Pédale douce jusqu’aux vacances de printemps

Ce n’est pas trop mon style de ralentir la cadence, mais là, je dois me résoudre à le faire, pour quelques semaines.

Pas parce que je n’aime plus faire vivre ce blog, bien au contraire.

Mais simplement parce que, ces temps, lorsque je rentre de mes journées de 11 heures, voire souvent plus, pratiquement sans pause y compris à midi et que j’ai encore à régler des tâches professionnelles une fois à la maison, quand, parce que je ne peux plus, je me résous à arrêter, eh bien je n’ai qu’une envie, dormir.

Ces journées sans fin, ce sera mon lot jusqu’aux vacances de printemps.

En effet, je suis entré depuis quelques semaines dans une phase critique de mon métier, à savoir diriger, plus que d’habitude, des réseaux scolaires afin de déterminer, juste avant lesdites vacances de printemps, les mesures que l’on doit offrir aux enfants qui ont des besoins scolaires particuliers pour la rentrée d’été.

Il se trouve que je m’occupe de ces élèves en difficulté, élèves qui sont nombreux, parmi les 1400 de mon établissement.

Mais qu’est-ce qu’un réseau, me demanderez-vous?

Je vous explique.

Quand un élève est en difficulté, ce n’est en général pas par hasard.

L’école, seule, ne peut trouver la solution.

Elle doit donc réunir dans un lieu physique ou virtuel tous les intervenants concernés par l’enfant, à savoir :

  • les parents
  • les enseignants
  • les assistants à l’intégration internes à l’école
  • les enseignants spécialisés pour élèves en difficulté
  • les thérapeutes scolaires, parmi lesquels les psychologues, les psychomotriciennes, les logopédistes (dans le canton de Vaud, nous intégrons ces trois disciplines à l’intérieur des écoles sous la détermination PPLS pour psychologie, psychomotricité et logopédie scolaire)
  • les thérapeutes externes à l’école, les pédiatres, les pédopsychiatres, les neurologues, les ergothérapeutes, les psychologues, psychomotriciens et les logopédistes privés, et j’en passe…
  • les assistants sociaux de ou externe à l’école
  • les éducateurs
  • les infirmiers scolaires
  • les médiateurs
  • un référent de mesures renforcées (anciennement inspecteur de l’enseignement spécialisé)

Ainsi, tous les aspects de l’enfant sont discutés et pris en compte ensemble, ce qui doit nous permettre de trouver la meilleure solution possible pour l’aider.

Depuis 2019, l’école vaudoise organise de manière très documentée cette aide aux élèves à travers le Concept 360° que vous pouvez trouver ici.

Voici un extrait du comment ce concept se définit lui-même:

Le « Concept 360° » place l’élève au centre du dispositif. Il l’accompagne de manière transversale, ainsi que les professionnel-le-s qui l’entourent, en collaboration avec les parents, quels que soient les besoins. Il met l’accent sur la prévention et les interventions précoces.

Les collaborations accrues et les regards croisés, la formation continue, l’efficience et la mutualisation des moyens sont aussi des axes forts de ce dispositif qui devrait permettre aux professionnel-le-s du terrain d’être mieux armés, à tous les niveaux, pour offrir une réponse structurée à l’ensemble des besoins de l’école et des élèves vaudois.

Ainsi, différentes mesures sont prévues dans différents domaines, qu’il s’agisse de la pédagogie régulière ou spécialisée, de la promotion de la santé et de la prévention en milieu scolaire, du socio-éducatif ou encore de la migration.

Oui, nous sommes plutôt bien outillés en la matière dans le Canton de Vaud.

Pour mettre en pratique les mesures dites ordinaires ou renforcées, le réseau est donc le pivot central de ces regards croisés entre parents et professionnels.

Cela étant, et c’est normal, ces réseaux sont incroyablement chronophages pour celui ou celle qui les organise.

En amont, il faut déjà récolter les coordonnées de tous les intervenants autour de chaque enfant.

Il faut ensuite lancer une invitation via un sondage de type Doodle, mais surtout pas Doodle lui-même, ce dernier étant particulièrement nul sur Mac pour se coordonner à votre agenda.

J’utilise donc Vyte.com, que j’ai testé ici, et qui me sauve la vie.

Il faut confirmer l’invitation, envoyer le lien Zoom à tous les participants, y compris aux parents.

Deux semaines avant le réseau, il faut le rappeler aux mêmes personnes.

Il faut ensuite le diriger et prendre des notes à la volée.

Ensuite, il faut mettre en page et structurer lesdites notes dans un PV qui pèse entre 6 et 10 pages, l’imprimer, le classer, entrer les conclusions du réseau dans mon système informatique afin de savoir ce que je dois demander comme aide.

Tout cela pour plus de 130 réseaux annuels, dont une quarantaine ces trois prochaines semaines.

Vous dire que j’ai la tête qui chauffe est un euphémisme…

Donc, voilà, je suis plutôt bien occupé ces jours.

Et cette semaine, encore un peu plus, parce que, voyez-vous, je me marie ce mercredi.

Oui, oui, avec Madame K, parfaitement.

Madame K qui restera Madame K, soit dit en passant.

Alors voilà, ne m’en veuillez pas si je ne produis pas grand-chose ces prochaines semaines, s’il vous plaît.

Merci!

Image de couverture Pixabay.com