Je quitte Dropbox le jour où…

Non, mais il faut le faire, quelque part, c’est tout de même assez incroyable.

Je vous explique.

J’utilise Dropbox depuis ses débuts, avec beaucoup de plaisir. Ce système de synchronisation de nos fichiers, qui nous permet de les voir depuis nos smarphones, tablettes, différents ordinateurs et même depuis n’importe quel navigateur et ce sur n’importe quelle machine que vous trouverez par exemple dans un hôtel, ce système donc, pas vraiment une sauvegarde, mais qui joue tout de même quelque part un peu ce rôle, c’est tout de même assez génial.

Bien évidemment, je synchronise tous mes documents, qu’ils soient privés ou professionnels, puisque j’ai tout sur la même machine alors que ces derniers, je n’ai pas vraiment le droit officiellement de les « sortir » à l’étranger, ce qui est le cas lorsqu’on travaille avec Dropbox.

Et puis, et c’est encore pire depuis l’avènement d’un président à la mèche jaune et à la bouche en cul de poule (mon Dieu, quand j’y pense, ça me fout des frissons), les États-Unis, je ne leur fais pas vraiment tout à fait confiance en ce qui concerne le respect de la vie privée, et bien sûr professionnelle dans mon cas.

Cela fait quelques mois que je me dis, à ce propos, que les sauvegardes en ligne de type Backlbaze, ou iDrive (la dernière que j’ai utilisée), d’une part, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus sûr, et d’autre part, c’est plutôt énergivore.

J’ai donc cessé de sauvegarder en ligne, par contre, synchroniser, je me vois mal arrêter de le faire, du moins tant que j’ai une activité professionnelle et que je bosse avec plusieurs machines.

Dropbox, je l’apprécie beaucoup, il est incroyablement fiable, mais il souffre pour moi de deux défauts:

  • il stocke les données à l’étranger;
  • il renchérit ses prix régulièrement et n’est plus vraiment donné puisqu’il est passé, l’air de rien, à 158 $ par année.

Certes, son application devient très complète, mais je ne l’utilise jamais, me contentant des sa fonction de base, à savoir la synchronisation.

Depuis deux mois, je lorgne sur autre chose. Autre chose qui vient de passer en mode totalement public (avant, il fallait être sur liste d’attente).

Cet autre chose, c’est…

kDrive, d’Infomaniak

Infomaniak, c’est en Suisse et c’est là qu’est basé le site que vous lisez en ce moment.

J’ai un problème?

Je leur téléphone, ils me répondent dans les 5 minutes, en français bien sûr.

Et puis, une de leurs pages affiche cela:

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Une autre cela:

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Alors vous comprenez que la chose m’ait titillé et que je me sois dit: c’est la solution qu’il me faut!

Le fait que les données soient stockées en Suisse est une chose très importante pour mon travail, je suis content à ce niveau d’être rentré « dans l’ordre ».

En deux mots

Je suis passé de Dropbox à kDrive sans le moindre problème, qu’on se le dise.

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kDrive fonctionne en toute transparence, comme Dropbox, parfaitement intégré au Finder (mieux même que Dropbox quelque part, il est possible de synchroniser d’autres dossiers que le dossier kDrive), des applications sont proposées sur nos téléphones et tablettes, tout aussi performantes que celles proposées par son concurrent américain.

Je ne vais pas aller plus loin parce que je veux parler de ce que je teste au quotidien, et kDrive n’est installé chez moi que depuis mardi.

Je vous en dirai plus sur ce sujet très bientôt.

Ce qui est marrant, si on peut dire…

Pour moi, données en Suisse signifie données parfaitement en sécurité.

Comme je l’ai écrit plus haut, mon passage de Dropbox vers kDrive a été essentiellement décidé pour cette raison.

Or, après tant d’indécision, le jour où enfin, je fais le pas, la nuit où la synchronisation s’effectue, patatras, voilà ce que nous apprenons dans le journal 24 Heures mercredi matin:

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Cliquez une première fois pour agrandir, puis une deuxième fois pour voir le texte en taille tout à fait lisible.

Cocasse n’est-ce pas?

Voilà qu’une société, Crypto AG, à Zoug, qui semblait être bien suisse, donc sûre, avait donc été rachetée par les services secrets et la CIA et fournissait à de nombreux pays, plus d’une centaine, un cryptage soi-disant exceptionnel, qui l’était sans doute, sauf qu’il ouvrait une porte cachée aux Américains et aux Allemands jusqu’en 1993, puis à la CIA ensuite, qui a pu lire comme dans un livre tout ce qui se passait chez ses amis et bien évidemment chez ses ennemis.

Et tout cela avec, semble-t-il, mais ce n’est pas encore tout à fait sûr, des hauts pontes au pouvoir dans notre pays qui savaient et qui étaient donc complices.

Purée, l’image de marque de la neutralité de notre pays, de sa fiabilité, de ses bons offices me semble prendre un sacré coup dans la tronche.

En conclusion

D’abord, pour un Suisse qui a confiance en ses institutions, lire un tel article, c’est dur.

Cela n’enlève rien à la confiance que j’ai en Infomaniak qui n’a bien sûr rien à voir avec ce scandale.

Je ne vais pas revenir à Dropbox, c’est clair, à moins qu’au bout de quelques jours, je me dise que finalement, kDrive n’en vaut pas la chandelle, mais a priori, je suis persuadé du contraire.

N’empêche, oui, là, la confiance en mon pays en prend un coup, et je n’aime vraiment pas ça.