Test d’Audirvana Studio: ce qui est très bon et ce qui l’est moins

J’ai reçu la nouvelle version d’Audirvana Studio il y a quelques semaines, juste avant sa sortie.

Pour rappel, Audirvana est l’une des meilleures solutions pour profiter de la musique Hi-Res ou en qualité CD sur votre Mac ou votre PC.

Je l’utilise depuis des années, en parallèle avec Roon qu’il faudra bien que je vous présente un jour, je l’ai déjà fait d’ailleurs, mais cette fois de manière plus complète, parce que je ne sais pas trop par où commencer.

Audirvana, pour revenir à lui, je l’ai testé ici, j’en ai parlé là, et je l’ai testé encore une fois ici.

Damien Plisson, son développeur, a entièrement revu sa copie et nous présente une version qui aurait pu s’appeler “Audirvana 4”, mais qui devient Audirvana Studio.

Cette nouvelle mouture est plus classe, nous offre des nouveautés pratiques, des radios numériques, mais elle m’agace aussi parfois.

Je vais essayer de vous dire pourquoi.

Une version Studio qui passe à l’abonnement

Commençons par ce qui fâche, comme ça, ce sera fait, et ce qui m’a empêché d’être pleinement heureux en découvrant ce logiciel: Audirvana passe à l’abonnement, ce qui a eu le don de bien énerver ses utilisateurs.

Entendons-nous bien: lors de mon dernier test sur Audirvana, j’écrivais en préconclusion ce qui suit

ll est fou Damien Plisson!

Faire une telle révolution dans son logiciel et ne pas la faire payer à ses utilisateurs de la version 3, pour être plus poli, c’est pour le moins correct!

Il s’agit véritablement d’un nouveau logiciel, il aurait pu sans problème nous faire passer à la caisse.

Ne pas le faire est bien sûr tout à fait à son honneur!

Pour ceux qui étaient en version 2, la mise à jour reviendra 39 €, pour les utilisateurs enregistrés de la v1, ce sera 45.50 €.

Enfin, si vous n’êtes pas encore utilisateur d’Audirvana, vous devrez vous acquitter de la somme pour le moins raisonnable de 65 €.

Respect Monsieur Plisson!

On ne peut donc vraiment pas prétendre que Damien est un éditeur assoiffé d’argent.

Cela étant, le passage à l’abonnement va revenir bien plus cher à ses utilisateurs puisque nous allons donc devoir payer ceci:

Ce qui donne en euros:

Bon… vous me connaissez, je ne suis pas un anti-abonnement absolu, j’ai même défendu son principe plus d’une fois sur ce blog.

Mais enfin tout de même: dernier prix de vente de la version 3.5 complète était de 98.4 €.

Certes, Audirvana prend de l’ampleur dans cette version Studio, et son prix aurait augmenté (dixit Damien Plisson).

Imaginons donc qu’il aurait passé à 120 € en version pleine.

Oui… mais la mise à jour aurait coûté environ moitié prix

Donc, suivez mon raisonnement, en une année, je dépasse avec l’abonnement ce que j’aurais payé en achetant la mise à jour, ce que j’aurais fait avec le plus grand plaisir.

Et ensuite, ça repart pour l’abonnement annuel à coup de 70 € à chaque fois: on dira ce que l’on veut, mais le prix d’Audirvana augmente largement par rapport à ce qui nous était offert jusque-là.

Cela étant, je suis prêt à faire le pas.

Je l’ai fait d’ailleurs en prenant un abonnement payant d’une année.

Mais ce qui me fâche, c’est qu’avec cet abonnement, je ne peux plus écouter ma musique au bureau, alors que Madame K l’écoute à la maison (ou inversement) puisque le nouveau système d’activation n’accepte plus qu’une machine à la fois.

Audirvana 3.5 permettait, lui, l’installation et l’écoute simultanée sur deux ordinateurs.

Cela dit, Damien Plisson m’explique que dans les faits, c’était possible, mais que sa licence interdisait qu’on l’utilise sur deux machines en même temps.

Vous pensez bien que je n’avais pas lu les petites lettres de ladite licence, et vous savez comme moi que personne ne le fait.

