Et en Suisse, on confine quand? Et la Confédération, elle respecte quand son personnel?

La plupart des pays qui nous entourent confinent leurs habitants chez eux, ne laissant au travail que le personnel indispensable au fonctionnement de base de notre société.

J’y reviens plus bas.

Mais nous, en Suisse?

On nous prie de rester chez nous, parce qu’on dit que « le Suisse est responsable, qu’il sait prendre les bonnes décisions ».

Oh, soyez certains que demain, vendredi, à 14 heures, oh et puis non, à 15 heures, ouaf, on n’est pas tout à fait prêts, allez, à 17 heures, on va nous annoncer le confinement (j’écris cela pour prendre modèle sur le pétouillage qui s’est passé vendredi passé pour annoncer, entre autres, la fermeture des écoles par la Confédération).

Alors que tout le monde sait maintenant que ce foutu confinement est la seule chose qui peut freiner le virus.

Oui, nous, on attend.

On attend que « la population soit prête à accepter les mesures ».

C’est la grande phrase que nous serine notre Conseiller fédéral, Ministre de la Santé, Alain Berset.

Saut que ce Monsieur n’a pas compris que cela fait depuis vendredi passé que la population, dans sa grande majorité, que beaucoup de cantons, dont le notre, le Canton de Vaud, attendent que la Confédération prenne cette décision.

Alors qu’en France, de nombreux spécialistes estiment que le confinement est indispensable et que la décision de le mettre en œuvre lundi passé dans ce pays était déjà tardive.

Nous, on attend toujours, et on reste dans une stratégie de ne tester que les cas graves, alors que l’OMS le crie: « testez, testez testez ».

J’en reviens aux personnes obligées de travailler.

Nous en sommes, dans le milieu enseignant.

Je constate que comme d’autres, en tournus, nous devons venir au travail pour nous occuper d’élèves dont les parents ne peuvent pas assurer la garde de leurs enfants, notamment ceux qui travaillent dans le milieu de la santé et dans divers services de sécurité.

Je précise que nous sommes en contact d’enfants, fortement vecteurs, avec un gel désinfectant pour toute protection, officiellement distribué depuis hier après-midi par la protection civile. Heureusement, notre commune, responsable, nous l’a mis à disposition dès lundi.

Sinon, pas de masque, rien. Alors que nous sommes avec des enfants, sans pouvoir respecter la distance de deux mètres entre eux et nous, et encore moins entre eux.

Alors que l’on sait qu’à Bergame, pour ne prendre que cet exemple, cela fait un moment que le virus, après s’être méchamment attaqué aux personnes âgées, atteint désormais gravement les plus jeunes.

Idem pour les personnes qui travaillent dans les grands magasins par exemple. Beaucoup n’ont rien pour se protéger.

Idem encore, et c’est vraiment une honte puisque cette entreprise appartient à la Confédération, avec La Poste.

Voyez cet article du jour dans 24 Heures.

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Cet article tombe bien, si l’on peut dire, parce que je voulais de toute façon vous parler de ce que nous avons vécu cette semaine à l’école.

Une maman divorcée, avec deux jumeaux dont un souffre d’un trouble important nécessitant la présence d’un adulte à temps plein pour s’en occuper à l’école, donc pendant la garde d’urgence aussi, évidemment.

La personne à temps plein ne doit être si possible qu’une, cet enfant étant déstabilisé par tout changement, notamment lorsque plusieurs adultes s’occupent de lui.

La maman est factrice à La Poste.

Elle nous amène ses deux enfants lundi, alors que notre structure de garde n’est pas du tout adaptée pour la garde de son fils qui nécessite donc un suivi.

Je lui demande de tout faire pour garder son enfant à la maison puisqu’elle travaille à La Poste, et que pour moi, cette entreprise doit être exemplaire.

Après avoir discuté avec son chef, bien évidemment au courant de sa situation, elle m’explique qu’elle a le droit de le garder 5 jours, mais qu’après, si elle ne va pas au travail, elle risquerait, selon son supérieur, d’être renvoyée.

J’explique à la dame que cela me semble impossible, puisque La Poste est une entreprise de la Confédération, que de telles menaces soient mises à exécution, et que son chef peut m’appeler sur mon portable quand il veut.

Ledit chef refuse de m’appeler et explique à la maman que c’est comme ça, et pas autrement.

J’ai demandé à la dame de commencer par prendre ses 5 jours, et, bien évidemment, nous prendrons nos responsabilités ensuite.

Cela dit, j’avais un peu de peine à croire à l’histoire de cette dame, mais après lecture de l’article ci-dessus, force m’est de constater que La Poste semble ne pas respecter son personnel.

Honte à elle de se comporter ainsi!

Honte à la Confédération de n’avoir même pas fait le nécessaire auprès de ses entreprises, parce que j’imagine que ce n’est pas mieux aux CFF, pour qu’un tel management du personnel en temps de crise soit encore possible.

Bref, j’attends l’annonce du confinement qui tombera certainement demain.

Pour nous, cela ne va pas changer beaucoup, j’imagine que nous serons toujours de garde, avec pratiquement une protection zéro, y compris pour ceux qui doivent venir à l’école en transports publics.

J’aimerais en profiter pour dire le dévouement des enseignants en ces moments difficiles.

Tous jouent le jeu.

Tous se démènent comme ils peuvent pour envoyer du travail à domicile à leurs élèves, à tout faire pour mettre en œuvre, en attendant une solution cantonale qui sera complètement entièrement fonctionnelle la semaine prochaine (elle l’est déjà partiellement cette semaine), une plateforme ou des solutions de travail scolaire à domicile.

Croyez bien que ces gens font preuve d’un professionnalisme exemplaire, je les en remercie.

Tout comme je remercie bien évidemment le personnel soignant et tous ceux qui sont obligés de venir au travail, au mépris parfois, souvent de leur santé et donc de celle de leurs proches.