M’enfin, il y a peigne-cul et peigne-cul!

L’autre jour, un de nos lecteurs, Linuxette me disait en commentaires:

«Tu plaides le bien pour autrui (sauf si ledit autrui est en désaccord avec tes «grandes» idées auquel cas, je l’ai déjà vu, tu le traites de «peigne-c.»)».

Par peigne-c, il faut lire «peigne-cul».

Je ne reviens pas sur le commentaire de Linuxette, mais sur ce qu’il a voulu me dire dans la citation ci-dessus qui m’a interpellé quelque part, tout au plus profond de mon être torturé par la culpabilité.

Après quelques interrogations, dans un autre commentaire pour préciser ses dires, Linuxette a même eu la courtoisie de me montrer deux articles dans lesquels j’employais cette expression, sur Cuk.ch, à l’époque:

  • pour le premier, il s’agissait d’un article sur la BD et la sortie à l’époque des «Sarcophages du 6e continent», une aventure de Black et Mortimer: «Je sais bien que je vais faire hurler les puristes peigne-cul, mais je trouve que les deux équipes qui perpétuent les aventures de ces deux héros, J. Van Hamme et T. Benoît pour la première et Y. Sente et A. Juillard pour la deuxième qui est l’auteur de l’aventure qui nous intéresse ici, ne s’en sortent pas si mal.».
  • quant au second, il était en rapport avec les tirages Picto (une plateforme qui imprime magnifiquement vos photos): «Franchement, je n’ai jamais vu ça avec mes photos.

    Bon. Pour les peigne-culs ceux qui en veulent encore plus, Picto met même à disposition des profils de toutes sortes pour leurs imprimantes et leurs papiers.»

Je dois dire que je me suis posé une petite question, comme ça, en discutant dans ma tête, seul comme un damné condamné à vivre avec moi-même.

«Peigne-cul, c’est si terrible que ça comme mot? C’est une injure?» (Oui, je me parle en italique dans ma tête, mais pas toujours, ici oui).

Et j’en suis resté là.

Des fois, je n’arrive pas à me répondre tout de suite, il faut que ça mûrisse.

Le soir même, nous nous sommes retrouvés chez Mme Poppins, avec Dominique Python, Mathieu Besson, Zallag et Ysengrain, en présence d’une amie de Mme Poppins, Julie.

Et là, nous sommes revenus sur la question.

J’ai demandé si c’était si grave de se faire traiter de peigne-cul.

Une partie de l’assemblée, les Vaudois en particulier ont dit «mais non, peigne-cul, ça signifie simplement celui qui coupe les cheveux en quatre!»

L’autre, en provenance de France, a répliqué: «pas chez nous; en France, un peigne-cul est une personne méprisable».

Du coup, plongée dans Antidote, qui nous donne cette définition:

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Et dans Le Grand Robert:

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Étonnantes, ces interprétations différentes d’expressions familières.

Si vous relisez ce que j’avais écrit dans le deuxième article, j’avais biffé «peigne-cul» pour rigoler et le remplacer par «ceux qui en veulent un peu plus», sous-entendu, les pinailleurs quoi.

Cela me fait d’ailleurs du coup penser à un commentaire de Mathieu Besson, sur Cuk.ch, dans lequel il intervenait après que de très nombreux lecteurs avaient démoli le MacBook Pro 2016 alors que je m’enthousiasmais sur cet ordinateur. Mathieu avait écrit un truc du style «Arrêtez de faire les pisse-froid»… Et ça avait choqué pas mal de monde.

Peut-être tout simplement parce que chez nous, on emploie familièrement pisse-froid pour dire simplement «rabat-joie», alors qu’en France, cela signifie:

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Je suis d’ailleurs un peu étonné et déçu que les dictionnaires n’évoquent pas ces helvétismes.

Peut-être que ça éviterait quelques malentendus!

Cela dit, je vais faire gaffe (ah ben non, ça n’est dans aucun dictionnaire), je vais faire attention: vous ne trouverez ni pisse-froid ni peigne-cul dans mes futurs textes.

Et veuillez m’excuser si j’ai parfois pu choquer certains d’entre vous.

Ou plutôt non, je vous prie de comprendre que je n’ai voulu ni choquer ni insulter personne, tout pareil pour Mathieu.

Vive la francophonie!

PS. L’image à la une de cet article est tirée du site adjocom.com et semble donner raison finalement un tout petit peu aux Vaudois… Non, mais, qu’est-ce que vous croyez!