Retour de leasing de votre voiture: ne vous laissez pas faire!

La même aventure est arrivée à un de mes collègues, il y a un an à peine, dans un autre garage, d’une autre marque. Son histoire m’ayant été utile, je pense que la mienne pourrait l’être pour vous également.

Il y a deux semaines, j’ai ramené ma SEAT Ibiza vieille de 4 ans et 78’000 km au garage, puisque j’étais en fin de leasing.

J’avais un quota de 100’000 km, donc j’étais pour le moins dans le positif.

Avant de reprendre le nouveau modèle (je suis fidèle), on me demande de passer faire une évaluation de celle que je leur laissais, pour voir si la voiture correspondait à la valeur résiduelle dudit leasing.

Je l’ai bien nettoyée, et j’ai ramené une voiture à l’état neuf, avec pas une seule marque sur les pare-chocs, une peinture impeccable, des pneus d’été pratiquement neufs.

Je me disais que je n’aurais aucun problème, ce sur quoi je me trompais.

Une fois dans ce grand garage, représentant général du groupe VW, qui vend des SEAT et des Audi, dans l’Ouest lausannois, ma voiture passe en atelier et moi, je reste avec le vendeur et sa responsable, pour fixer le jour où j’allais ramener définitivement la voiture et prendre la nouvelle Ibiza.

Pendant les tractations, j’entends la responsable lire un message sur son ordinateur en provenance de l’atelier: «?ah, il y a de la carrosserie?» dit-elle en passant.

Je lui demande «?pardon??»

Elle me dit que le toit est tout rayé, et que la portière arrière droite est abîmée.

Lorsque la voiture revient de l’atelier, je demande au mécano de me montrer les raies sur le toit. Il me montre, à l’arrière, deux petits fils blancs, sans relief, sur lesquels il faut se pencher pour qu’on les voie.

Sur la portière arrière, deux petits traits de moins d’un demi-centimètre et de 1 millimètre d’épais tout à l’avant de cette dernière, que je n’avais jamais remarqués, et pourtant, je suis maniaque.

Et le mécanicien d’ajouter: «?oh, et il y a les disques de freins, je ne sais pas si ils vont passer l’expertise?».

Traduisez, vous allez me refaire les disques rapidos, à vos frais, bien évidemment.

J’explique au pauvre vendeur, tout nouveau, que je leur amène une voiture avec 22’000 km de bonus, dans un état de carrosserie impeccable, que les freins étaient certainement dans les normes, mais que j’allais volontiers faire une expertise au Touring Club Suisse, qui me confirmerait certainement la chose.

Que je n’étais pas non plus censé ramener une voiture neuve, puisqu’elle avait 4 ans.

Et qu’en conséquence, il était exclu que je paie ne serait-ce qu’un franc ou même un centime de ce qu’on allait me demander.

Que j’allais au besoin faire appel à ma protection juridique.

Nous avons discuté un moment, et vu ma détermination, le vendeur a transmis le dossier à la responsable qui n’était plus là.

Nous étions vendredi, ça m’a bien énervé pour le week-end, ce truc.

Lundi, la responsable de SEAT me rappelle, m’explique qu’ils allaient raire un geste dans ma direction et me demander la moitié de la somme (laquelle, je n’en savais rien).

Que je pouvais faire fonctionner mon assurance CASCO complète, que ça allait peu me coûter, juste la franchise.

Refus catégorique de ma part, en précisant que j’estimais que ce serait de l’arnaque à l’assurance de leur demander de payer quoi que ce soit sur cette voiture en parfait état.

J’ai demandé également combien on m’aurait facturé si j’avais ramené la voiture avec 22’000 km de trop (plusieurs milliers de francs, pour information), juste pour leur montrer que ces mêmes km en leur faveur avaient une valeur.

J’ai ajouté que si cette voiture ne passait pas le retour «?sans frais?», cela voulait dire qu’aucune voiture ne pouvait le faire. Sur quoi la dame m’a répondu que «?oui, il arrivait que certaines voitures soient reprises sans frais?», sous-entendu, «?pas tellement souvent?».

J’ai proposé à la responsable de venir lui montrer la voiture, ce que j’ai pu faire le lendemain, après avoir passé un petit coup de polish sur la partie incriminée du toit.

Une fois devant la voiture, je lui ai demandé si elle était d’accord de jouer à un jeu rigolo, à savoir, trouver les raies de ce toit «?tout rayé?».

Elle ne les a pas trouvées.

Et une fois devant la porte arrière, elle m’a dit, «?ah oui, bon…, évidemment?» un peu gênée?».

Et d’ajouter: «?Eh bien Monsieur, ne vous inquiétez pas, on va tout prendre à notre charge, même les freins, on veut vous garder comme client. Vous n’avez rien à payer?».

Là, sur le coup, j’étais soulagé, parce qu’à 180 francs de l’heure, je n’ose pas imaginer combien auraient coûté les travaux de carrosserie associés au changement de disques de freins.

Des milliers de francs tout au moins.

Mais très vite, j’ai réfléchi, et je me suis dit que ce qui venait de se passer était proprement scandaleux.

Si je n’avais pas mis les pieds au mur, ce qui n’a pas été facile pour moi, je n’ai pas l’habitude des conflits, si je n’avais pas eu ce collègue à qui la même mésaventure était arrivée, également dans un grand garage de l’Ouest lausannois, mais pour une Nissan, et qui lui non plus n’a rien payé après avoir refusé de le faire, j’aurais payé les freins, et la carrosserie pour ce qui n’avait pas lieu d’être, au mieux la moitié.

Ils ont essayé.

Ils n’ont pas pu.

Mais combien de clients tombent dans le panneau, et paient l’entier de ce qu’on leur demande, ou la moitié s’ils rouspètent mais n’insistent pas trop?

Combien de clients font marcher leur assurance pour des dégâts de carrosserie qui n’en sont pas, et qui par cette action bien compréhensible de leur part, font gonfler nos primes d’assurances?

À part ça, elle est super cette SEAT, mais ça, je vous en reparlerai bientôt.