Test du viseur du Sony A7R IV et toute première prise en main de l’appareil

J’ai l’occasion de tester ces prochains jours un des premiers A7R IV arrivés en Suisse, grâce à PhotoGrancy à Lausanne, merci à lui.

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Sans lui faire de la pub, c’est toujours un réel plaisir pour moi de me rendre dans ce magasin tellement sympa et humain connu et apprécié par bien des lecteurs de ce blog.

Une fois déballée, la bête montre immédiatement ses différences à celui qui possède un A7 plus ancien.

Elle sera d’autant plus frappante que votre A7 est de première ou deuxième génération, mais même pour le possesseur de A7R III que je suis, les différences sautent aux yeux et… à la prise en main.

Le boîtier est plus épais de 4 mm par rapport au A7R III, ce qui se voit tout de suite, 2 mm plus large et 1 mm plus haut.

Le poids augmente de 8 grammes.

Surtout, la poignée est bien plus prononcée.

Cet appareil tient parfaitement dans des mains « normales », je ne vois pas qui pourrait le critiquer sur ce point.

J’aurai certainement l’occasion de reparler des améliorations ergonomiques apportées à cet appareil, comme le joystick plus gros et plus agréable, la nouvelle disposition des molettes sur l’appareil, le verrouillage (ou non-verrouillage, à choix) de la molette de correction de l’exposition, le meilleur amortissement de l’obturateur et j’en passe, sans parler de l’incroyable définition du capteur de 61 MP.

Tout cela est bien réel.

Mais moi, ce qui m’intéressait avant toute chose, c’était de voir ce que valait ce super nouveau viseur.

Parce que bon, mon A7R III me suffirait amplement tellement il est incroyable, mais je dois dire que son viseur, tout bien bien défini qu’il soit avec ses 3 686 400 points, continue à ne pas m’apporter le plaisir d’un vrai viseur optique.

En particulier dans les lumières subtiles qu’il ne rend que moyennement.

Alors que vaut ce nouveau viseur du A7R IV, après des essais dans quelques dizaines de situation plus ou moins difficiles (contre-jour, temps orageux, plein soleil, intérieur dans la pénombre) avec ces spécifications haut-de-gamme données par Sony:

Viseur électronique (couleur) 1,3 cm (type 0.5), OLED UXGA
NOMBRE DE POINTS
5 760 000 points
RÉGLAGE DE LA LUMINOSITÉ (VISEUR)
Automatique / manuel (5 pas entre -2 et +2)
CONTRÔLE DE TEMPÉRATURE DE COULEURS
Manuel (5 pas)
COUVERTURE DE CHAMP
100 %
AGRANDISSEMENT
Env. 0,78x (avec objectif 50 mm à l’infini, -1 m-1)
RÉGLAGE DIOPTRIQUE
De -4,0 à +3,0 m-1

Ce viseur est pratiquement le même que celui des nouveaux Panasonic Lumix S dont tout le monde dit le plus grand bien.

L’agrandissement de 0.78x, je connais, c’est le même que celui du A7R III, et ça nous donne un viseur « énorme », aussi grand que celui des reflex professionnels.

Donc sur ce point, je n’ai pas été étonné, c’est incroyablement vaste et celui qui a mis l’œil dans le viseur optique d’un APSC bas ou moyen de gamme ne peut pas comprendre ce que cela représente.

Là où j’attendais ce nouveau viseur, c’était dans sa nouvelle définition est sa gestion de ce dernier avec une très grande impatience.

J’ai donc mis l’œil sur ce viseur, et force m’est de constater que le progrès est flagrantissime.

D’abord, la définition est parfaite. Je pense que sur ce point, on ira certainement encore plus loin un jour, mais je ne suis pas sûr que ça apportera quelque chose.

Au premier abord, comme toujours chez Sony, le rendu colorimétrique du viseur (je ne parle pas de l’image, bien entendu) est un peu froid.

Comme toujours aussi, j’ai réchauffé cette image à l’aide de la commande dédiée.

Ainsi réglé, ce viseur est fidèle à la réalité.

L’image est détaillée, vous voyez vraiment ce que vous visez avec une précision équivalente à ce que vous verriez dans un viseur optique.

C’est encore plus exceptionnel lorsque vous visez sans autofocus, et que la loupe vous aide à mettre au point manuellement: là, sur ce point, aucun viseur optique ne peut rivaliser.

C’est juste dingue de voir la précision des feuillages par exemple dans ces conditions.

En matière de rendu des subtilités de la lumière, on est dans le très bon.

Il faudra encore que je teste la chose avec des lumières rasantes, mais de ce que j’ai vu, on y est, c’est vraiment excellent.

MAJ rapide: au moment où je publiais cet article, je lève la tête et je vois ça:

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Eh bien le viseur a un tout petit peu éclairci la scène, mais j’ai bien ressenti l’éclairage, ce qui n’est pas le cas avec le viseur du A7R III.

Fin de la mise à jour…

Restait une inquiétude: le scintillement de l’image allait-il être maîtrisé par Sony, lui qui me semblait avec son A7R III faire moins bien que Nikon avec sa série Z, dotée pourtant du même viseur de 3 686 400 pixels?

Sur ce point, je ne suis pas encore entièrement satisfait. En plein soleil, nous avons encore quelques scintillements, quelques « mouvements » sur certaines diagonales dures, je suis certain qu’il est possible de faire encore mieux, même si j’ai lu les mêmes critiques chez Panasonic.

En règle générale, je dirais que nous avons sur cet appareil les avantages incroyables apportés par la visée électronique, à savoir, la vue en temps réel de nos réglages à l’écran, pas seulement en chiffres, mais en rendu, un rendu des lumières très bon, une définition à tomber par terre, mais qu’il reste une différence avec le viseur optique d’un reflex haut de gamme: l’image de ce dernier est calme, alors qu’on a toujours l’impression que quelque chose bouge, oh, imperceptiblement, sur un viseur électronique.

Le viseur du A7R IV donne toujours, malgré d’immenses progrès, malgré d’immenses qualités, une image électronique, moins reposante, mais plus rassurante que ce que nous offre une visée optique.

Si le viseur du Sony A7R IV est ce qui se fait de mieux actuellement (il faudrait que je puisse comparer avec son pendant Panasonic) sur ce point, mais sur ce point seulement, je pense que dans quelques années, il sera encore possible de progresser.

Je vous retrouve bientôt pour discuter d’autres points de ce tout nouvel appareil.

Vivement que Lightroom et autres soient capables de développer les images RAW de ce nouveau Sony.

Mise à jour de samedi 30 août: oh! Mais en fait, Lightroom est déjà compatible avec le A7R IV! Ils sont rapides chez Adobe.

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Mais chez On1 et Luminar aussi, la compatibilité est de la partie!

Trop beau!

Mais chez DxO, il va falloir attendre encore un peu. Assez normal, chez eux, c’est un travail très fin qu’ils doivent faire en collaboration avec tous les objectifs. Ce sera donc pour la prochaine mise à jour!