Tenet: je suis trop vieux pour ces conneries ou alors… Ce serait eux le problème?

Depuis début mars 2020, nous n’avons plus mis les pieds au cinéma, nous qui sommes pourtant abonnés Pathé et qui adorons aller voir des films.

Pathé d’ailleurs a été très sympa en prolongeant les abonnements non pas des deux mois d’interdiction d’aller voir des films, mais de trois, puis nous il nous a permis, à nous les abonnés de prolonger encore un mois supplémentaire le gel de notre abonnement.

Cela dit, ni Mme K ni moi-même ne voulons nous asseoir dans une salle pendant encore bien quelques mois, et, là encore, j’ai trouvé chez Pathé Suisse des interlocuteurs compréhensifs et qui ont accepté un arrangement supplémentaire de gel de notre abonnement jusqu’à « quand les choses iront mieux ».

Je regrette d’ailleurs bien évidemment cet état de fait, et je me rends bien compte des immenses difficultés que rencontrent les salles de cinéma, qu’elles soient indépendantes ou des grosses machines comme Pathé.

Plus de films en vrai, plus que du Netflix, la TV ou des DVD pour pallier ce manque, et je comprends bien que le risque est énorme pour les salles que pas mal de gens ne reviennent au final plus au cinéma.

Et voilà que je lis que ce cinéma mourant sera peut-être sauvé par Christopher Nolan, à travers son dernier blockbuster, Trenet.

Je précise que je ne suis pas fan de ce genre de films, que Mme K l’est, elle, et qu’elle a pris des places à l’Open Air de Morges, magnifique endroit dans la cour du château, avec un bel écran, une belle sono, des organisateurs très sympas et tout à fait professionnels.

Il pleuvait certes, nous aurions pu voir le film dans la salle de l’Odéon, à deux pas, puisque c’est ce cinéma qui est l’instigateur et l’organisateur de l’Open Air.

Mais comme nous ne voulons pas entrer dans une salle de cinéma, nous avons décliné l’offre.

Alors oui, il pleuvait, nous étions une quarantaine, mais c’était super chouette, surtout quand on part avec Mme K qui est la Prévenance même avec un grand P, puisque nous étions assis sur des chaises essuyées en direct live par les organisateurs juste avant qu’on y pose une couverture isolante, deux coussins pour ne pas avoir froid, en manteau d’hiver (il faisait 12 degrés), pull mohair et bâche en plastique vert sur les cuisses descendant jusqu’aux pieds.

J’écris ça pour vous dire que les conditions n’avaient rien à voir avec le jugement qui suit, nous étions bien, même pas mouillés, c’était même finalement des conditions superbes, surtout en temps de pandémie: là, nous ne risquions rien.

Et puis, Tenet a commencé.

Monstre scène d’action dans un opéra, avec des gentils et des méchants que dès le départ, on ne sait plus qui est qui, mais ça, c’est plutôt fréquent, après, on vous explique… en général.

Pas là, ou alors à la fin (paraît-il, parce qu’on ne l’a pas vue).

Le film dure deux heures et trente minutes.

Nous sommes restés jusqu’à l’entracte, pendant une heure et trente minutes.

Une heure et trente minutes au cours desquelles je n’ai strictement rien compris à des histoires qui remontent le temps, balles inversées, scènes qui le sont tout autant.

Ça m’a d’abord interloqué.

Puis énervé.

Enfin, je me suis décidé à voir ce film comme une parodie des Inconnus, et j’ai été pris de plusieurs fou-rires.

N’importe quoi.

Un scénario qui ne tient pas la route.

Des dialogues invraisemblables qui partent à toute vitesse.

Des scènes d’action bien moins puissantes qu’un James Bond.

Un acteur principal moins expressif, tu meurs.

Un montage de merde.

Bref, une ineptie.

À l’entracte, les gens derrière nous nous ont demandé si on avait compris quelque chose.

Nous? Rien.

Même Madame K qui est pourtant assez au point dans ces films était aterrée.

Eux? Rien non plus.

Je suis descendu au bar extérieur, et là étaient réunis les autres spectateurs.

Je n’ai pas pu m’empêcher, j’ai demandé bien fort: Mesdames, Messieurs, est-ce que quelqu’un a compris quelque chose à ce film?

Tout le monde a bien rigolé, tous étaient dans la même incompréhension que nous.

Bref, nous sommes partis, pour nous, un ratage complet, une espèce de masturbation intellectuelle d’un auteur qui a pourtant fait de belles choses auparavant à ce qu’on m’a dit.

Lui a compris son film.

Il doit être bien seul.

Je ne comprends pas comment son équipe n’a pas pu lui expliquer que certains, qui n’étaient pas dans sa tête, pouvaient éventuellement ne pas le suivre.

On s’est bien marrés dimanche matin à lire les critiques bonnes ou mauvaises des journalistes qui nous racontaient leurs découvertes que nous n’avions même pas imaginées lors de la projection.

Et celles de spectateurs, qui semblent pourtant passionnés du genre, qui ironisent sur la chose.

Bref, un conseil?

Fuyez!