Ne soyez plus prisonnier de votre catalogue photos grâce à Avalanche, de CYME

Ils se font de plus en plus rares, les logiciels qui peuvent m’émouvoir.

Il fut un temps où tout m’enthousiasmait en matière d’informatique, les choses ont changé, je me dis parfois que tout a déjà été inventé, qu’il n’y a plus rien d’étonnant.

Et puis, il y a des logiciels lumineux, comme Newzik, Tomplay, et là, je viens d’en découvrir un autre, c’est Avalanche.

Vous aimez la photographie? Vous êtes dans un logiciel qui ne vous satisfait plus, quel qu’il soit, et vous préférez passer sur un autre programme qui vous tente depuis un bout de temps?

Deux solutions si vous travaillez avec des RAWs (et vous devriez le faire):

  • vous recommencez tout à zéro en abandonnant ce que vous avez fait pendant des années sur l’ancien logiciel, les mots-clés, les classements, et tout et tout et surtout tous vos réglages;
  • vous abandonnez l’idée, refaire tout ce travail pour des dizaines de milliers de photos, parce que c’est tout de même compliqué.

Vous avez aussi la possibilité de tout exporter en JPEG, ce qui vous permettra de conserver un certain nombre de choses, mais alors vous ne pourrez plus retoucher les images.

Ceux qui étaient sur Aperture lâchement abandonné par Apple ont bien vu le problème lorsqu’il s’est agi de passer sur un autre programme, souvent Lightroom.

Oh, une solution a bien été fournie par Adobe, mais elle est lourde et lente, au point que la conversion d’un très gros catalogue peut prendre plusieurs jours, à ce que l’on m’a dit.

Ce passage d’Apterture vers Lightroom a d’ailleurs été l’une des motivations de l’équipe de CYME de développer Avalanche.

Sauf qu’eux vont beaucoup plus loin: leur but étant de permettre de passer d’un logiciel vers un autre, quel qu’il soit.

CYME est une entreprise française formée d’anciens d’Aquafadas, Claudia Zimmer, Matthieu Kopp et Thomas Ribreau, équipe que je connaissais bien à l’époque et dont j’ai testé plusieurs logiciels sur cuk.ch, à savoir iDive, PulpMotion, BannerZest, et Ave!Comics, tous des logiciels innovants et orientés image.

En créant CYME, ces trois-là ont un très gros projet à venir: PEAKTO qui doit permettre de suivre vos images quel que soit le programme qui les catalogue.

Dingue non?

Mais tant qu’à connaître le fonctionnement des différents logiciels de manière approfondie, CYME s’est dit qu’il pouvait mettre sur le marché un autre logiciel qui permette de comprendre les réglages, les mots-clés, les visages d’un catalogue pour le reproduire dans un autre programme.

Qui n’a pas rêvé de cela?

Avalanche nous l’offre aujourd’hui déjà entre trois logiciels: Aperture, Lightroom et Luminar.

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Mais ce n’est qu’un début: en juillet, la version pour CaptureOne devrait être disponible, un peu plus tard, celle pour Apple Photo devrait l’être aussi.

Suivra ON1 encore un peu plus tard, mais l’équipe va vite et engage du monde ce qui devrait encore accélérer les choses.

Tiens, à propos d’une conversion de catalogue de Lightroom vers ON1, vous vous souvenez de mes déboires? Avec ce fou de ON1 qui non seulement prenait des jours pour convertir un catalogue et finissait par bousiller ce dernier (le catalogue Lightroom donc!), ce que j’ai pu prouver ici dans un petit film en à peine une minute?

Rien de tout cela avec Avalanche: une conversion d’un catalogue Lightroom vers Luminar avec ce logiciel ne présente aucun risque puisque ce dernier n’accède qu’en lecture audit catalogue Lightroom.

Pour en revenir à la conversion d’un catalogue Aperture vers Lightroom, tout, absolument tout est repris, y compris les visages, comme je l’ai écrit plus haut.

Mais attention: de manière intelligente! Les visages ne sont pas simplement transformés en mots-clés, ils sont intégralement reconnus comme tels dans Lightroom, avec localisation desdits visages dans l’image, et Dieu sait si c’est fort!

Mon test de Lightroom vers Luminar

Je suis parti de mon catalogue de Lightroom Classic de plus de 54’000 images.

Condition du test: j’ai commencé avec la version officielle d’Avalanche avec laquelle j’ai pris les premières captures d’écran et j’ai refait le travail avec une version beta de la 1.0.1 qui , au moment où j’écris ces lignes, sortira la semaine prochaine et dont les captures d’écran sur la fin sont en anglais.

L’idée pour moi n’est pas encore d’utiliser Luminar, qui, soit dit en passant, a tout de même fait d’énormes progrès, notamment en matière d’ouverture du catalogue puisqu’il lance le catalogue final tout aussi vite que le fait Lightroom, mais de faire le test pour voir ce que sait faire Avalanche.

Allait-il faire son travail aussi rapidement que l’annonce son équipe?

Et surtout, quel serait le résultat?

C’est ce que nous allons voir.

Je lance bien évidemment Avalanche.

Ni Lightroom, ni Luminar ne sont ouverts.

Il faut simplement glisser son catalogue Lightroom sur la fenêtre d’Avalanche.

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Avalanche montre de belle manière le contenu de votre catalogue, affichant les quantités d’images au fil du temps sur le haut, montrant les données trouvées sous forme chiffrée en dessous.