Donc, tout un chacun pouvait utiliser Audirvana à la maison ou au bureau, ou encore les deux (en imaginant qu’un membre de sa famille soit à la maison) sans remords.

Certes, la nouvelle version Studio a un avantage: depuis son compte Audirvana, on désactive la machine à distance, et on peut l’activer sur n’importe quelle machine, ce que ne permettait pas la version 3.5 qui acceptait deux installations et refusait une troisième.

En attendant, si je veux continuer à écouter de la musique comme je le faisais avant, soit à la maison ET au travail en même temps (et Dieu sait si c’est arrivé souvent entre Madame K, nos enfants et moi), je dois payer non pas UN mais DEUX abonnements à Audirvana.

Pire, je dois me créer deux comptes, un seul compte ne pouvant gérer deux connexions, même payantes, en même temps.

Et ça, voyez-vous, malgré toutes les explications que j’ai obtenues de Damien, ça me fâche.

Certes, le concurrent Roon pratique exactement de la même manière, mais lui ajoute tout un écosystème culturel incroyable qui doit demander sur leur plateforme une lourde infrastructure, ce qui n’est pas le cas, du moins me semble-t-il, d’Audirvana.

Voilà, c’est dit, à vous de savoir ce que vous allez faire, sachant que vous devrez bien évidemment (et c’est bien normal) payer encore un abonnement à un service de streaming compatible (voir plus bas) si vous écoutez de la musique en streaming.

Ça commence à faire beaucoup.

Cela étant, si vous disposez d’une version 3.5, elle tournera encore un moment et sera certainement mise à jour pour coller aux plateformes de streaming gérées, mais pendant combien de temps?

Passons maintenant au logiciel, dommage d’avoir dû commencer par un coup de gueule, parce qu’il a beaucoup de qualités, mais des défauts aussi.

Une nouvelle interface plus belle, plus aboutie

La version 3.5 d’Audirvana avait fait un grand pas en avant, cette version Studio en fait un de plus, et comment.

L’interface passe du bleu foncé au noir, avec des vignettes d’albums que l’on peut agrandir avec un curseur, c’est très réussi.

C’est marrant, autant je n’aime pas le monde sombre du Mac, autant je l’apprécie dans certains logiciels, c’est le cas ici.

Une interface claire, légère, est également disponible:

Ce qui est pour le moins intéressant, c’est d’avoir accès au même endroit dans la barre latérale de gauche

  • à votre bibliothèque locale qui se trouve sur votre disque dur;
  • aux services de streaming de haute qualité que sont Qobuz, Tidal et HRA Streaming (pour autant que vous vous abonniez à un ou plusieurs de ces services, le prix de leur abonnement n’étant, et c’est bien normal, pas intégré à l’abonnement Audirvana Stutio);
  • à des centaines de radios numériques qui peuvent être recherchées selon divers critères:

  • à une sorte de mix appelé “Ma musique” qui regroupe vos favoris en streaming, mais également ceux de votre musique locale.

Dans la figure ci-dessous, je choisis de regarder mes albums favoris (1) dans Ma Musique.

Je vois la provenance du premier album (2) qui est en local (petite maison), et celle du second qui est sur Qobuz (3) avec son petit logo.

Une recherche pour retrouver très vite vos petits

Vous disposez d’un champ de recherche qui cible au fur et à mesure de votre frappe plus précisément ce que vous recherchez. C’est très bien réalisé:

Vous constatez que vous trouvez votre musique bien classée en colonnes intitulées Ma musique, Podcasts, Nom de votre plateforme de streaming (ici Qobuz), et bien sûr Votre musique locale.

Un clic au sommet de chacune des colonnes que je viens de citer affiche les albums trouvés dans ce “secteur”.

Dans votre musique locale vous pouvez aller plus loin, grâce aux filtres

Dans la figure suivante, l’éditeur de filtres est à droite, en bas: j’ai choisi un genre parmi ceux qui se trouvent dans ma bibliothèque sur la première ligne, un deuxième qui choisit l’artiste, toujours dans ma bibliothèque, mais qui tient compte du premier critère entré en limitant les propositions à ceux qui s’y trouvent.

