Luminar AI update 4 ajoute le bokeh à vos portraits

J’ai déjà souvent parlé de Luminar sur ce blog.

La dernière fois que je l’ai fait, c’était à propos de la sortie de sa dernière version, Luminar AI.

Vous savez donc que, si je n’ai aucunement envie d’en faire mon logiciel principal concernant la photographie puisqu’il est assez nul en matière de catalogage, Lightroom étant immensément plus fort sur ce point, j’ai du plaisir à l’utiliser afin d’améliorer une ou deux photos, de ci, de là, quand le besoin s’en fait sentir.

Il faut bien admettre, comme je l’ai écrit pour la dernière fois ici, que son intelligence artificielle fait merveille et nous évite d’effectuer tout à tas de retouches chronophages sur nos RAWs.

La dernière version de Luminar AI, l’update 4, gratuite pour ceux qui ont acheté Luminar AI dans une version précédente (attention, il faut bien avoir acheté Luminar AI pour en profiter, les anciennes versions ne sont pas éligibles à la gratuité, juste à un rabais), améliore encore l’ergonomie du logiciel.

Commençons par les petites améliorations

Les textures (jeux de lumières, flare, effets de bougies…) que l’on retrouve dans le masquage local, nous permettent désormais de voir ce qu’il en est de l’effet avant de l’appliquer.

Autre outil intéressant qui a été amélioré (il l’avait déjà été dans une moindre mesure dans les précédents updates de la première version AI dont je n’ai pas parlé), le remplacement de ciel qui est toujours plus efficace en matière de reflets, et qui permet désormais de bien mieux placer l’horizon, en tout cas plus simplement.

Je vous montre avec un petit film:

Bien évidemment, comme toujours, la nouvelle version permet de corriger certains bugs, mais venons-en maintenant au gros morceau de cette nouvelle version intermédiaire.

L’effet Bokeh

Si vous avez un Smartphone un peu récent, vous savez à quel point la technologie permet désormais de simuler la très faible profondeur de champ générée, par exemple, par le fait de prendre un portrait avec une grande ouverture (f1.8, focale 85 mm à 1.5 m d’une personne) avec un objectif traditionnel.

En résumé et pour faire court, l’intelligence artificielle de votre téléphone reconnaît le sujet au premier plan, le détoure à la volée et applique un flou sur tout le reste.

Bien évidemment, ces effets de bokeh sont plus ou moins naturels et ils n’arriveront jamais au même résultat que ce que nous pouvons faire avec un bel objectif et les lois de l’optique qui y sont associées.

Cela étant, ils sont pratiques parfois pour dissimuler un container à l’arrière d’un beau portrait pris sur le fait sans avoir eu le temps de poser et de composer son image.

Il a toujours été possible d’ajouter un effet de bokeh à nos images artificiellement, mais pour ce faire, il fallait détourer le sujet de premier plan qui devait rester net, et cela pouvait prendre au profane que je suis un temps interminable.

Luminar AI vous permet désormais d’obtenir un effet de bokeh en se chargeant lui-même du détourage de manière souvent très précise, et en moins de 2 secondes.

Un exemple:

Curseur vertical tout à gauche: après application de l’effet bokeh, curseur tout à droite, avant effet bokeh

Pour arriver à ce résultat, vous voyez que le programme a masqué à la perfection le sujet.

Masquage par Luminar, de manière pratiquement instantanée

Comme vous pouvez le voir sur l’image précédente, un certain nombre de réglages sont disponibles pour cette fonction de bokeh.

Tout d’abord la quantité de l’effet, qui est importante certes, mais directement liée à l’avant-dernier curseur “Correction de la profondeur”. Si ce dernier est à +100, vous ne verrez pratiquement pas d’effet bokeh.

Les outils “Contrôle du pinceau” vous permettront d’augmenter le masquage (Focus) ou de le diminuer (Defocus) en gérant l’adoucissement et le rayon du pinceau.

Je dois dire que lorsque j’ai voulu utiliser ces outils de Contrôle du pinceau, j’ai fait plus de mal que de bien, notamment lorsqu’il s’est agi d’améliorer le détourage de quelques cheveux fous.

Dans ce cas, pas de panique, le bouton “Restaurer” retrouve le masque effectué par Luminar.

Restent les outils d’arrière-plan qui sont intéressants, notamment celui dédié à la correction de la profondeur qui impacte directement l’effet bokeh, comme je l’ai écrit plus haut, et les outils Luminosité ainsi qu’Eclat tons clairs qui permettent de faire ressortir le sujet.

Mais que ce soit bien clair: Luminar AI peut et va encore s’améliorer.

En effet, dans des photos de groupes, il se perd totalement, et il ne reconnaît pas les premiers plans autres que les humains. Un objet ou un animal ne sont ainsi pas encore reconnus.

Et surtout, dans les sujets difficiles comme les portraits de femmes avec des cheveux un tantinet sauvages, le logiciel doit également s’améliorer.

Ici, avec deux personnes, Luminar ne s’en tire pas trop mal. Bon, j’ai poussé les réglages pour que vous vous rendiez bien compte du résultat en diminuant à fond la luminosité de l’arrière-plan.
Les réglages de la figure précédente

En conclusion

Encore une fois, je sais, je me répète, Luminar ne sera jamais mon logiciel au quotidien pour gérer ma photothèque, il en serait bien incapable d’ailleurs.

C’est bien dommage quelque part, parce que ses fonctions d’améliorations automatiques de l’image, je ne parle même pas des remplacements de ciels ou d’ajouts d’objets dans ces derniers qui sont pour moi du domaine du gadget que l’on va utiliser rarement à moins d’être un adepte de ces choses, ce que je ne suis pas, ces fonctions d’améliorations automatiques de l’image, donc, sont vraiment assez étonnantes et permettent de gagner un temps précieux en postproduction.

Ici, l’ajout du bokeh fait partie des petites choses qui peuvent rendre service, même si cet ajout reste en deçà de ce que vous obtiendrez avec un bel objectif lumineux à grande ouverture (ah, les effets des lamelles de nos diaphragmes, c’est tout de même autre chose qu’un flou logiciel un peu plat!),

Flou obtenu par un Sony A7R4, objectif 85 mm f1.4 ouvert à f2, c’est tout de même autre chose qu’un flou inventé par un logiciel.

Cela étant, en dehors de Lightroom qui est ma base, il est deux logiciels photographiques dont je ne me séparerai pas, c’est Luminar et DxO.

Donc je suis très content que Luminar continue à évoluer et nous offre de nouvelles fonctions, ici gratuitement, je le rappelle, pour les utilisateurs enregistrés de Luminar AI.

Luminar AI avait obtenu le label Too Much Bô.

Il le conserve dans cette nouvelle version, bien évidemment.