gaspillage alimentaire doit à mon sens aussi et surtout être abordé d’un autre angle du vue que le bio, car un large consensus peut s’établir autour de campagnes contre le gaspillage, contrairement à des campagnes pour le bio.

Concernant mes haricots et les hérissons, le tas de bois que j’ai à côté de mon potager ne suffit pas à résoudre le problème. Difficile de compter sur quelque chose d’aussi aléatoire que la venue d’un hérisson quand on dépend de la production…

Je pense (malgré l’affirmation ci-dessus “le bio n’est pas du tout moins productif que le conventionnel”) que le bio va rester une production minoritaire au niveau mondial [celui qui compte le plus pour la planète] pour des questions de rendement. Dommage que TTE ne suit plus cuk, il aurait pu éclairer cette discussion sur les rendements car c’était un spécialiste pour chercher des données quantifiées fiables. Un aspect du bio qui me dérange est l’interdiction totale de tout produit chimique (cela ne concerne apparemment que le bio suisse et non l’européen), cet aspect intégriste le contraignant justement à rester minoritaire.

Concernant les OGM, je crois qu’ils sont utilisés depuis longtemps aux USA pour la production de maïs. Je serais surpris que leur rendement à long terme ne soient pas meilleurs que celui des variétés traditionnelles. Il n’y a non plus pas que les rendements, il y aussi les résistances spéciales de ces plantes contre les parasites (ce qui évite des traitements). Concernant l’obligation de racheter des semences chaque année, je suis d’accord que ce n’est pas normal mais l’Etat pourrait légiférer sur ce sujet pour éviter ce genre d’abus (si les OGM étaient autorisés!).

AntSto
AntSto
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Bon, visiblement on va pas être d’accord, mais rapidement 2 points:

Un hérisson adulte mange facilement 12/18 limaces par nuit. Concernant le caractère aléatoire, on utilise bien les abeilles pour fertiliser nos plants, donc je pense qu’on peut essayer d’aller à l’encontre d’une production dite intégrée, mais jusqu’à preuve du contraire, il ne me semble pas que ça marche! D’ailleurs on sait dit que les haies et buissons sait nuls, donc on les arrache… résultat: augmentation des campagnols dans nos cultures et on plante des piquets pour ravoir des perchoirs à rapaces… quelle grande idée!

Concernant les OGM, je pense (désolé de mon avis tranché), mais vous avez des lacunes sur leur mode de fonctionnement! La majorité des graines sont résistante à un produit phytosanitaire, pas à un parasite… ils ne sont pas fou les Bayer et Mansanto, s’ils peuvent vendre les graines ET le produit qui va avec… Banco! Par exemple, les semences sont résistantes au Glyphosate, donc on peut sprayer le désherbant sans problème… l’agriculture américaine comme exemple, pour montrer que les OGM peuvent fonctionner c’est une première pour moi, donc bon… si vous voulez! Mais c’est sans moi…

Wrontien
Wrontien
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

Ce n’est pas grave si on a des avis différents sur certains points: c’est tout l’intérêt d’un débat, le but étant d’entendre les arguments des autres.

Je préfèrerais en fait restreindre le débat au bio (plutôt que les OGM), mais je réagis tout de même à votre remarque “vous avez des lacunes sur leur mode de fonctionnement! La majorité des graines sont résistante à un produit phytosanitaire, pas à un parasite”. L’article https://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/07/fortuna-la-
pomme-de-terre-ogm-contre-le-mildiou_1599909_3244.html parle par exemple d’une pomme de terre OGM résistante contre le mildiou, responsable notamment d’une fameuse famine en Irlande responsable d’environ 1 million de morts (source wikipedia). Les dégâts auraient été moindres avec des politiques moins stupides, mais avoir des plantes “naturellement” résistantes est tout de même intéressant.

Pour les haies, tout à fait d’accord avec vous.

`l’agriculture américaine comme exemple, pour montrer que les OGM peuvent fonctionner c’est une première pour moi, donc bon… si vous voulez! Mais c’est sans moi…`
C’était juste un exemple pour dire que les OGM semblent fonctionner sans chute de rendement. Je ne dis pas du tout qu’il faut copier le mode de culture intensif et extensif américain. A bas les monocultures!

AntSto
AntSto
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Et même aux USA ça n’a pas l’air si génial que ça… une rapide recherche Google donne cela:

https://m.actu-environnement.com/actualites/ogm-etats-unis-bilan-mais-soja-coton-20955.html

Wrontien
Wrontien
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

Merci pour ce lien intéressant (qui mentionne notamment les résistances de ces plantes contre des insectes parasites).
La question des résistances qui commencent à apparaître suite à un usage non raisonnable (cf article) rappelle fortement celles des bactéries résistantes aux antibiotiques… Ce n’est pas parce que certains ont font un usage non raisonné que l’innovation en question est mauvaise en soi.