J’arrive ainsi à cibler de mieux en mieux l’objet de ma recherche.

Ces filtres ne fonctionnent, comme indiqué dans le titre de cette section, uniquement sur la vue de votre bibliothèque locale.

À noter que, sur certains services comme Qobuz, un filtre est proposé par défaut, mais il sera limité à aux genres de musique proposés par le service.

C’est le seul filtre que je pourrai utiliser avec Qobuz, c’est le plus important.

Par contre, le champ de recherche dont j’ai parlé plus haut fera son travail sur les plateformes de streaming.

Cet accès aux styles de musique par le filtre dans Qobuz a un désavantage: il est plus compliqué qu’auparavant puisqu’il faut faire plus de clics pour parvenir à nos fins. En effet, dans Audirvana 3.5, le pop-up menu était directement accessible dans la vue principale.

À l’inverse, il présente un gros avantage: on peut désormais choisir plusieurs styles, ce qui n’était pas possible dans la version 3.5.

Notez enfin que vous pouvez trier vos disques selon divers critères que vous pouvez cumuler:

1. Bouton de tri – 2. Critères de tri entrés – 3. Liste des critères disponibles

Dans la même fenêtre de filtres, vous trouverez l’éditeur de listes intelligentes.

Pour tout vous dire, ces listes intelligentes ne sont, dans un premier temps, pas simples à mettre en place, surtout avec l’aide minimale proposée (voir plus bas) dans le logiciel.

Il faut tâtonner, comme un peu partout dans Audirvana pour saisir sa philosophie.

Enfin, une fois qu’on a compris le principe, ces listes intelligentes sont par contre d’une efficacité redoutable.

Un historique, enfin!

Mieux vaut tard que jamais, qu’est-ce que je l’ai attendu, celui-là!

Juste à gauche de la barre de navigation dans la musique, vous voyez ce petit bouton:

Vous verrez alors toutes vos écoutes, dûment datées.

Nous avions un historique dans la v3.5, mais qui s’effaçait à chaque redémarrage: ce n’est heureusement plus le cas.

Des nouveautés dans l’affichage de Qobuz

La présentation de la musique se trouvant sur Qobuz dans Audirvana a bien évolué.

Elle reprend désormais celle de Roon, à savoir une ligne d’albums pour chacune des catégories suivantes:

  • La grande sélection Qobuz
  • Encore d’actualité
  • Sélectionné par la presse
  • Albums les plus écoutés sur Qobuz

Pour développer chacune de ces catégories, il faut cliquer sur “Tout voir” en haut à droite de chacune d’elles.

À noter que lesdites catégories existaient dans l’ancien Audirvana, mais sous forme d’onglets.

Qualité sonore, toujours au top

Audirvana est reconnu un peu partout comme la référence en matière de son.

Je reste convaincu que c’est justifié, ce logiciel rendra justice à votre chaîne stéréo tant aimée, ne serait-ce que parce qu’elle permet de détourner le signal audio en l’empêchant de passer par les routines propres aux systèmes.

J’ai parlé de ceci bien plus en détail, en 2015, je vous laisse lire ce qu’il en est ici.

De plus, ce qui est bien réalisé dans cette nouvelle version, c’est la vision graphique et précise de ce qui se passe dans les coulisses, en allant dans les préférences, onglet Audio.

Depuis ce tableau de bord, vous pouvez régler finement comment Audirvana va gérer votre DAC.

Vous pourrez faire de même avec les réglages de votre ordinateur.

Une aide intégrée, mais pas à la hauteur

Audirvana est un logiciel qui n’est pas tout simple, encore moins depuis cette nouvelle version.

L’éditeur, a décidé d’intégrer l’aide dans des boutons (i) qui apparaissent sous le curseur, mais de manière bien trop discrète d’une part, et apportant des informations pour le moins minimales.

La preuve? Regardez: je dois glisser mon curseur au bout de cette flèche, un peu au milieu de nulle part…

…pour voir apparaître ce minuscule bouton (i). Si je n’avais pas demandé à Damien Plisson, je ne l’aurais jamais remarqué, ce fichu bouton!

