Pour commencer, remettons les choses dans leur contexte:
- l’intelligence artificielle m’intéresse;
- l’intelligence artificielle m’angoisse;
- je ne veux pas foutre en l’air la planète à chaque fois que je fais une recherche sur Internet;
- je veux de moins en moins dépendre des États-Unis et des décisions du Grand Malade qui dirige ce pays qui l’a élu en 2024, finalement assez largement au niveau des grands électeurs du moins.
Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé il y a quelques jours avec Claude IA, d’Anthropic, seule entreprise à avoir osé s’opposer au Grand Méchant épouvantable.
Je sais, comme tout le monde, que l’IA pose des problèmes d’éthique et qu’elle est absolument énergivore et dévastatrice pour la planète.
C’est la raison principale qui fait que, par exemple, je n’ai utilisé une IA générative d’image qu’une seule fois, et que je n’ai jamais essayé d’utiliser cette dernière pour créer la moindre musique ou vidéo.
Par contre, j’utilise l’IA via Lightroom, ou d’autres applications, par exemple pour diminuer le bruit d’une image, mais cela se fait en local.
Il en va tout autrement, depuis quelques mois, de mes recherches sur Internet et de mes aides techniques, par exemple lors de l’installation de mon NAS qui s’est effectuée avec l’aide de Perplexity.
Je suis abonné à deux IA: Claude et Perplexity, justement.
Je pense qu’il est tout de même possible, avec tout le préalable dont je viens de parler, de demander de l’aide à un service tel que ceux-là, lorsqu’on en a besoin, avec parcimonie.
Mais je me suis laissé prendre au jeu, pendant quelques mois, de Comet, le navigateur basé sur Chromium et signé Perplexity.
Pourquoi Comet ne me convient plus
Avec ce navigateur tout à fait confortable, la moindre recherche vous amène, certes, sur le site que vous recherchez (et encore, pas toujours), c’est bien la moindre des choses.
Mais au lieu de vous fournir une bête liste de liens, il vous rédige le résultat d’une recherche complète, dûment documentée, dont la plupart du temps, je n’ai pas besoin.
Typiquement, je cherche le site de Cuk en entrant dans le champ URL « cuk », je trouve bien le site, mais également tout un tas de trucs sur ce dernier, dont je n’ai, je le répète, souvent absolument pas besoin.
Alors oui, il arrive aussi que le résultat de la recherche suffise à vous éviter d’aller plus loin, mais la plupart du temps, du moins dans mon utilisation, un lien vers ce que je recherche (ici cuk.ch) aurait suffi.
Tout le reste, c’est du gaspillage énergétique.
Retour vers Kagi
C’est l’une des raisons qui a fait que j’ai décidé
- de changer de navigateur
- de revenir à mes anciennes amours dont je ne me suis d’ailleurs jamais désabonné, à savoir le moteur de recherche kagi.com.
- de demander l’aide de l’IA seulement lorsque c’est nécessaire
Je vous en avais parlé ici, à l’époque, vous expliquant pourquoi je l’avais choisi, alors qu’il était payant, de préférence à un Chrome gratuit.
En résumé, je ne supportais plus la pub de Chrome (et sa qualité déclinante à l’époque), et Kagi était la meilleure alternative après avoir essayé longuement Ecosia, Duk Duk Go et d’autres encore.
De plus, la grande force de Kagi est le respect absolu des données des utilisateurs, nous garantissant la plus grande intraçabilité.
Alors oui, j’étais et je reste toujours prêt à payer quelques francs par mois pour cela.
Kagi a d’ailleurs bien évolué, puisqu’il a:
- sorti un nouveau navigateur, Orion, basé sur WebKit, le même moteur que celui utilisé par Safari, mais avec la possibilité de charger des extensions à la fois compatibles avec Chrome et Firefox.
- lancé une intelligence artificielle respectueuse là aussi des utilisateurs.
