Déconfinement dès ce lundi, en Suisse aussi

Vous m’excuserez de revenir brièvement sur le sujet d’actualité de ces dernières semaines, dans ces moments un peu particuliers de déconfinement où l’on ne comprend plus tout à fait ce qu’il faut faire pour faire juste, ce qui est tout de même un tout petit peu anxiogène.

Les masques sont obligatoires dans les transports publics en France et dans d’autres pays?

Pas en Suisse, ils sont juste recommandés.

On fait une fois de plus confiance à la sacro-sainte discipline des Suisses.

Jusqu’ici, il faut bien admettre que ça a plutôt fonctionné, finalement, nous ne sommes pas pires que d’autres.

Sauf que j’ai dû aller en ville deux fois cette semaine pour faire des courses indispensables, et j’ai constaté que cette fameuse discipline suisse en prenait un coup: mercredi, dans une grande Coop près d’où je travaille, j’ai rencontré une seule personne masquée en dehors de moi.

Vendredi, dans mon village, personne, sur la vingtaine de personnes rencontrées dans le magasin, aucune n’avait de masque.

Je précise que là aussi, j’en portais un, et que j’avais comme l’impression d’être un con parmi ces gens, ce qui est tout de même un comble.

Et à la caisse? Les distances étaient largement réduites entre les clients.

La caissière m’a répété ce qu’elle me disait la semaine passée: tout le monde s’en fout, elle a abandonné l’idée de faire la leçon aux gens.

Et que dire de cette bande de malades qui sont allés manifester par centaines, en Suisse allemande, pour qu’on leur rende leurs droits fondamentaux!

Bon, quand on voit que l’un porte un casque entièrement rouge avec la croix suisse, portant fièrement la moustache d’Hitler, qu’un autre nie complètement l’existence même du COVID-19, on se dit que… non, je l’ai déjà dit au paragraphe précédent.

Une grande partie des spécialistes dans le monde et dans notre pays insiste sur l’importance de porter un masque à la fois pour se protéger soi-même et protéger les autres..

Chez nous, on le recommande.

Bon.

C’est un pari.

Encore une fois, le premier de ces paris, qui a recommandé le confinement, a plutôt réussi, mais je doute de ce qui va se passer pour celui-là.

De toute manière, je me demande si l’on a simplement le droit de parier sur la santé des gens.

On peut jouer à la roulette russe, et s’en sortir.

Cela ne signifie pas que dans ce jeu stupide (la roulette russe donc), on n’a pas une grande chance d’y passer.

Là, imposer le port du masque, notamment dans les transports publics, c’est important.

On a décidé, encore une fois un peu seuls de notre côté, comme si nous étions immensément supérieurs, que nous ne le ferions pas.

Ça va peut-être marcher, allez savoir.

Par chance.

Je rappelle à tous ceux qui nous montrent la Suède comme exemple que l’Angleterre est partie sur les mêmes bases, et voyez où ça l’a menée.

Étonnamment, la Grèce s’en est magnifiquement sortie: elle a senti la catastrophe arriver, avec son système de santé en difficulté, et elle a confiné avant tout le monde, et testé massivement.

Alors voilà.

Demain, nous reprenons l’école.

Même si c’est une bonne chose et que beaucoup est fait pour la sécurité des enfants, cela reste un pari.

J’espère que nous allons le gagner.