Cette aide est à mon avis bien trop succincte pour nous permettre de comprendre toutes les finesses du programme (et même certaines bases), il faut absolument lui adjoindre un manuel complet qui les explique en long et en large.

En l’état, cette aide est, j’ose le dire, indigne du logiciel.

Un exemple parmi tant d’autres?

C’est tout pour les filtres, alors que c’est une fonction importante du logiciel.

Il n’est nulle part précisé, toujours par exemple, que ces filtres ne fonctionnent que dans votre musique locale.

Autre exemple dont j’ai parlé plus haut: comment créer une liste intelligente?

Là, c’est juste incroyable.

Avec ce système d’aide intégrée, vous allez peut-être aller dans les filtres puisque c’est là que vous les aviez préalablement repérés, vous allez cliquer (après l’avoir trouvé) sur le petit bouton (i) dans la zone des filtres pour savoir comment faire, vous saurez que la partie supérieure sert à éditer les règles des listes intelligentes, mais cela ne vous sera d’aucun secours puisque vous ne savez pas comment les créer.

En fait, il était inutile de passer par lesdits filtres pour commencer, il faut créer une nouvelle liste par le menu ou par un petit bouton dans la vue principale, indiquer que c’est une liste intelligente à l’aide d’un bouton tout petit bouton à gauche de (1) dans la fenêtre qui apparaît, ouvrir la zone de filtres (4) en appuyant sur le petit bouton juste en dessous de (1), ne pas oublier de taper la touche Tab une fois qu’on a donné un nom à la liste (2), sinon, si on clique sur un autre élément dans la zone, on le perd (on ne comprend pas pourquoi), et créer vos règles (4).

Et puis, un moment, on voit sa liste dans la barre latérale de gauche (3), mais après avoir redémarré, il faut passer par le navigateur qui se trouve dans la zone d’édition des listes (5).

Ben voilà, je n’ai plus ma liste intelligente après avoir redémarré…

C’est à devenir fou, tout ça!

MAJ juste avant de faire paraître (et juste après avoir installé la version 1.3): mega compris! Il faut en fait passer le curseur sur une liste dans le navigateur central pour afficher un petit bouton en forme de flèche qui envoie la liste en tant que raccourci dans la colonne de gauche.

Quand je vous parle de la nécessité de l’aide!

Bref…

En conclusion

Vous l’avez compris, j’apprécie ce nouvel Audirvana et les progrès effectués depuis l’ancienne version sur bien des points.

Cela dit, il devient plus complexe, presque trop, ce qui pourrait être acceptable avec une aide qui serait moins indigente.

Au prix que coûte Audirvana désormais, offrir aux clients une aide digne de ce nom est un service minimum qui n’est pas (encore) offert, ne serait-ce que pour ne pas braquer ses utilisateurs.

D’autre part, j’ai toujours quelques bugs gênants qui me suivent depuis la version 3.5: certains albums de Qobuz refusent d’être lus sur mon DAC TEAC au bureau, alors qu’ils ne posent aucun problème sur l’application native Qobuz ou sur Roon.

À la maison, parfois, Audirvana lit un ou deux morceaux d’un album puis s’arrête, je ne sais pas pourquoi.

Il n’empêche, ce logiciel est un beau produit, et, je l’ai dit plus haut, une référence.

Mais il n’est plus seul.

Roon par exemple, qui n’est pas donné (120 $ par an ou 700 $ de mise à jour à vie — ouf, j’ai acheté cette option il y a deux ans à 400 $), est excellent lui aussi en matière de restitution sonore, et va plus loin qu’un simple lecteur, offrant tout un système multi-room (que je n’utilise pas) mais aussi et surtout tout un environnement culturel sans égal sur le marché.

Alors voilà, à vous de vous faire une opinion personnelle, vous pouvez essayer le logiciel quelques jours gratuitement.

Quant à moi, vous l’aurez compris, j’ai acheté le logiciel, ce qui n’empêche pas Audirvana Studio de perdre le label Too Much Bô que la version 3.5 avait obtenu.

C’est dommage.