Wrontien
Wrontien
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Voici un lien vers un autre rapport, plus récent, de l’académie des sciences américaines:

Un nouveau rapport de l’Académie des Sciences américaines sur les …https://www.france-science.org/Un-nouveau-rapport-de-l-Academie.html

Il ne fait fait nulle part mention de rendement qui diminueraient avec le temps (alors que ceci serait mentionné si c’était vraiment le cas). Avez-vous une référence fiable pour votre affirmation de la chute des rendements des cultures OGM de riz sur le long terme?

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Avez-vous vu le film « Demain »?

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Et j’ajouterai que les traitements raisonnés, on m’en a parlé. En gros, on traite quand il faut, mais on traite, et souvent beaucoup.
Le coup des 15 traitements sur les pommes, c’est aussi de l’agriculture raisonnée qu’ils disent, c’est en Suisse, partout, et dans mon canton, près de chez moi.

Soheil
Soheil
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

J’ai vu le film Demain, j’ai lu deux ou trois choses sur la permaculture et sur Masanobu Fukuoka (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Masanobu_Fukuoka) et je me sens ignorant. Je repense inévitablement à toutes ces heures perdues sur les bancs de l’école à apprendre une quantité de choses inutiles et oubliées depuis — le production industrielle d’un pays, son PIB —, quel gâchis!

Wrontien
Wrontien
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Non, je ne l’ai pas vu.

Wrontien
Wrontien
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

“`
Vous ne pouvez donc pas dire comme ça que le bio exigerait 20% de plus de surface cultivable…
“`

Les deux premiers liens qui ressortent d’une recherche sur Google avec les mots clés “comparaison rendement bio conventionnel”,

https://www.pleinchamp.com/actualites-generales/actualites/le-bio-la-rentabilite-comparee-de-l-agriculture-bio-et-conventionnelle-fait-l-objet-de-rapports-contrastes-2-2

montrent que mon ordre de grandeur de 20% est en fait assez proche de la réalité, en ce qui concerne une moyenne sur toutes les cultures.

Le premier lien est particulièrement intéressant avec une section qui traite justement de la question: L’agriculture biologique peut-elle nourrir le monde ? On y lit par exemple
“`
De fait les rendements en agriculture biologique sont plus faibles qu’en agriculture dite conventionnelle, et surtout industrielle. La différence atteint un sommet pour les céréales dans un pays à haut rendement comme la France : en blé, facilement 60 % de moins. Au niveau mondial, des études se multiplient et font ressortir un écart qui est globalement de l’ordre de 20 %.

“`

La conclusion de cette section dit ensuite exactement ce que j’ai écrit dans un autre commentaire sur le problème d’une vision tout bio avec zéro recours à des produits chimiques:
“`Une réponse supplémentaire serait dans une pratique un peu décalée des principes du bio : usage de certains traitements dans des cas exceptionnels, etc. Ce ne serait pas acceptable dans un pays comme la France, pour des raisons de confiance, comme l’a montré l’échec du label Agriculture raisonnée [note perso de wrontien: les Français ne peuvent-ils pas être convaincus par des arguments logiques?]. Mais pour nourrir le monde en évitant les dégâts collatéraux, une bio « allégée », qui n’est sans doute autre que l’agroécologie, est probablement la plus indiquée.
“`

Personnellement, je n’adhère pas aux arguments du tout bio (ni celui d’acheter du bio étranger plutôt que du conventionnel local) car il est bien préférable pour le bien-être de la planète de ne pas s’interdire d’utiliser, de manière raisonnable, les possibilités offertes par la science.
Concernant les risques de sécurité alimentaire, le deuxième commentaire sous cet article est édifiant (je sais bien entendu que tout commentaire sur internet est à prendre avec des pincettes):
“`
@dom49 pour 80% du nord de la loire la production est effectivement cataclysmique 2 collegues ont 0 pommes pas une , en raisin c’est catastrophique peu de secteur ont reussit a se preserver du mildiou , chez moi 0 fevroles 0 lentilles 6 qx en seigle , 20 en maïs , chez des collegues le blé de 500kg /ha ( oui j ai un collegue qui a recolté sa 1ere parcelle de beaux epis mais rien dedans ) moyenne entre 5 et 15qx, en proteagnieux les moyennes sont catastrophiques a tel point qu’il n y a quaisment pas de semences, , donc montrons un tableau realiste tu l ignores sans doute dans le 49 tant mieux pour toi , mais pour le nord loire si tous les paysans etaient bio on serait en famine
“`

C’est très bien qu’il y ait des tentatives de faire des choses en bio, de trouver de nouvelles solutions, etc. Mais ça m’énerve d’entendre des arguments faux du genre “il n’y a pas trop de différence de rendement” alors qu’il suffit de planter des choses dans un potager et de faire un verger pour se rendre compte de difficultés majeures. Ca m’énerve aussi d’entendre fréquemment des personnes militer pour dire que le tout bio va sauver la planète, en insistant sur l’interdiction de tout produit chimique, alors que le tout bio n’est pas une solution viable globalement et contribue à mon avis à augmenter ou à maintenir l’emprise de l’agriculture sur les sols. Le combat principal doit en fait se situer ailleurs: lutte contre le gaspillage, la surconsommation de viandes, de plastiques et d’autres produits en tout genre, etc.

