Première expérience en train à travers l’Europe plutôt… mitigée, mais finalement positive

J’ai déjà parlé de notre départ à Amsterdam sur ce site.

Nous avons eu beaucoup de plaisir dans cette ville incroyable, habitée par des gens sympas et serviables, en n’ayant jamais l’impression d’être des pigeons comme cela peut être le cas dans d’autres grandes villes ou lieux touristiques.

Donc, une fois là-bas, c’était bien.

C’est l’avant et l’après qui ont été plus compliqués.

Depuis quelque temps, je suis en plein dans la mouvance « l’avion, on ne le prend plus en Europe, surtout quand on peut aller là où l’on veut en train ».

Histoire de diminuer notre empreinte carbone, même si, je le sais et nous en avons déjà parlé ici, le train n’est pas tout propre non plus, qu’il consomme de l’énergie transformée dont les origines ne sont pas toujours durables.

Il n’empêche que voyager en train permet de diminuer grandement l’impact de notre voyage sur le réchauffement climatique, et je trouve que c’est un devoir de choisir ce mode de transport et en tout cas de le privilégier dans tous les cas où c’est possible de le faire à l’avion.

Quant au prix, sachez que j’ai acheté mes billets sur la plateforme Omio, excellente au demeurant.

Lesdits prix sont fabuleux, pensez: pour ma fille et moi, le voyage aller et retour Lausanne Amsterdam a coûté 197 francs suisses (en tout, pour les deux donc), ou si vous préférez 180 €. Imbattable, même Easy Jet ne fait pas mieux, surtout si l’on pense que l’on arrive en train dans les centres-ville, qu’il n’y a absolument pas besoin de prendre une navette de et vers l’aéroport.

Comme quoi le train n’est pas forcément plus cher que l’avion, qu’on se le dise!

L’autre avantage du train dans ma tête d’utilisateur de ce moyen de transport pour aller bosser, quand c’est possible, ou pour relier Lausanne à Paris par exemple, ce que nous faisons de temps en temps, c’est la sérénité.

On monte dans le train, on descend, ça prend plus de temps (quoique, le TGV, quand on prend tout en compte, est plus rapide que l’avion), mais pas tant que ça quand on pense que l’on arrive au centre-ville, comme je l’ai dit, et on est bien.

Moi, prendre l’avion m’angoisse.

Pas l’avion lui-même, honnêtement, j’adore ça, notamment la phase de décollage, mais l’obligation d’arriver très en avance, — et moi, voyez-vous, je suis plutôt du genre « je veux être en avance de l’avance nécessaire » —, l’obligation de vider mon sac à la sécurité et de paumer dans la foulée quelque chose, mon enregistrement par exemple, Dieu que ces gens de la sécurité sont antipathiques et stressants, en particulier à Genève! —, l’angoisse de ne pas retrouver mes bagages, ce qui m’est déjà arrivé, et tout ce qui va avec le fait de prendre ce moyen de transport un peu magique.

Donc, j’avais pour idée que le train, c’était peinard, sans tous ces éléments perturbateurs.

Eh bien je me suis trompé.

D’abord, et je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte en tant que pendulaire, un train suisse, ça n’est pas fait pour les passagers partant pour un voyage.

Ou alors, les concepteurs de nos jolis trains ont oublié de penser à un truc: quand on voyage, on a des bagages. Oh, Juliette et moi avions chacun juste une valise de cabine et un sac à dos normal.

Impossible de le mettre ailleurs que sur un siège, à côté de nous ce qui, en ces temps de COVID-19, est plutôt une bonne chose, je vous l’accorde, et ceci dans les trois trains que nous avons pris à l’aller rien qu’en Suisse.

Non, mais, je n’y crois pas: des gars qui ont planché des mois sur la conception d’un wagon n’ont même pas été fichus d’imaginer que l’on pourrait avoir envie de garder au moins une valise cabine près de nous (le sac, je veux bien le mettre entre les jambes).

Nous avons pris trois trains différents rien que pour rejoindre l’Allemagne, des régionaux, des ICE, rien, pas de place pour les bagages, c’est juste à pleurer.

Je signale que dans les trains allemands, il n’y a aucun problème de ce genre, nous avons trouvé toute la place nécessaire.

Bon, au retour, les deux trains que nous avons pris en Suisse avaient cette fameuse galerie au-dessus des sièges, si je comprends bien, il faut juste avoir du bol.

Et ne me parlez pas de ce compartiment à bagages à l’entrée de certains wagons (à l’aller, il n’y en avait même pas): dans notre dernier tronçon, entre Bienne et Lausanne, une dame a failli s’y faire voler sa valise. Si elle n’avait pas été attentive, n’avait pas hurlé, ce qui a fait se lever des militaires pour se ruer sur le gars qui est parti en courant sans l’objet du délit resté coincé fort heureusement.

Il est évident que je n’y poserai jamais ma valise, alors que je suis d’un naturel plutôt confiant.

