Quoi, ma gueule?

C’est dingue comme les choses changent…

Les débuts de Cuk.ch, c’était pratiquement il y a 20 ans.

À l’époque, Facebook n’existait pas encore puisqu’il est né en 2004, pas plus que Twitter un peu plus jeune puisque né en 2006.

C’était une chouette époque, tout de même, cette vie sans réseaux sociaux.

Les complotistes vivaient cachés, les fake news étaient limitées à un ou deux journaux, d’ailleurs, elles ne s’appelaient même pas comme ça, on parlait de désinformation.

Ce foutu anonymat, que je déteste plus que tout sur Internet et qui permet toutes les insultes, toutes les lâchetés, tous les harcèlements, n’était pas la plaie qu’il est maintenant.

Quoique…

Je me rappelle m’être énervé sur ce sujet sur Cuk à l’époque, ce devait être il y a 15 ans, mais je n’ai pas retrouvé l’article qui en parlait.

Cela dit, il y a anonymat et anonymat: tout au long de ces 20 ans, j’ai côtoyé virtuellement des lecteurs qui étaient des fidèles commentateurs et dont je ne connaissais que l’avatar, ce qui ne nous a pas empêchés de devenir amis, sans nous être jamais vus.

Le plus célèbre d’entre eux, pour les anciens, c’était Okazou dont j’ai appris un jour la triste disparition par sa femme qui ne m’a dit qu’une chose: il se prénommait Pierre.

Okazou était un commentateur d’une finesse et d’une rudesse tout à la fois qui en ont énervé plus d’un.

Mais même quand il s’énervait, et c’était souvent, ce n’était pas pour salir l’auteur de l’article qu’il commentait, ou un autre commentateur, c’était pour dire sa rage, toujours argumentée.

Nous avons bataillé avec lui, mais jamais je n’ai pensé qu’il se cachait derrière un avatar: Okazou, c’était Okazou.

Qu’il s’appelle Okazou ou Charle Leroi ou Pierre Lambert ne change rien pour moi.

Je pense tout pareil avec tous ces gens avec qui nous avons des relations houleuses parfois, chaleureuses souvent et que je ne connais que sous leur pseudo.

Derrière Facebook, Instagram et autres, ce n’est pas pareil: une part de la société, anonyme, crache sa haine, ment à longueur d’écriture, appelle à la violence, c’est à désespérer, mais que voulez-vous, quand on a comme modèle un président à mèche blonde qui se lâche dans des milliers de tweets aussi scandaleux les uns que les autres (purée, pourvu qu’il finisse par partir, je tremble à l’idée du contraire), comment voulez-vous que la communication des humains que nous sommes soit apaisée?

Tout ça pour dire que les choses ont changé.

Mes enfants et ma naïveté également.

Au début de Cuk.ch, Basile avait 2 ans.

C’était une époque où, lorsqu’on avait quelque chose à montrer, notamment dans un test sur un appareil de photo numérique (c’étaient les débuts, soit dit en passant mon premier APN, je l’ai acheté quelques heures avant la naissance du petchot), qu’est-ce qu’on prenait comme modèle?

Ses enfants.

Basile puis Juliette en ont pris pour leur grade sur Cuk, mais toujours dans la bienséance, évidemment!

Jamais pour parler de notre vie privée, mais oui, comme modèles consentants ou non: à l’époque, je ne me posais pas trop de questions.

Maintenant, ils sont adulte pour l’un, adolescente pour l’autre, il faudrait voir que je leur demande de poser pour un test, déjà que je n’arrive pas à les prendre en photo pour le plaisir!

Je pourrais me retourner vers Madame K, mais rien que l’idée de l’évoquer me fait trembler tellement elle est réfractaire à tout ça.

Donc quand je veux montrer les avancées d’un appareil de photo, comme l’autre jour celui de l’iPhone 12 Pro Max, notamment sur les photos d’intérieur et sur les visages, je fais quoi, moi?

J’en suis réduit à poser moi-même comme modèle.

Deux articles, deux photos (trois si on compte les deux pour le comparatif), alors que vous ne m’aviez jamais vu en 20 ans, à une ou deux exceptions près, lors d’une Cukday ou lors de la fête de fermeture de Cuk.ch.

Imaginez que ça n’a pas été facile de glisser ces photos sur mon blog.

Bon… ben maintenant, c’est fait, ce sera un peu plus facile pour les prochaines fois…

Parce que prochaines fois, il y aura, puisqu’en matière de modèles, les choses ne vont pas s’arranger.

Dommage pour vous!