AntSto
AntSto
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

J’ai oublié un point primordial concernant les surfaces… une énorme partie des surfaces cultivées ne nous nourrissent pas, mais sert à produire de la viande… donc moins de viande dans nos assiettes, plus de surfaces pour des légumes sans augmenter les surfaces cultivées!

Afin que l’on ne me fasse pas un procès de « vegan », j’aime la viande… 2-3 fois par semaine, ce qui est amplement assez!!! Pas besoin d’en avoir à tous les repas!

Au final, le fait de dire que si on passe au bio sur la planète, il faudra plus de surfaces, c’est avec l’hypothèse que l’on ne change rien d’autre… c’est stupide comme calcul!

Wrontien
Wrontien
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

D’accord avec vous pour dire qu’une consommation de viande de 2-3 fois par semaine est parfaitement suffisante. (J’essaie personnellement d’en limiter ma consommation.)

`Au final, le fait de dire que si on passe au bio sur la planète, il faudra plus de surfaces, c’est avec l’hypothèse que l’on ne change rien d’autre… c’est stupide comme calcul!`
Non, car ce que l’on change par ailleurs n’a rien à voir avec le bio, c’est juste d’autres choses (comme limiter la consommation de viande, éviter le gaspillage alimentaire, les plastiques, acheter de préférence de seconde main, du local, etc…) Passer tout au bio augmentera forcément l’emprise des surfaces cultivées par rapport à une solution non bio intégral. Si des terres sont libérées car l’élevage diminue suite à une prise de conscience de son impact environnemental  le choix est soit de les attribuer à de l’agriculture soit des les laisser retourner à l’état sauvage. Laquelle de ces deux options est préférable?

Ritchie
Ritchie
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Pour info, sur la planète, 1/9 seulement (oui, z’avez bien lu 1 sur 9) de la production de nourriture est consommé (y a une conf. TED à ce sujet).

Le reste est perdu !  Entre les pertes à la source, dans les différents transports, dans les différents points de stockage, au super-marché, et finalement à la maison.

C’est dingue !  Finalement, on produit assez pour nourrir tout le monde et encore plus !

Caplan
il y a 5 années

“Notre action ne dure plus que deux semaines, pour le même somme.”

Et pour LA même somme, vous payez en roupilles?

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Caplan
il y a 5 années

Corrigé, merci!

Ritchie
Ritchie
il y a 5 années

Salut François,

Alors, 1ère chose qui me perturbe un peu :

On dit “agriculture traditionnelle” quand on parle d’agriculture chimique (pesticides et herbicides chimiques etc), en fait c’est une grosse erreur.  L’agriculture chimique a commencé avec la 2ème guerre mondiale, avant tout était bio depuis des millénaires.

Donc l’agriculture bio devrait s’appeler “traditionnelle” et l’autre “chimique”.  1)  on corrigerait finalement une conception fausse, et 2) ça replacerait l’agriculture chimique à sa place …

2ème petite chose :

Les produits laitiers !  En fait, nous en avons pas besoin du tout, ce n’est qu’une gimmick commerciale.  Comme tout mammifère dès que nous sommes sevrés, nous en avons plus besoin du tout.  Quel mammifère adulte (à part l’humain) consomme un produit laitier d’un autre mammifère ?  Aucun.

Je ne dis que ce n’est pas bon au goût, mon médecin m’a, un jour, rétorqué “Dieu est auvergnat !” à cause du St-Nectaire…

Mais du point de vue alimentaire, c’est totalement inutile.  On trouve bcp plus de nutriments dans les noix, les légumes et les fruits !

Les produits laitiers sont bourrés de mauvais gras.  La preuve, après 1 an d’arrêt, mon cholestérol, qui était déjà pas haut, a chuté à la limite basse, divisé par 2 !!  CQFD

Et si on ajoute que le bétail contribue largement aux gaz à effet de serre, et pire avec le méthane, bcp plus dangereux que le CO2 (25x plus), et bien ce serait bien pour la planète d’arrêter les produits laitiers.

D’accord avec toi pour acheter Bio-local, puis Bio-étranger.

Sinon, ce qui repousse le plus les industriels, c’est que dès qu’il faut changer qqch, ça remet en cause l’appareil industriel dans lequel ils ont bcp investi et ils ne sont souvent pas prêt pour faire ce changement coûteux, d’où lobbies etc etc.

En Suisse, vous avez la chance de pouvoir lancer une votation et peut-être pouvoir faire changer les choses plus rapidement qu’ailleurs.

Sinon, de mon côté, j’ai un coin de jardin dans un jardin communautaire, 100% bio, et qu’est-ce que ça produit bien, j’vois pas pourquoi j’irais le polluer avec des produits chimiques …

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Ritchie
il y a 5 années

Pour la première chose que tu évoques, tout à fait d’accord avec toi!