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Je choisis ensuite l’export vers Luminar en indiquant ma destination.

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C’est beau n’est-ce pas?

Reste à choisir quelques options:

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Comme vous le voyez, on peut ignorer ou pas les vidéos, laisser les masters (les fichiers) là où ils sont ou les copier vers le catalogue. J’ai quant à moi choisi de laisser mes images là où elles sont.

Vous lancez le processus et tout s’effectue tout seul.

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Vous y croyez ou pas?

2 heures et 6 minutes après, voici le résultat:

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51 images sur 54’000 ont eu un problème.

Rien, une paille!

2 heures et 6 minutes, je vous dis!

Et le résultat?

Alors vous m’excuserez, mais c’est tout simplement bluffant.

Il faut savoir une chose: pour l’instant, Luminar ne gère pas les mots-clés, mais une version à venir en juin le fera.

Donc, pour l’instant, les mots-clés en provenance de Lightroom ne sont pas intégrés à Luminar puisqu’il ne peut pas les recevoir, mais Avalanche stocke toutes ces données dans un dossier « migration_db.db ».

Dès que Luminar sera prêt avec ses mot-clés, une fonction sera ajoutée à Avalanche pour que ces derniers soient intégrés au bon endroit, tout est prêt pour que la chose soit réalisée.

Il faut savoir aussi que Luminar ne gère pas les versions.

Donc Avalanche reprend les versions de Lightroom, et les copie en tant que Master dans un dossier à côté de Luminar.

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Ce sont bien des RAWs qui s’affichent avec leurs réglages ensuite dans Luminar.

Hyper bien pensé.

Enfin, comme Luminar ne gère pas les albums et dossiers imbriqués, pour l’instant, ceux que vous avez sur Lightroom s’affichent en liste un peu en désordre, mais c’est un moindre mal.

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Vous voyez dans l’affichage en grille de Luminar la petite icône des curseurs en haut à gauche des vignettes. C’est le signe que l’image a été retouchée. Elle l’a été certes, mais c’était dans Lightroom, tout a été repris ici.

Et nom d’une pipe, si ce n’est pas jouissif de retrouver tous ses réglages effectués avec amour dans Lightroom dans Luminar!

Regardez cette image: le recadrage a parfaitement été repris, par exemple, on voit bien le cadre sur les deux images qui montrent ce qui va être conservé.

Ah, juste une chose: à gauche, c’est Luminar, à droite, Lightroom, dans tous les comparatifs qui suivent.

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Et maintenant, dans l’image suivante, on peut voir que des réglages ont été effectués par l’intelligence artificielle du programme qui sait très bien ce qu’il faut faire dans Luminar pour que l’on retrouve le rendu de Lightroom.

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Prenons un autre exemple:

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Et oui, permettez-moi d’insister, le moteur d’intelligence artificielle de CYME sait ce qu’il faut faire dans Luminar pour arriver aux mêmes réglages que ceux que vous aviez faits dans Lightroom. Il ne s’agit pas d’un simple copier-coller de la position des curseurs.

C’est fantastique!

Il peut y avoir quelques petites différences dans les tons chair, mais vous savez quoi?

Je préfère dans ce cas le rendu de Luminar, même si, encore une fois, il y a très peu de différences.

Peut-être que ce que certains reprochent à Sony en matière de colorimétrie à propos des visages tirant un poil sur le vert vient en fait du rendu de Lightroom avec cette marque, parce que ce n’est plus le cas sur Luminar (cliquez sur l’image précédente pour l’agrandir, et cliquez encore une fois pour voir en encore plus grand, vous pourrez vous en rendre compte).

En conclusion

Avalanche va développer très vite des modules pour d’autres logiciels, dont Apple Photo, qui eux gèrent les mots-clés voire les visages.

Je me réjouis de voir ce que cela va donner sur CaptureOne, notamment en matière d’organisation de catalogue et de gestion des mots-clés justement. Cela me poussera certainement à mettre à jour ce dernier.

Je n’ai aucun doute, CYME est arrivé à faire parfaitement depuis Aperture une belle conversion vers Lightroom, s’ils ne gèrent pas les mots-clés avec Luminar, encore une fois, c’est parce que c’est ce logiciel qui ne gère pas tout ça pour l’instant, ce qui va changer drastiquement semble-t-il en juin.

Mais vraiment, Avalanche est incroyable.

Je ne quitte pas Lightroom pour autant et pour l’instant, mais je sais que, si un jour je le fais, je ne perdrai pas tout mon travail.

J’ai aussi remarqué que Luminar est tout de même un logiciel très plaisant à l’utilisation, et qui donne, avec la conversion, en général de meilleurs résultats que Lightroom, notamment sur les RAWs de Sony, même si, je le répète, la différence est vraiment très légère.

Je ne dis pas que si son catalogue à venir en juin apporte ce que l’on attend, à savoir une gestion des mot-clés performante, je ne vais pas me laisser un tout petit peut tenter sur les bords.

Vous pouvez acheter Avalanche sous forme de modules ou dans une version dite « unlimited » qui permet les conversions de tous les programme existants ou à venir vers les autres.

Voyez plutôt (et ne cliquez pas sur les boutons, ils sont inactifs, je n’ai rien à vendre, comme toujours:
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Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

Ce n’est déjà pas mal n’est-ce pas?

Ah, encore une chose… Mais vous l’aviez deviné ou bien?

Avalanche reçoit le label Too Much Bô, et plutôt deux fois qu’une!

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