C’est la dernière qui sonne pour signer notre initiative contre la mégagravière de Ballens

Désolé de mélanger les genres, je le fais de temps en temps, et vous avouerez que je n’abuse pas dans le domaine!

Seulement voilà, si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez certainement que l’environnement a autant, voire bien plus d’importance pour moi que la technologie, la photo ou la course à pied.

Et en matière d’environnement, nous sommes en plein dans un combat pour la survie d’une forêt que, tant Holcim (et compagnie) dans un premier temps (Orllati devrait prendre la relève après la première étape!), que le Canton de Vaud veulent faire disparaître en creusant son sous-sol sur près de 30 mètres pour exploiter du gravier.

Nous (l’Association pour la Sauvegarde des Bois de Ballens et Environs, ASBBE) avons lancé une pétition en septembre, soutenue par l’ONG Campax.

Jusqu’à ce jour, nous avons obtenu (au moment où j’écris ces lignes), 14’488 signatures en ligne, et encore quelques dizaines obtenues manuellement à entrer dans le système.

Ces signatures, nous allons les déposer au Grand Conseil Vaudoisle mardi 9 juin 2026 à 17 heures, devant le Grand Conseil Vaudois, à Lausanne.

D’ici là, ce serait extraordinaire que nous parvenions à atteindre les 15’000 signatures, et, chère lectrice et cher lecteur du Blog du Cuk, vous pouvez nous aider à y parvenir en signant ladite pétition, même si vous n’habitez pas la région, ni même la Suisse.

L’absurdité d’une telle atteinte à l’environnement n’a en effet pas de frontières.

En attendant, si vous ne l’avez pas déjà fait, un immense merci de signer cette pétition en ligne chez Campax!

Et si vous ne vous souvenez plus si vous l’avez déjà signée ou non, pas de problème, signez-la, le système reconnaît tout seul les doublons et ne tiendra pas compte d’un éventuel doublon.

À ce propos, vous pouvez vous contenter d’aller jusqu’à la validation de la signature, la demande de don qui suit n’est pas pour notre combat, mais pour celui de l’ONG, vous pouvez donc la sauter.

L’événement du 9 juin 2026

Sur le site de notre association, vous pouvez tout savoir à propos de ce moment symbolique du 9 juin, auquel vous êtes bien évidemment convié·e, si vous le voulez bien et si c’est possible pour vous, évidemment, parce que plus nous serons nombreux, plus le symbole sera fort auprès de nos autorités.

Pour tout vous dire, si, il y a deux ans, ce combat nous semblait difficile à remporter, nous sommes de plus en plus certains qu’il n’en est rien, et que cette gravière ne pourra se réaliser.

En effet, nous allons déposer, dès que la gravière sera mise à l’enquête, et cela prendra peut-être quelques mois, le canton ne cessant de reporter cette dernière, des centaines d’oppositions, qui seront suivies de recours tant au tribunal Cantonal Vaudois qu’au Tribunal Fédéral, le cas échéant.

Rien ne se fera avant au minimum cinq ans, et d’ici là, les mentalités qui commencent déjà à changer tant chez les architectes que dans la population, rendant plus impensable encore ce qui l’est déjà, à savoir supprimer une forêt en 2026.

Nous pensions que seul le Brésil était capable de le faire il y a quelques années, eh bien non, le Canton de Vaud le peut aussi, dans les deux cas pour des raisons économiques.

Pour ceux que ça intéresse, voici un petit résumé de notre combat quotidien depuis deux ans bientôt.

La forêt de Ballens, condamnée au béton? Le combat de l’ASBBE

Dans les hauteurs du pied du Jura vaudois, entre Ballens et les villages environnants, s’étend le Bois du Sépey, l’un des massifs forestiers de plaine les plus vastes du canton de Vaud. Deux entreprises, Holcim et Orllati, se sont vu octroyer les droits d’exploitation de plus de 90 hectares de cette forêt séculaire, qu’elles entendent raser et excaver sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Au total, 18.5 millions de mètres cubes de gravier seront extraits — soit six fois le volume du Mormont — pour une exploitation prévue sur 40 ans au minimum, à partir de 2027.

En juin 2024, les Grondements des Terres ont occupé le bois pour dénoncer ce projet écocidaire passé largement sous silence. L’Association pour la Sauvegarde des Bois de Ballens et Environs (ASBBE) s’est constituée en urgence le 24 juin 2024 et compte aujourd’hui plus de 400 membres et plus de 6’000 signataires de sa pétition.

Sur le plan climatique, la destruction d’une surface forestière aussi étendue représente une catastrophe annoncée: la forêt est un puits de carbone majeur et un régulateur thermique irremplaçable. Raser et excaver ce massif sur plusieurs dizaines de mètres constituerait une atteinte majeure aux équilibres naturels d’une région déjà fortement soumise aux pressions humaines, et la production de milliers de tonnes de béton interroge directement au regard des enjeux climatiques actuels.

Sur le plan de l’eau, de nombreuses nappes phréatiques se situent sous la forêt, trois captages et les sources du Boiron se trouvent à environ 1 « 100 mètres du site, et un marais d’importance nationale — le marais du Paudex — jouxte la gravière projetée. De nombreuses communes en aval seront impactées par les risques en approvisionnement d’eau touchant au bas mot 5’000 personnes. L’association a obtenu des éléments prouvant qu’Holcim et Orllati ont eux-mêmes installé des regards d’observation dans la forêt pour surveiller ces nappes — reconnaissant implicitement leur existence et leur vulnérabilité.

Sur le plan des transports, seul 40 % du gravier, au mieux, seraient évacués par le rail; les 60 % restants transiteraient par camions, engendrant un flux continu de 300 poids lourds supplémentaires quotidiens sur des routes communales et cantonales pendant quatre décennies, avec tout ce que cela implique en termes de nuisances, de dégradation des infrastructures et d’émissions.

Sur le plan de la biodiversité, ce massif accueille des espèces rares et protégées et représente l’un des derniers corridors écologiques permettant les déplacements de la faune sauvage entre le Jura et le lac Léman.

Face à l’argument récurrent — «on a besoin de béton pour construire des écoles, des routes, des logements» — l’ASBBE a élaboré un grand argumentaire démontrant que de nombreuses alternatives existent et que la voie du tout-béton n’est pas une fatalité. Béton de terre crue, granulats recyclés, réduction de la demande: l’association s’appuie sur des données scientifiques et des exemples concrets pour montrer qu’elle n’est pas dans l’utopie, mais dans le réalisme face à une industrie extractive qui profite de la pensée dominante du «toujours plus».

La pétition lancée sur Campax sera déposée au Grand Conseil vaudois le 9 juin 2026. Le combat est juridique, politique et citoyen — et il est loin d’être terminé.

La photo de couverture vous montre la source du Boiron, directement impactée par la gravière, quelques centaines de mètres plus haut. ©François Cuneo, 2026


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4 Commentaires

Iruri
Iruri
il y a 2 jours

Voilà j’ai signé François. 14504ème je crois bien.

Dernière modification le il y a 2 jours par Iruri
GMo
GMo
il y a 1 jour

Petition Signée

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