Pour la seconde, c’est une autre discussion,  tout aussi intéressante.

Notre famille diminue drastiquement la consommation de viande, j’ai arrêté plein de trucs mauvais pour la santé, alors si on m’enlève le fromage, le serac, le blanc battu, je n’ai plus de raison de vivre!?

J’ai goûté et adoré les fromages de Soheil et j’en ai même parlé ici.

C’est une bonne solution certes, mais ils ne remplacent pas les yoghourts et ne couvrent pas tout le pannel immense des goûts des fromages que l’on trouve en Europe, en particulier en Italie, en France ou en Suisse.

DomPython
En réponse à  Ritchie
il y a 5 années

Effectivement, parler d’agriculture traditionnelle est abusif. D’où probablement qu’on lit parfois agriculture conventionnelle. J’aime bien ta proposition (agriculture chimique), quoiqu’elle pose un autre problème: je ne suis pas certain que les agriculteurs et agricultrices, qui vivent leur métier comme étant un métier de traditions, soient prêts à l’accepter. Même si ça correspond à une réalité, c’est un peu frontal, non?

J’aime bien aussi ton rappel que nous sommes le seul mammifère à consommer, adulte, le lait d’un autre mammifère. Mais, comme François (et d’autres), j’ai de la difficulté à envisager de renoncer aux fromages. C’est pourquoi j’imagine volontiers devenir progressivement végétarien, mais le chemin est encore long qui pourrait m’amener au végétalisme. Mais ça me préoccupe!

Soheil
Soheil
En réponse à  Ritchie
il y a 5 années

Tout à fait d’accord avec toi Ritchie sur l’emploi du mot traditionnel: l’humanité a mangé bio pendant des millénaires, l’agriculture bio est donc la seule a pouvoir se prétendre traditionnelle. L’autre agriculture, qu’on l’appelle chimique ou (comme dit Dom Python) conventionnelle, elle obéit à des critères économiques qui sont malheureusement les seuls que comprennent ceux qui gouvernent le monde. Les seules lois auxquelles ils se soumettent sont les lois du marché, et maintenant que le monde va mal, c’est un nouveau marché qui s’ouvre pour le sauver.

Quant aux propos sur le lait, je ne peux qu’approuver. J’ajouterai François que je comprends très bien qu’on ait du mal à se détacher d’un plaisir comme le goût du fromage qui remonte à l’enfance, mais va expliquer ça au jeune veau qu’on arrache à sa mère pour le conduire à l’abattoir et prendre le lait qui lui était destiné… 

DomPython
En réponse à  Soheil
il y a 5 années

Soheil, j’adore cette phrase:
“… des critères économiques qui sont malheureusement les seuls que comprennent ceux qui gouvernent le monde. Les seules lois auxquelles ils se soumettent sont les lois du marché, et maintenant que le monde va mal, c’est un nouveau marché qui s’ouvre pour le sauver.”
Très bien formulé. 
Désespérant, mais très bien formulé.

Wrontien
Wrontien
En réponse à  Ritchie
il y a 5 années

J’ai vécu récemment un mois dans une famille vegan qui évitait naturellement tous les produits laitiers. Le jour où je les ai vu utiliser un succédané de crème chantilly sans produit laitier mais avec huile de palme et une ribambelle d’ingrédients plus ou moins douteux, le tout produit à l’étranger sous forme d’une bonbonne sous pression, ça m’a fait mal à mon sens logique.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

Je comprends et pourtant, vegan ne signifie aucunement bio. Ils veulent juste éviter tous les produits animaux.

Cela a été relevé dans plusieurs discussions que j’ai eues: un vegan peut très bien prendre l’avion tous les week-ends ou manger des produits issus de l’agriculture conventionnelle, se chauffer au mazout.

Il y a des vegans écolos (la plupart j’imagine) et d’autres qui ne le sont pas.

Mirou
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Le gros problème, et qui revient souvent, c’est une injonction permanente à la « cohérence », or cette injonction est bloquante. Par exemple: pour être cohérent, je devrais abandonner ma voiture, manger végétalien, m’interdire le plastique, etc. (Et oui, on le devrait) Mais une posture totale est limite intenable, et surtout difficilement atteignable d’un coup!
Si on mange pas de viande, et on garde sa voiture. C’est pas idéal, mais c’est déjà ça. 
C’est pour ça que beaucoup d’écologistes insistent que l’action individuelle est nécessaire, mais que l’action politique est indispensable: un.e individu.e. n’y arrive pas, dans notre société à être cohérent. Elle.il a besoin que le niveau sociétal l’aide (plus de transport en commun) et impose (interdiction du plastique). 
Pareil pour vos amis vegan: elle.il.s n’exploitent pas les animaux. C’est déjà ça. Mais de temps en temps, peut être pour faire passer la pilule à leurs invités ou leurs enfants, ou peur tester et rigoler, elle.il.s s’offrent une chantilly pleine de cheni. Ce n’est pas idéal. Ce n’est pas cohérent, mais c’est déjà ça. 