Le moteur de recherche Kagi s’utilise comme un moteur traditionnel, vous offrant une suite de liens toujours pertinents, et propose son IA, certes, mais dans un deuxième temps, et seulement si vous le désirez en cliquant sur « Réponse rapide ».
J’adore comment le résultat est agencé, sans la moindre pub, bien évidemment.
Quitter Comet, oui, mais vers quoi?
Il me fallait donc quitter Comet, ce qui n’a pas été tout simple, parce qu’il fonctionne plutôt de manière fiable, ce qui n’est pas forcément le cas des alternatives à Chrome, navigateur que je veux absolument éviter.
Dans mes choix, il faut aussi savoir que j’utilise SupaSidebar pour gérer mes onglets favoris et mes onglets ouverts.
SupaSidebar est un logiciel dont je vous ai parlé ici et qui évolue de jour en jour de manière spectaculaire, je vais y revenir dès qu’il sera sorti de sa phase bêta, ce qui devrait arriver tout soudain, selon son éditeur.
Je n’avais donc pas besoin d’un logiciel comme Arc, ou Zen, puisque SupaSidebar remplace la barre latérale et les espaces de travail qui font leur spécificité et dont je ne pourrais plus me passer.
Quoi de mieux que de tester Orion, puisqu’il est du même éditeur que Kagi?
C’est bien sûr ce que j’ai fait pendant une quinzaine de jours, mais Orion pose trop de problèmes avec certaines extensions, MerciApp (correcteur orthographique dont j’ai parlé ici) notamment, qui ne fonctionne pas avec ce navigateur, ou Antidote (testé dans sa dernière version ici) qui fonctionne, lui, une fois sur deux.
De plus, Orion n’est pas reconnu par certains sites très sécurisés (certaines banques notamment), c’est fatigant, à la longue (même au bout de quinze jours, « la longue » venant assez vite, chez moi).
Vivaldi, que j’avais testé ici?
Beaucoup trop usine à gaz.
Firefox?
Je n’ai jamais vraiment trop croché sur ce navigateur, même si je sais qu’il s’agit d’une belle démarche, ce n’est pas faute de lui avoir donné une chance en 2021, comme je l’ai écrit ici.
Safari?
Alors, s’il y a un navigateur qui ne me convient pas, c’est bien celui-ci.
Je suis donc revenu à Brave.
Un logiciel fiable, lui aussi assurant une protection des données maximales, rapide, et compatible jusqu’au bout des ongles avec toutes les extensions pour Chrome.
Il ne gère pas les espaces de travail comme je le désire?
Pas grave, SupaSidebar s’en charge à sa place.
Brave, Kagi.com comme moteur de recherche, le duo gagnant.
Et vers quel assistant IA me diriger?
Reste l’IA, dont j’ai besoin, souvent, pour des raisons techniques propres à la gestion d’un site comme celui que vous lisez maintenant, pour comprendre de manière assez fine ce qui m’échappe dans un logiciel que je teste.
Je cherche aussi une IA européenne, si possible.
Pour les recherches légères, je demande une réponse rapide à Kagi, le bouton que je vous ai montré dans la capture d’écran précédente.
Si je dois aller plus loin, je demande soit à Euria, l’IA d’Infomaniak éthique tant en ce qui concerne la protection de mes données que celle de l’environnement (allez regarder, cette entreprise est vraiment trop chouette), basée en Suisse, de me dépanner.
Si Euria ne me satisfait pas parce qu’elle est encore un peu légère, je demande à Kagi Assistant.
Kagi Assistant me ravit depuis quelques jours
Kagi propose une option gratuite, mais très limitée: vous disposez de 100 recherches avec ou sans IA de Kagi, et tout s’arrête (pour toujours), pour continuer, vous devez passer à un plan payant.
Pour 5 $ (plus taxes de type TVA), vous disposez de 300 recherches avec ou sans IA de Kagi par mois.
Pour 10 $, vous pouvez faire ces mêmes recherches, mais en illimité.
Ces deux plans ne proposent que des recherches IA basiques (mais tout de même performantes), pour aller plus loin, il faut passer par le plan Ultimate à 25 $ (toujours plus les taxes) par mois.