Mais venons-en aux correspondances.

Parce que c’est là que le bât blesse.

Comme j’avais eu quelques déboires quinze jours auparavant avec Mme K pour aller à Berne, au vu des nombreux travaux sur les lignes des CFF en été, j’ai eu la bonne idée de prendre un train de Bière une heure avant celui qu’il aurait été raisonnable de prendre.

Bien m’en a pris puisqu’arrivés à Lausanne, nous nous sommes rendu compte que le train pour Berne était stoppé à Fribourg, et qu’un service de bus prenait le relais.

Comme vous le savez, le bus prend plus de temps que le train, si j’avais pris le train indiqué sur l’horaire au départ de Lausanne, j’aurais carrément raté la correspondance à Berne pour partir à Bâle, donc celle pour Cologne, et donc celle pour Amsterdam.

Heureusement donc, je suis arrivé à Fribourg très en avance, puis à Berne avec le bus dans les temps et j’ai pu prendre la correspondance pour Bâle, là où j’ai pu prendre un train pour Cologne.

Ce dernier est arrivé avec 30 minutes de retard dans cette ville, ce qui a réduit notre marge à Cologne de 40 à 10 minutes.

Là, il a fallu changer de quai d’urgence au dernier moment par rapport à ce qui avait été prévu.

Une fois dans le train de Cologne vers Amsterdam, nous voyageons une heure et l’on entend toute une explication en anglais et en hollandais du contrôleur par haut-parleur à laquelle nous n’avons rien compris.

Gare suivante, beaucoup de gens se lèvent, heureusement, une dame nous demande si nous avons compris ce qui se disait: un problème technique nous imposait de changer de train, ce que nous avons fait à toute vitesse, à la dernière seconde.

Finalement, nous sommes arrivés à Amsterdam vers 20 h 40, plus ou moins à l’heure prévue, mais en partant largement plus tôt qu’indiqué.

Au retour, pas de problème pour retrouver la gare et le quai à Amsterdam, mais heureusement, Juliette a été très attentive et m’a fait remarquer, alors que le tableau principal annonçait toujours le quai 2 b, qu’une fois sur ledit quai, le train était annoncé sur le 6B.

Nous avons donc changé de quai, nous avions le temps puisque nous étions en avance, comme toujours.

Une fois dans le train qui devait nous mener à Frankfurt Hbh, nous constatons que cette dernière destination est supprimée, que le train s’arrête à Köln Messe D, ce qui ne fait que la moitié du chemin qui était prévue. Les explications sont pratiquement inexistantes, là, c’est l’application CFF qui fait un travail formidable et nous propose des solutions depuis Köln Messe D vers Köln Hbh, puis de là jusqu’à Lausanne. Nous savions aussi, pour y être passés à l’aller, qu’il existait une liaison en ICE pour Bâle assez régulière.

Nous avons attendu à la gare de Cologne une heure et demie ce qui nous a permis de profiter de la cathédrale qui « écrase » un peu la place de la gare et d’une petite bière allemande (en ce qui me concerne, ma fille à 14 ans ne buvant bien évidemment pas d’alcool).

Suite classique, on est arrivés à Bâle dans les temps et, depuis Bâle, train direct jusqu’à Bienne et idem de Bienne jusqu’à Morges où nous avons dû attendre 50 minutes le MBC, avec là,  une petite craquée de ma fille qui n’en pouvait plus et avait mal partout.

Nous sommes arrivés à la maison à 22 heures 50, après 12 heures de trajet qui ne se sont finalement pas trop mal passées.

Alors voilà.

Au final, nous nous en sommes bien sortis, mais avec pas mal de stress tout de même.

Franchement, sans l’application CFF, une vraie merveille, la meilleure d’Europe voire du monde à ce qu’on m’a dit, et ceci même à l’étranger, ce que je veux bien croire au vu de mes expériences, je ne sais pas trop comment nous aurions fait.

C’est fou ce que l’on peut se sentir vite perdu, quand on ne comprend pas vraiment ce qui se passe.

Ah, dernier petit détail avant la conclusion: les toilettes des trains suisses font penser à des coupe-gorges, sinistres à souhait. Je me suis dit que ça devait être comme ça des toilettes de train, qu’on ne pouvait pas faire autrement.

Grave erreur! Les toilettes des trains allemandes sont bien plus avenantes, presque agréables.

Comme quoi…

En conclusion, je me dis que pour attirer les voyageurs pour l’Europe vers le train, il y a encore pas mal de travail à faire, ne serait-ce que remettre en vedette de vrais trains de nuit.

Je sais que beaucoup de politiciens, dont le Président Macron, en parlent sérieusement, et c’est une bonne chose.

Nous, l’année prochaine, nous partirons encore en Europe, et malgré les déboires évoqués plus haut, nous reprendrons le train, tout simplement parce que moralement, je ne veux plus prendre l’avion, mais si certains détails pouvaient être améliorés, ce serait avec plaisir que nous pourrions en profiter.