Noisequik
En réponse à  Mirou
il y a 5 années

Comme on dit : “le mieux est l’ennemi du bien”.
Les produits qui remplacent les matières animales sont ultra-transformés et donc pas conseillés.

Les abricots du sud de la France sont aussi bons et les bio d’Italie pas mal du tout

Mirou
En réponse à  Noisequik
il y a 5 années

On peut dire aussi que les produits animaux ne sont pas conseillés toujours: le fromage c’est bon, mais faut pas abuser non plus. Alors est-ce pire de manger une fois une chantilly remplie d’adjuvants, ou un morceau de fromage 100% cholestérol ? En terme de santé comme d’écologie: on peut pas tout faire. 

Noisequik
En réponse à  Mirou
il y a 5 années

Ah moi je dis vive le sérac, serré, fromage blanc, oeufs etc, le tout local et bio.

Cholestérol, je le vois plutôt comme un argument commercial de l’industrie alimentaire ou pharma que d’un réel danger.

Après, c’est sûr qu’il faut éviter de trop manger de viande rouge ou de fromage gras industriel

Soheil
Soheil
En réponse à  Noisequik
il y a 5 années

On découvre en effet  de plus en plus que l’argument du cholestérol a été (est toujours) une énorme machine à sous. Après, chacun(e) doit suivre son propre chemin. Il est parfois long et sinueux.

J’ai moi-même été végétarien pendant 40 ans avant de me rendre compte que ma consommation des produits laitiers n’était pas cohérente avec mon refus de nuire aux animaux. Il est vrai qu’à l’époque on était beaucoup moins informé qu’aujourd’hui, et que je croyais encore au discours des médecins sur le calcium. Si d’autres suivent le même chemin que moi quarante ans plus tard, je suis mal placé pour leur reprocher leur manque de cohérence. Comme dit Mirou, l’incohérence est un moindre mal. C’est déjà pas mal.

Cela dit, l’incohérence commence dans les commerces qui vendent des aliments «sains» mais non-bio.

Ritchie
Ritchie
En réponse à  Soheil
il y a 5 années

De toute façon, le corps humain ne sait pas utiliser plus de 250g de viande rouge par semaine, le reste est perdu en graisse ou éliminer.  Donc, voilà un steak seulement par semaine !

Prenez aussi tout ce qui est noix (toute la famille des noix, noisettes, cahouètes, etc), et bien c’est riche de produits pour la santé et bcp de magnésium (et plus de calcium que le lait).  La prochaine fois que votre médecin vous prescrit des comprimés de magnésium pour votre petite vibration au dessus de l’oeil, allez vous acheter des noix d’Amazonie.  2 x 100g dans la semaine et hop terminé, plus de vibration, et avec une bonne bière… top !   Les comprimés de magnésium sont mal absorbés par le système et plus de la moitié est perdu, contrairement au magnésium des noix !

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Noisequik
il y a 5 années

Heu… pour la santé peut-être pas, mais oui, ils le sont pour tous ceux qui ne veulent pas que l’on tue ou exploite des animaux.

Je ne suis pas vegan, mais je les respecte.

Noisequik
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

J’espère qu’ils arrivent à résister à prendre une imitation de steak haché transformé avec 30 ingrédients.

Il parait maintenant que le soja doit être consommé pas plus d’une portion par jour en raison des phytoestrogènes.

Mirou
En réponse à  Noisequik
il y a 5 années

Oui c’est vrai ! Encore une fois tout est relatif: la viande il faudrait pas trop en manger non plus, le lait et les fromages non plus. Chacun pour des raisons différentes. 
Pareil que toi: le steak haché imité me fait pas trop envie, on arrive faire de très bon burgers avec des fèves rouges ou noires, des champignons, etc. Mais si ça peut aider des gens à manger moins d’animaux, pourquoi pas…

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Mirou
il y a 5 années

Excellent Mirou!

Mirou
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

oh ben tu es gentil 🙂
Je m’énerve beaucoup sur ce genre d’argument: “ouais je vais en vacances au Paraguay manger des steak mais toi tu as une voiture alors tu as rien à dire…” 
Alors que justement on avait rien dit….

Wrontien
Wrontien
En réponse à  Mirou
il y a 5 années

Bien dit Mirou!
Je précise que je ne me suis pas permis de faire de remarque à propos de leur succédané de crème. Comme le dit la bible: Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil à toi? (Évangile de Luc, 6, 41)

Wrontien
Wrontien
En réponse à  Wrontien
il y a 5 années

de faire –> de leur faire

Zallag
Zallag
il y a 5 années

Tu parles des ouvriers agricoles qui viennent du Maroc ou d’Afrique ? Tu pourrais ajouter ceux qui viennent cueillir les framboises industrielles dans les serres du Portugal, il y en a qui viennent du … Bengladesh !Tout savoir sur les framboises, c’est par ici. On y parle des cultures biologiques ou pas.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Zallag
il y a 5 années

L’homme n’a pas de limites dans l’exploitation de son semblable…

Le chanteur suisse Sarcloret a fait une chanson “L’homme est tout brun, c’est de la merde”.

