La technologie, c’est bien joli, mais des fois…

L’autre jour, j’avais ma première répétition de quatuor que l’on avait réussi à fixer avec moult difficultés, chacun d’entre nous (je devrais dire chacune parce que là, je suis avec trois dames, je trouve un peu dur d’écrire chacun juste à cause de moi) étant bien occupé.

Mais ça, c’était après le travail.

Pendant lequel j’ai donc visité une classe, comme je dois le faire avec tous les nouveaux enseignants arrivant dans notre établissement en début d’année scolaire.

Je suis arrivé avec ma toute jolie et fringante SEAT Ibiza dans le parking souterrain fermé de notre école à St-Sulpice.

Ce parking est réservé aux utilisateurs du collège, j’ai laissé mon beau violon dans le coffre (la voiture étant au frais et parfaitement sécurisée), et je suis monté avec mon ordinateur (pour pondre le rapport de visite) et mon sac à main contenant mes clés, mon porte-monnaie, et ma clé de voiture, mon iPad Pro 12’9 et son petit Apple Pencil équipé de toutes mes partitions musicales.

Je précise que j’ai toujours eu, jusqu’à il y a trois semaines, ma clé de voiture dans mes poches de pantalon, sauf qu’à force que Madame K me répète que ça ne fait pas joli parce que ça fait une boursouflure sur ma cuisse, j’ai fini par céder et mettre ladite clé dans le sac à mains, même s’il reste toujours les mouchoirs en papier dans la poche ce qui au final ne change pas grand-chose au niveau boursouflure.

Mais bon, quand je peux faire plaisir, je fais des efforts, moi, je suis bon comme le bon pain voyez-vous.

Je disais quoi moi… ah oui, le parking, la voiture avec le violon dedans, moi qui monte visiter la classe.

Une fois la visite terminée, je me dis que j’ai encore deux trois trucs importants à voir dans le collège, maintenant que j’y suis (le collège est décentré de quelques kilomètres par rapport à mon bureau), mais que je ne vais pas me promener avec mon sac bien lourd et ma serviette qui l’est tout autant.

Je descends donc poser le tout dans le coffre de la SEAT, à côté du violon, et je remonte vaquer à mes occupations.

Au bout d’une heure, je redescends et veux entrer dans la voiture: fermée.

Je me dis que ce n’est pas possible, je ressaie, fermée.

Pas de panique, je sais que dans ce cas, je peux ouvrir le coffre.

Il faut vous dire que ma SEAT est équipée d’un démarrage sans clé.

Il me suffit de l’avoir dans la poche (la clé, pas la voiture) et je peux ouvrir la porte côté conducteur ou le coffre.

J’essaie donc d’ouvrir ce dernier: fermé.

Je reste là comme un grand couillon en me disant que je dois avoir oublié mon sac dans une classe ou alors dans un endroit par où je suis passé.

Là, je sors l’arme fatale qui, par le plus grand des hasards se trouvait dans ma veste, à savoir, mon iPhone et son application Chipolo.

Chipolo, je l’ai testé ici: il m’a sauvé la vie je ne sais combien de fois en retrouvant mes clés, mon sac, mon porte-monnaie, ma télécommande de garage et j’en passe. Tout est chipoloïsé chez moi, c’est comme ça, vous pouvez sourire (ou pleurer) tant que vous voulez, et je m’en félicite au quotidien.

Parce qu’il faut savoir que Chipolo n’est pas seulement utile pour retrouver un objet, il l’est aussi pour vous rassurer et vous dire par exemple le matin à 11 heures que votre sac à main a été vu pour la dernière fois il y a 4 heures à votre adresse: ainsi, vous savez qu’il y a quatre heures, vous étiez bien à la maison, donc qu’il n’y a pas à paniquer, vous ne l’avez pas perdu, il est simplement chez vous. Bon, d’accord, c’est un mauvais exemple, si mon sac à main était resté à la maison, je n’aurais pas pu être à l’école, puisque la clé de la voiture étant dedans et que je ne peux pas démarrer ma voiture si elle n’est pas à quelques mètres, je vois que vous suivez, je suis fier de vous.

Mais oui, c’est ça aussi, Chipolo!

Là encore, Chipolo m’a été utile en me disant que mon sac était connecté à proximité.

Je me dis qu’il se trompe, je m’éloigne: il me dit qu’il a perdu le contact. Je me rapproche, il se reconnecte.

Donc le sac est bien dans la voiture.

Et je fais quoi moi, maintenant, qui dois aller à la répétition dans 90 minutes (à 30 kilomètres de là), hmm?

J’appelle le garage: non, Monsieur, il n’y a pas de manipulation de secours, désolé, il faut utiliser votre deuxième clé.

Deuxième clé qui est à Bière, bien évidemment, donc aussi à 30 km de là.

Là, c’est simple, je hais la vie.

J’appelle Mme K qui travaille dans le même établissement que moi, mais dans un autre collège que celui de St-Sulpice, elle va pouvoir m’aider MAIS:

  • je dois me faire amener à son collège par un collègue;
  • nous devons partir d’urgence à mon bureau pour prendre mon violon de secours, celui avec lequel je travaille quand je suis bloqué au collège jusqu’au soir pour une soirée de présentation ou autre;
  • j’imprime mes partitions (normalement sur l’iPad, donc dans la voiture) depuis un ordinateur de l’école puisqu’elles sont disponibles sur DropBox (merci tellement DropBox!);
  • elle m’amène à Perroy (lieu de la répétition) et devra attendre au bistrot une bonne heure et demie que j’aie fini (merci tellement Mme K!);

Reste que j’ai été bien embêté parce que je me suis bien habitué à lire mes partitions sur iPad, et là, sur papier, avec en plus mes lunettes dédiées pour la lecture de partition dans mon sac à main, je ne voyais pas les notes avec mes progressives qu’il va falloir songer à changer.

Bref, le lendemain, j’ai retrouvé ma voiture qui s’est ouverte sans problème à l’aide de la deuxième clé.

En ce qui concerne la « panne », eh bien ce n’en est pas une car si j’ai bien compris, la voiture s’auto-sécurise lorsqu’elle voit que la personne a laissé la clé dans le véhicule au bout de X minutes.

C’est vachement malin, ça!

C’est qui l’ingénieur qui a pensé à un truc pareil?

Et c’est qui l’équipe qui a validé la chose?

Parce j’imagine le pire: là, j’étais dans un parking souterrain, laisser la voiture ne me coûtait rien et surtout, c’était possible.

Mais au centre de Lausanne, avec des places de parc limitées dans le temps (2 heures maximum, voire parfois 30 minutes), je faisais quoi?

Je rentrais comment à Bière, sans argent? Bon, il y avait l’Apple Watch et ApplePay, mais je ne sais même pas si les CFF acceptent cette technologie, ou alors Twint, mais il avait encore moins de chance qu’il soit accepté et comme il fonctionne une fois sur trois, je ne l’utilise quasiment plus.

Pour ne prendre que cet exemple…

Bref, il y a des moments où l’on se sent tout petit et impuissant dans la vie.

Là, c’en était un, et pour une fois, j’ai maudit la technologie qui veut tout faire mieux que moi quand je ne lui demande rien, tout en la remerciant un peu à travers Chipolo qui m’a empêché de me faire du souci pour mon sac à main.

Et vous savez quoi?

La boursouflure sur ma cuisse, je m’en fous pas mal: je remets la clé dans ma poche.

Oui, Madame K, c’est comme ça.