Une rentrée de plus, et pourtant…

Je crois que je ne vous ai jamais parlé de rentrée scolaire, au fil de toutes ces années sur Cuk ou sur Le Blog du Cuk.

Il faudrait que je demande à mon encyclopédie vivante, Laurent Vera, mais je crois ne pas me tromper.

Et pourtant, ces rentrées d’été, qu’est-ce qu’elles ont de l’importance dans nos vies de professionnels de l’école!

Pour moi, c’est la… 37e.

J’en ai fait 21 en tant qu’enseignant, 11 en tant qu’enseignant et doyen, puis 5 (avec celle de ce jour) en tant que doyen seulement.

D’abord, vous dire que dans les cantons romands (et je crois dans toute la Suisse ou presque), la rentrée d’été signifie changement d’année, donc pour les élèves, changements de copains, et pour les maîtres, une année sur deux dans les petites classes (en général), changement d’élèves.

Donc, la grande rentrée, c’est ce lundi dans le canton de Vaud.

Et comme toujours, les jours qui précèdent sont intéressants à vivre.

En tant que doyen (sur le canton de Vaud, un doyen est un membre du conseil de direction à qui l’on attribue des tâches diverses, en ce qui me concerne, c’est de gérer les classes 1 à 6 de la scolarité obligatoire de notre établissement scolaire doté de 1’300 élèves de 1re à 11e années), je suis dans les collèges au moins une semaine après le début des vacances, et au moins une semaine avant le début de l’école.

Et c’est cette dernière semaine qui est assez bizarre puisque l’école est toujours vide, mais pas de ses maîtres qui réapparaissent peu à peu, certains squattant leur classe 12 heures par jour pour être sûrs d’être tout bien prêts au moment où les élèves entrent en classe.

Et ils ont bien raison, parce qu’il vaut mieux ne pas se planter le lundi matin, devant les enfants, histoire de ne pas perdre sa crédibilité immédiatement, les premières minutes étant tellement importantes pour toute la suite des années que nous allons passer avec eux.

Bien sûr, tout le monde se parle, évoque ses souvenirs de vacances plus ou moins réussies, mais derrière les sourires, on sent la tension naître peu à peu, le trac peut-être.

Pour nous, du côté de l’administration, les dés sont jetés.

Nous avons fait, comme chaque fois, le maximum pour que tout se passe bien, ce qui est d’ailleurs le cas à chaque fois depuis toutes ces années.

Je n’ai pas souvenir de plantages, même minimes.

Les maîtres sont là, je crois que nous ne nous sommes jamais trouvés avec des élèves inconnus que nous n’avions pas mis dans une classe, ce qui serait gênant, vous en conviendrez.

Parfois il en manque, et c’est le ballet des téléphones pour savoir où ils se trouvent, la plupart des retardataires étant bloqués encore dans des aéroports ou à certains postes-frontière…

La nuit de dimanche à lundi est toujours un peu angoissante pour les élèves, mais aussi pour les maîtres. Je me souviens de ma prof de latin, une femme en tous points remarquable, incroyablement respectée par tous ses élèves, qui nous disait que chaque dimanche soir de rentrée, elle rêvait qu’elle se faisait voler son sac par ses élèves, et qu’elle se sentait totalement dépassée par la situation.

L’effervescence de ce lundi matin à 8 heures, quand les parents se retrouvent avec leurs petits dans la cour et qu’ils montent dans les bâtiments pour les accompagner, les pleurs de certains desdits petits quand les parents s’en vont et que les portes se referment sur eux, c’est tout de même quelque chose de spécial.

C’est aussi une journée où normalement, on ne se fait pas encore insulter par certains (grands) élèves, il faut profiter de la chose

Et puis, pour moi, cette rentrée est tout de même spéciale puisque c’est la première fois que je la ferai sans mon ami Caplan qui commence sa retraite bien méritée, et qui n’a pas perdu de temps pour être sûr de ne pas s’ennuyer.

Il a en effet mis sur pied un nouveau site dont je vous ai parlé déjà ici, il s’agit de Lovely Records. Je ne peux que vous le conseiller si vous aimez l’histoire du rock.

Alors bon, c’est bien, je suis content pour lui, mais un peu triste tout de même…

Allez, bonne reprise à vous aussi et à vos enfants.