Il y a des fois où, quand je regarde certains documentaires ou je lis certains articles, je suis assez d’accord avec lui.

Zallag
Zallag
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Il y a certains paysans dynamiques et conscients. En face de chez nous, par exemple. Et aussi des boulangers lucides et novateurs. En bas de chez nous, par exemple.Voici le résultat, et c’est un succès. Et Cédric est en train de convertir son exploitation en bio et en autosuffisance, en ce sens que le fumier de ses vaches sert exclusivement d’engrais pour ses champs de céréales, et qu’il produit  ses propres semences de blé (sans recourir aux distributeurs de fédérations agricoles), d’épeautre, de blés anciens, d’orge et avoine. Je suis allé avec mes petits-enfants leur montrer son moulin (meules de granit, réglables pour des moutures ultraprécises).Visites pour des écoles, association avec des producteurs locaux d’autres denrées alimentaires.Et ça fonctionne, tout ça.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Zallag
il y a 5 années

J’avais lu cet article.

Moi, franchement, même si certains vont me dire que c’est facile pour moi qui reçois mon salaire tous les mois, si j’étais paysan, il me semble que c’est dans cette direction que je foncerai, tellement c’est un défi, un magnifique challenge à réaliser.
Il me semble que même à 60 balais, je me lancerais.
Alors pour les jeunes, cela doit être d’autant plus exaltant de se lancer dans ce genre de révolution il me semble, surtout que l’on voit bien que l’agriculture non bio ne va pas bien, les paysans nous le disent souvent.
Je vois bien de mon côté: le challenge de changer en partie de métier, ça me rebooste tellement, même si encore une fois, je suis conscient que mon salaire n’est pas remis en question.

Noisequik
En réponse à  Zallag
il y a 5 années

Une des meilleures boulangeries, en plus!

Zallag
Zallag
En réponse à  Noisequik
il y a 5 années

En effet. Plein de voitures qui s’y arrêtent sur le trajet du retour chez soi, en fin d’après-midi.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Zallag
il y a 5 années

Je ne connais pas mais ça ne m’étonne pas!

Des gars aussi passionnés doivent l’être aussi par le produit final.

À l’évidence, ils doivent adorer leur métier.

Cédric Schöpfer
il y a 5 années

Et je lis cette article en entendant les hélicoptères qui sulfate les vignes valaisanne. Ça m’énerve Depuis tellement longtemps ces hélico.

Même un vigneron qui viendrait faire du bio ne pourrais pas le faire tellement ils en foute partout

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Cédric Schöpfer
il y a 5 années

Eh oui… C’est bien triste, et catastrophique pour les gens qui habitent à côté, ou les écoles en bordure des vignes en effet.

Peu Meu
il y a 5 années

Attention aussi avec le bio. Certaines choses sont aberrantes aussi. Par exemple, les serres chauffées : 
https://www.lepopulaire.fr/paris-75000/actualites/pourquoi-chauffer-des-serres-pour-avoir-des-tomates-bio-en-hiver-est-une-aberration_13572364/

Il faut aller plus loin que le bio. Le bio est en train d’être avalé par les grands groupes.
D’autres labels existent avec des cahiers des charges nettement plus stricts (Nature et Progrès et d’autres).

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Peu Meu
il y a 5 années

Tout à fait d’accord!

Mon ami paysan me disait la même chose vendredi soir.

C’est toute une réflexion à avoir sur notre nourriture en général. Légumes de saison y compris.

Et oui, faire attention aux labels.

Noisequik
il y a 5 années

Sympa cet article et assez d’accord dans l’ensemble.

C’est vrai que j’achète beaucoup bio mais que je ne pense pas au vin, peut-être parce que l’alcool n’est déjà pas bon pour la santé à la base??

Le plus important reste de bien se nourrir en évitant les aliments transformés et le sucre. Une tourte de Linz bio avec de l’huile de palme bio, bof.

Donc moi ce sera?: produit bio local > produit bio étranger > produit brut non bio > produit transformé bio ou pas.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Noisequik
il y a 5 années

Le bourgeon (label) tient également compte de l’éthique. Si l’huile de palme est bio, c’est qu’elle l’est d’abord, mais qu’ensuite elle n’a pas contribué à la déforestation de l’endroit où elle est produite.

Pascal9
Pascal9
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

L’huile de palme est une huile très pratique pour l’industrie, mais mauvaise pour le corps. Donc bio ou pas, il ne devrait pas y avoir d’huile de Palm dans la nourriture. Mais bon, c’est comme le blé: pour faciliter la vie de l’industrie, on l’a tellement modifié pour aller plus vite, que maintenant, les allergies au gluten qu’il contient deviennent monnaie courante.

