Alors comme ça, Le Matin, c’est fini…

Alors comme ça, Le Matin s’arrête le 22 juillet…

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J’ai plusieurs fois parlé du Matin, le quotidien orange, le quotidien romand.

Rien que sur ce blog, en un peu plus d’une année, j’en ai parlé ici par exemple, à propos d’un article sur l’iPhone qui ne supporterait pas le froid.

Ou ici à propos de Bertrand Cantat.

Ou encore ici, à propos des problèmes de batteries des iPhone.

C’est par exemple grâce à ce journal que j’ai découvert Aquama.

Des articles assez polémiques, il faut bien l’admettre, avec lesquels j’ai été d’accord ou pas.

Ce journal m’a souvent énervé.

J’ai souvent pesté contre son contenu rédactionnel, en particulier toutes ces années pendant lesquelles il était dirigé par l’infâme Peter Rothenbühler qui ne reculait devant aucune provocation vulgaire, aucune manchette scandaleuse pour faire vendre son journal.

Je me suis souvent demandé quelle était la différence entre 20 Minutes, gratuit, et Le Matin, qui lui était payant.

Finalement, le payant n’allait pas beaucoup plus loin que le gratuit.

Et les deux étaient sous la coupe du même éditeur, Tamedia.

N’empêche…

Toute ma vie, jusqu’à il y 3 ou 4 ans, je me suis arrêté au café du coin pour lire Le Matin au café.

Lorsque j’arrivais sur place et que tous les Matin étaient en lecture, je surveillais ses lecteurs pour voir dès qu’ils tournaient la dernière page et sauter sur le journal.

Et il arrivait que nous soyons deux ou trois à veiller et à nous haïr l’espace d’un instant quand l’autre allait plus vite que nous.

Le Matin, c’est certainement son problème, était lu par un grande partie des romands (200’000 lecteurs quotidiens), mais payé par peu d’entre eux.

Alors, lorsque les revenus publicitaires se sont envolés, canibalisés entre autres par son propre éditeur qui a fait passer sa pub sur des sites dédiés qui, eux, lui rapportent beaucoup d’argent, il s’est avéré que les carottes étaient cuites.

Les gens refusant de s’abonner, ce journal perdait de l’argent depuis des années.

C’est assez étonnant d’ailleurs: on se battait pour lire Le Matin, mais on ne voulait pas payer pour lui, estimant que cela faisait partie du café ou du thé que l’on consommait dans le bistrot.

Et puis c’est vrai, de moins en moins de gens veulent payer pour de la presse écrite, même populaire, comme c’est le cas ici, à l’heure du tout gratuit.

En ce qui me concerne, j’ai bonne conscience, je suis abonné à la version numérique du journal. Celle qui permet de le lire comme la version papier. Celle qui va disparaître, au profit d’une amélioration de la version web que l’on connaît déjà, qui n’a rien à voir avec un vrai journal sur la forme et dans laquelle je ne me retrouve pas du tout.

Toutes mes journées commencent par une quinzaine de minutes à lire ce journal sur l’iPad, à la maison.

Ce qui explique, alors que j’ai tant pesté sur Le Matin, alors que j’avais un peu honte d’y être abonné, que je suis triste depuis hier soir d’avoir appris cette nouvelle.

Il va falloir changer mes habitudes de début de journée, et je sens que ça va être assez difficile.

Heureusement, Le Matin Dimanche, qui lui est vraiment un très bon journal, reste encore fidèle au poste, ou plutôt au kiosque.

Je suis en pensée avec les 41 journalistes qui vont certainement perdre leur travail.

Le problème, avec l’éditeur Tamedia, c’est qu’on peut raisonnablement se demander  qui sera le prochain à subir le même sort que Le Matin, dans quelques semaines, mois, au pire années.