Si vous payez annuellement, c’est 10 % moins cher.
Elle peut fonctionner avec la propre IA de Kagi (Choix de Quick), qui ne consomme pratiquement rien, ou en utilisant plusieurs LLM partenaires, tels Mistral, Claude, Chat GPT, Gemini.
En ce cas, selon le modèle, cela va consommer des crédits qui seront pris sur votre plan annuel.
Notez que ces frais sont assez bon marché, comme le montre le tableau des utilisations des recherches IA que vous trouverez sur votre compte.
Comme vous pouvez le constater, il y a des recherches avec modèles gratuits, comme Mistral, qui ne coûtent rien.
Chaque fois que vous voyez une dépense dans une journée dans le tableau ci-dessus, c’est que j’ai utilisé au moins une fois dans la journée un LLM comme Claude ou Chat GPT.
En plus de choisir sur un modèle particulier, Kagi permet des recherches dites Quick, comme je l’ai écrit plus haut, ou Research.
Cette dernière consomme des crédits, puisqu’elle choisit automatiquement de travailler avec un modèle tiers qui correspond le mieux à la recherche lancée.
Kagi, lorsqu’on veut travailler avec l’un de ces deux modes de recherche, est très clair tant sur le coût, la qualité, la vitesse, et la confidentialité de la recherche.
Un exemple de recherche en mode Quick?
Vous noterez que le résultat est très complet,et peut être copié-collé dans Word en gardant tous les attributs, ce qui n’est pas toujours le cas de la concurrence.
Notez encore qu’il est possible de rechercher, en plus des modèles LLM, sur tout le Web ou sur une partie de ce dernier.
Voilà.
Et maintenant?
Je ne vais pas multiplier les abonnements vers des IA.
La première chose que j’ai faite, c’est de me désabonner chez Perplexity. Il faut dire que Aravind Srinivas, le PDG de Perplexity, a parlé de mettre de la pub dans son moteur de recherche, et qu’il voulait utiliser les données des utilisateurs de Comet pour cibler les publicités en fonction de leur utilisation.
Comme Chrome, quoi…
Alors c’est non, je ne renouvellerai pas Perplexity.
J’ai modifié mon plan Kagi vers « Ultimate ».
Je garde pour l’instant Claude, pour tout le domaine technique, mais de manière peut-être provisoire, à voir comment Kagi avec l’utilisation d’un modèle de Claude pourrait le remplacer.
En fait, l’avantage de Kagi, c’est qu’il s’agit un peu d’un agrégateur d’IA: vous allez chez celui qui est le meilleur dans certains domaines, sans avoir à prendre d’abonnement chez ces derniers (c’est d’ailleurs un peu le principe de Perplexity).
Cela étant, j’ai aussi besoin de Claude pour travailler sur des dossiers de mon ordinateur, ce que ne me permet pas Kagi.
Et puis après?
Après, on ne sait pas.
Déjà, il faut voir ce qu’Apple nous propose en matière d’IA: est-ce que son modèle « en local » permettra de se passer, la plupart du temps, des data centers?
Si c’est le cas, c’est le top, et s’il peut travailler sur mes dossiers internes, c’est encore mieux.
Mais, de toute façon, dès qu’il s’agira d’aller plus loin, je n’ai pas trop envie d’être redirigé vers un Gemini de Google, même s’il est bon.
Donc, pour l’instant, selon mes besoins, je pioche dans la liste suivante, en partant du plus haut possible et en essayant de ne pas descendre ou de descendre au minimum:
- Recherche simple Kagi
- Recherche Kagi avec réponse rapide
- Recherche Euria
- Recherche IA Kagi Assistant avec moteur de Kagi
- Recherche IA avec Kagi modèle Mistral
- Recherche IA avec Kagi modèle Claude ou Open AI
- Recherche Claude pour des besoins spécifiques
Et vous, vous les vivez comment, vos recherches?