Noisequik
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Oui je parlais pour la santé. C’est très facile à lire (pas besoin de nutri-label ou autres) :
“dont sucres” et “dont saturés”

Georges Pierre
Georges Pierre
il y a 5 années

Bonjour!
Dans l’ensemble d’accord avec l’article, mais je suis moins convaincu sur le bio étranger, en tout cas pas pour tous les pays. La raison principale est deux émissions vues il y a quelques années (au moins une des deux était A bon entendeur sauf erreur, mais je n’arrive pas à retrouver). Dans ces émissions, différents produits bio étaient testés et au niveau du bio étranger, 80% ( !!! ) des produits bio ne l’étaient finalement pas. Donc payer 2 fois plus cher, pour avoir quelque chose qui vient de loin et qui n’a aucun avantage par rapport à du non bio local… Les grands groupes disent faire des contrôles et que tout est certifié, mais c’est pour moi difficile à croire.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Georges Pierre
il y a 5 années

Georges, il y a des labels et Madame K me dit depuis des années qu’elle fait confiance à certains d’entre eux, notamment le label bourgeon.

Georges Pierre
Georges Pierre
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Je sais bien qu’il y a des labels, et pour ce qui est du bio suisse (le bourgeon c’est suisse je crois?), je ne me fais pas trop de soucis, je crois que cela a bien évolué. C’est vraiment le bio étranger qui ne m’inspire pas (toujours) confiance. Autant du bio français, j’aurais tendance à y croire, autant du bio indien ou égyptien (exemple au hasard, je n’ai rien contre ces pays) c’est plus difficile pour moi de faire confiance à 100%, surtout après ces émissions qui avaient testé des produits étrangers.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Georges Pierre
il y a 5 années

C’est Suisse, mais ils importent des produits étrangers labellisés en suivant leur charte incroyablement stricte, qui touche tous les aspects (éthique, pollution, produits et autres).
C’est ici si jamais.

Pascal9
Pascal9
En réponse à  Georges Pierre
il y a 5 années

Le label bourgeon est Suisse, effectivement. C’est un label dont le cahier des charges et très élevé, contrairement malheureusement au label bio européen, qui a été tiré du label bio français, déjà peu élevé, mais dont le cahier des charges à été abaissé (et le label bio français s’est aligné sur la norme UE, évidemment). La Coop à l’avantage d’imposer le bio bourgeon à tous ces prestataires, y compris étranger, contrairement à la Migros. Elle, elle a son propre label aligné sur le bio bourgeon mais vérifier par elle-même. Et tout ce qui vient de l’étranger utilise la norme bio européenne.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Pascal9
il y a 5 années

Je suis d’accord avec vous, mais même en traditionnel, visiblement, l’UE est plus drastique sur certains produits.
Et puis, même en bio, je trouve cette norme déjà très intéressante.

Pascal9
Pascal9
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Oui bien entendu, quelque soit la norme bio, c’est de toute manière infiniment plus intéressant que la chimie. Et effectivement, la Suisse, qui était précurseur avant l’Europe, ne fait maintenant que suivre, et encore, quand ça l’arrange ?

Yvanchen
Yvanchen
il y a 5 années

J’ai eu l’occasion de travailler dans une chambre agricole cantonale, et j’ai appris que c’est très problématique pour les paysans de passer au BIO en Suisse contrairement en Europe.

Pour le processus de passer BIO, il faut après la dernière récolte, laisser la nature reprendre ses droits pendants plusieurs années pour que les pesticides disparaissent. Cela peut en tout cas prendre 3 ans. 
En Europe, les paysans qui décident de passer au BIO le font progressivement. Parcelle après parcelle. Hors en Suisse, cela n’est pas possible. Je ne sais pas si c’est une loi au niveau cantonale ou fédérale qui leur en empêche, mais si un paysan souhaite devenir BIO, il doit mettre en jachère toutes ses terres en même temps. Ce qui à pour conséquence que le paysan perd la totalité de ses revenus pendant plusieurs années s’il n’a pas d’autres types d’entrées financières..

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Yvanchen
il y a 5 années

Yvanchen, ceux qui le veulent y arrivent, et depuis des années où ils étaient seuls contre tous.

Maintenant, cela reste difficile et courageux de passer au bio, mais c’est tout de même plus simple qu’avant.

Il est clair qu’il faudrait que les paysans soient aidés financièrement pendant les années de creux, il faut mettre le paquet politiquement aussi pour que ça bouge.

Mais je le répète, ceux qui sont passés au bio depuis des années ne l’ont pas été.

Il est clair qu’en l’état, je vais voter oui à l’initiative qui vise à rémunérer les paysans avec des paiements directs, seulement s’ils passent au bio et dans ce cas bien évidemment immédiatement, même avant d’être certifiés.

Eric P
Eric P
En réponse à  François Cuneo
il y a 5 années

Bonjour,
Je suis un ancien lecteur mais nouveau sur les commentaires. Ce sujet me fait réagir.

Je suis en France, et ici toute la ferme ne doit pas passer en bio d’un seul coup mais toute une culture. Si on veut passer le blé en bio, il faut faire passer toute sa récolte.
Un très bon ami vient de reprendre la ferme de ses parents en grande culture. Et même s’il commence à être convaincu que le bio est la solution d’avenir, les investissements qu’il a du faire pour reprendre sa ferme, ne lui permettent pas pour l’instant financièrement de faire le pas. Et même si l’Europe donne beaucoup d’aides, elles sont souvent données avec retard.

Tout les 6 ans on demande à l’agriculture d’évoluer en modifiant la Politique Agricole. Or, toutes ces évolutions demandent du temps et de l’argent. Si on ne laisse pas le temps et les moyens aux agriculteurs de faire cette évolution (nécessaire), beaucoup vont devoir mettre la clef sous la porte. Et une fois arrêtée, une ferme ne recommence pas à produire immédiatement.

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  Eric P
il y a 5 années

Bonjour et merci pour ces informations.

Vous avez raison. Il faudrait que l’aide vienne plus vite, et ce n’est pas rien de faire le pas.

Cela dit, dans le canton de Vaud, il y a encore beaucoup d’agriculteurs qui se gaussent des écologistes et de leurs collègues qui passent au bio.

Il serait au moins temps de changer les mentalités de ces personnes.

Mirou
il y a 5 années

Bon Lundi ! 
En tous cas, ton billet du jour prouve bien une chose: c’est compliqué. 
Je réfléchis depuis un moment à la notion de “cohérence”: c’est une idée qui bloque tout. On ne peut pas être cohérent, et cette impossibilité devrait nous permettre de ne pas l’être et de faire “ce qu’on peut”. C’est un devoir moral.

Bref. Pour dire. Nous, comment on réfléchit:
– On est coopérateurs du Jardin Potager qui nous livre des paniers bios, locaux et de saison de Ballens. C’est une vraie gageure, car nous voyageons beaucoup pour le travail et il est pas toujours facile de gérer ce panier hebdomadaire. Mais on arrive à presque rien jeter (et on travaille sur le “presque”). 
– J’essaie d’acheter le plus possible maintenant à La Brouette, qui est juste en face de chez nous, et qui fait dans le vrac, bio, local. 
– Pour le reste, c’est un peu au jugé: principalement bio, principalement local, mais parfois (trop souvent), “au plus pressé”: on prend ce qu’il y a. 
– Et il y a des choses simple à réfléchir: les fruits et légumes fragiles (genre tomates, fraises, etc): c’est local, et bio si on peu. Un abricot, c’est bon quand c’est valaisan, sinon ça vaut pas la peine. Mais va trouver une plaque de chocolat local :-).

Pour les produits laitiers, il y en a à la Brouette, mais nous essayons de ne pas en manger trop souvent (surtout des bons fromages, ou de la mozzarella, ou quelques trucs pas remplaçables). 
Depuis quelques années: plus de viande, plus de poissons (sauf quelques coquillages… ?). 
A la maison, j’essaie de cuisiner végétalien et bio.

Par contre à l’extérieur, et c’est très souvent, c’est déjà pas simple d’être végétarien (nous “tournons” beaucoup avec la 2b company)… Alors tout le reste, j’essaie, mais je suis loin de réussir….

Merci de te lancer sur le sujet du l’écologie. C’est nécessaire, vital, et urgent.

oliricha
oliricha
il y a 5 années

Bonjour François!

J’achète aussi quasi exclusivement des produits bio et comprends ton coup de gueule!

J’aimerais également pouvoir acheter localement plus de produits locaux, mais bio. Petit à petit je me suis dirigé vers des petits magasins bio français (BioCoop), car la grande distribution, même si la Coop a beaucoup fait pour le Bio en Suisse, ne fait pas grand-chose pour réduire les emballages et proposer plus de produits en vracs. Pour la petite histoire, comparez le prix d’un gruyère bio emballé et un gruyère bio à la coupe dans votre supermarché, vous serez étonnés!

Pour les produits laitiers, j’invite tous les gens à acheter et consommer des produits des alpages suisses, qui ne sont pas labélisés bio, mais qui n’ont rien à leur envier.
J’ai la chance depuis quelques années, d’habiter dans le Jura vaudois, non loin du col de la Givrine. Et c’est avec bonheur que j’ai redécouvert la vente directe à la ferme. En été, j’achète le lait à la ferme d’à côté de chez moi et le fromage (Gruyère d’alpage) dans l’une ou l’autre des deux fruitières ayant le fameux label Gruyère d’Alpage AOP. En hiver, les épiceries du village les distribuent. D’excellents produits!

Malheureusement, la ferme d’à côté, n’étant pas une fruitière, est contrainte de vendre son lait aux industriels, mélangés aux autres laits de plaine pour un prix dérisoire. Quel gâchis pour un si beau produit!

François Cuneo
François Cuneo
En réponse à  AntSto
il y a 5 années

Ça m’a en effet l’air très intéressant, mais je suis frustré parce que non-abonné…

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